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Thème 1 Présentation de la règle de droit
Thème 2 Le Droit objectif
Thème 3 Les droits subjectifs
Thème 4 Notions de droit des biens et de droit des personnes
Trois extraits réels de nos PDF, sur la même leçon : n° 1, Définition de la règle de droit
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Voici deux sections entières, telles qu'elles figurent dans le PDF. Les dix-sept sections des quatre thèmes suivent le même format.
La règle de droit se distingue des autres normes sociales par ses caractères propres et par les relations complexes qu’elle entretient avec la morale et la religion. Comprendre ces distinctions est indispensable pour saisir ce qu’est le droit objectif et comment il s’articule avec les droits subjectifs que chaque personne détient.
Le droit objectif est l’ensemble des règles de conduite régissant la vie en société dont le respect est assuré par la contrainte étatique. Il se distingue des droits subjectifs, qui sont des prérogatives attribuées à un individu dans son intérêt, lui permettant de jouir d’une chose ou d’exiger d’autrui une prestation. Ces droits subjectifs sont conférés et garantis par le droit objectif, et toute personne en dispose nécessairement dès lors qu’elle possède la personnalité juridique, c’est-à-dire l’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations.
La règle de droit est générale et impersonnelle. Elle s’applique de façon uniforme à toutes les personnes se trouvant dans la situation visée, en vertu du principe d’égalité devant la loi. Les textes recourent à des termes indéfinis : « Tout fait quelconque de l’homme… » (C. civ., art. 1240) ou « Chacun a droit au respect de sa vie privée » (C. civ., art. 9). La règle peut ne viser qu’une catégorie de personnes – salariés, consommateurs – mais elle reste générale car elle s’applique à tous les membres de cette catégorie : on parle alors de généralité relative.
La règle de droit est obligatoire. Toute personne entrant dans son champ d’application doit s’y soumettre sous peine de sanction. On distingue les règles impératives, relevant de l’ordre public et auxquelles les parties ne peuvent déroger (C. civ., art. 6), et les règles supplétives, qui s’appliquent à défaut de convention contraire. Ce caractère connaît des atténuations : les règles permissives octroient des facultés sans créer d’obligation, et le droit souple (chartes, recommandations, avis) propose sans imposer. Le Conseil d’État accepte néanmoins des recours en annulation contre des actes de droit souple susceptibles de produire des effets notables, d’abord limité aux autorités de régulation (CE, ass., 21 mars 2016, Fairvesta), puis étendu à tout document de portée générale émanant d’une autorité publique (CE, sect., 12 juin 2020, GISTI).
La règle de droit est sanctionnée par l’autorité publique. Ce critère la distingue des règles morales, religieuses ou de bienséance. Trois types de sanctions existent :
Les dommages-intérêts punitifs restaient exclus du droit civil français jusqu’à la loi DDADUE n° 2025-391 du 30 avril 2025 (art. 16), qui a introduit une sanction civile (C. civ., art. 1254) en cas de faute dolosive ayant causé des dommages sériels en vue d’un gain ou d’une économie indu(e). Prononcée uniquement à la demande du ministère public, plafonnée au double pour une personne physique et au quintuple pour une personne morale du profit réalisé, et versée à un fonds finançant les actions de groupe, elle constitue la première consécration d’une fonction punitive dans le droit commun de la responsabilité civile.
La règle de droit est permanente. Elle s’applique constamment de son entrée en vigueur jusqu’à son abrogation – terme exact, à distinguer de « suppression » – certaines lois étant temporaires (lois d’expérimentation, Const., art. 37-1). Elle n’est pas nécessairement écrite : la coutume, règle non écrite née d’un usage général et prolongé auquel le corps social attribue un caractère obligatoire, est également une source du droit.
La morale se définit comme l’ensemble des règles de conduite tenues pour inconditionnellement valables. Trois critères permettent de la distinguer de la règle de droit, sans qu’aucun ne soit pleinement satisfaisant.
La source de la règle constitue le premier critère. La règle morale naît de la conscience individuelle (source interne), tandis que la règle de droit est édictée par une autorité publique (source externe). Ce critère est relativisé par la coutume, qui résulte de la somme des volontés individuelles.
La finalité de la règle offre un deuxième critère. La règle morale vise le perfectionnement de l’individu, tandis que la règle de droit vise à réguler la vie sociale. Nuance : la règle morale peut elle aussi poursuivre une finalité sociale.
La sanction de la règle constitue le troisième critère. La sanction morale est interne (culpabilité, remords), tandis que la sanction juridique est externe (contrainte étatique après décision d’un juge). La transgression d’une règle morale peut toutefois entraîner une sanction externe par la réprobation des tiers.
La morale peut être directement imposée par la règle de droit, sous plusieurs formes.
L’abus de droit engage la responsabilité du titulaire d’un droit qui l’exerce en dehors de sa finalité ou dans le seul but de nuire, consacré par l’arrêt Clément Bayard (Req., 3 août 1915).
La bonne foi est imposée d’ordre public par l’article 1104 du Code civil pour la négociation, la formation et l’exécution des contrats ; l’article 1112 l’impose également dans les négociations précontractuelles.
L’enrichissement injustifié oblige la personne enrichie sans cause à verser une indemnité égale à la moindre des deux valeurs de l’enrichissement et de l’appauvrissement, consacré par l’arrêt Boudier (Req., 15 juin 1892) et codifié à l’article 1303 du Code civil depuis 2016.
Les bonnes mœurs sont visées à l’article 6 du Code civil, qui interdit d’y déroger par convention. Depuis l’ordonnance du 10 février 2016, les articles 1102 al. 2 et 1162 ne visent plus que l’ordre public ; les bonnes mœurs ne subsistent qu’à l’article 6 et, en matière de libéralités, à l’article 900. La Cour de cassation a jugé que la libéralité consentie à l’occasion d’une relation adultère n’est pas contraire aux bonnes mœurs (Civ. 1re, 3 fév. 1999 ; Ass. plén., 29 oct. 2004, n° 03-11.238).
L’obligation naturelle est un simple devoir de conscience pouvant se transformer en obligation juridique. Depuis 2016, l’article 1100 al. 2 du Code civil dispose que les obligations « peuvent naître de l’exécution volontaire ou de la promesse d’exécution d’un devoir de conscience envers autrui ». Si le débiteur exécute volontairement l’obligation naturelle, il ne peut ensuite la remettre en cause (art. 1302 C. civ.) ; s’il promet volontairement de l’exécuter, le juge peut l’y contraindre (Civ. 1re, 10 oct. 1995, n° 93-20.300).
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