Voici le scénario : vous avez suivi vos trois années de licence en obtenant des résultats corrects, voir bons et vous avez candidaté dans plusieurs masters de droit.

Vous vous imaginiez admissible dans le master de vos rêves. Et là, c’est le drame. Vous recevez une réponse défavorable. Puis une deuxième. Puis une troisième. Finalement, aucune de vos candidatures en master de droit n’est acceptée. Vous passez par toutes les palettes d’émotions : tristesse, colère, déception, remise en question puis incompréhension.

Pas de panique !

Vous allez voir qu’il existe de nombreuses options de « secours » qui vous permettront de tirer profit de ce refus d’admission en master de droit et mettre toutes les chances de votre côté l’année prochaine.

Voici les différentes options qui s’offrent à vous :

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Option n°1 : Effectuer un stage juridique en entreprise ou en cabinet d’avocat

La plupart des étudiants sortent des études universitaires sans avoir pu mettre en pratique la théorie enseignée pendant 5 années. Quel dommage ! 

Effectuer un stage en cohérence avec votre projet professionnel (et la spécialité du master que vous visez) vous permettra de gagner des points par rapport aux autres étudiants lors de votre inscription en master, mais également lorsque vous chercherez votre premier emploi. 

Si vous êtes étudiant en droit, vous pouvez chercher un stage dans un cabinet d’avocat ou au sein d’un service juridique d’une entreprise. Vous allez acquérir de solides compétences professionnelles, booster votre CV et vous constituer un réseau professionnel.

Pour obtenir une convention de stage, vous avez deux options :

  • Option n°1 : Demander à votre université d’origine si elle accepte de vous délivrer une convention de stage (ce n’est malheureusement pas toujours le cas) ; 
  • Option n°2 : Le cas échéant, vous pouvez passer par un organisme privé qui vous délivrera une convention de stage moyennant quelques centaines d’euros.

Exemples d’organismes délivrant des conventions de stages :

  • Fac for pro
  • Be student again
  • Notre avis

    Cette option est, à notre sens, la plus efficace pour « rentabiliser » son année et pouvoir être admis dans un master de droit.

    Option n°2 : Trouver un emploi juridique en lien avec votre projet professionnel

    Dans la même logique que le stage juridique, vous pouvez exercer un emploi rémunéré sur lequel vous pouvez capitaliser pour mieux vous « vendre », lors d’un futur entretien pour un Master en droit.

    Votre niveau de licence vous permettra de postuler dans certains emplois juridiques, éventuellement en cabinet d’avocat (on admettra que ce sera plus facile avec un piston), mais aussi dans un service juridique d’une entreprise, un syndicat, une association de défense des consommateurs ou une administration (URSSAF, mairie…).

    Notre avis

    Ces deux premières options représentent un énorme avantage pour candidater en master, et notamment dans un master qui propose de l’alternance. En effet, les directeurs de master qui vous recrutent ont déjà la certitude que vous avez le bagage de compétences requis pour intégrer une entreprise.

    Option n°3 : Poursuivre en master dans une école privée

    Si vous souhaitez absolument continuer vos études de droit, vous avez la possibilité de quitter l’enseignement supérieur public et de vous diriger vers des masters de droit dans des écoles d’enseignement supérieur privées (plus communément appelés MBA). Le système d’inscription diffère de celui de l’université et il est généralement encore possible de s’inscrire à la rentrée.

    Si vous avez le choix, l’idéal est de vous tourner vers une école qui propose de l’alternance. L’avantage de l’alternance est triple : la société qui vous engage dans le cadre d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation va non seulement vous former, mais elle va également payer vos frais de scolarité et … vous rémunérer. 

    Voici quelques écoles proposant des spécialités en droit :

    • Institut supérieur du droit
    • ESG
    • Avoxia

    Notre avis

    Le gros avantage de ces écoles privées par rapport à l’université est qu’elles bénéficient généralement d’un réseau d’entreprises partenaires très solides et donc d’un taux d’employabilité parfois plus élevé.

    Option n°4 : S’inscrire à l’université pour suivre une deuxième licence en rapport avec la spécialité visée en master

    En fonction de votre projet professionnel et de vos objectifs de poursuite d’études, refaire une deuxième licence peut être un choix judicieux.

    Par exemple, une licence en ressources humaines peut être un très bon complément à votre licence de droit si vous souhaitez poursuivre en master de droit social. En effet, un juriste d’entreprise en droit social travaille en collaboration étroite avec les services ressources humaines.

    Notre avis

    Si le choix d’une double licence est en cohérence avec votre projet professionnel, vous aurez des arguments supplémentaires l’année prochaine au moment de votre réinscription en master !

    Option n°5 : Postuler dans un diplôme universitaire (DU)

    Le diplôme universitaire est un diplôme d’établissement (délivré par une université), en opposition avec la licence, le master et le doctorat qui sont des diplômes nationaux ou diplômes d’État (délivrés au nom du ministère). À ce titre, bien que le DU soit un « vrai » diplôme (certains DU vous permettent même d’obtenir des crédits ECTS), il n’est pas reconnu au niveau national et sa reconnaissance sur le marché de l’emploi varie en fonction des spécialités et des enseignements.

    Il existe une multitude de DU dans le domaine du droit : DU Droit et technologies du numérique à l’Université Paris 2, Droit des entreprises en difficulté à l’Université Paris 1, DU Études judiciaires et policières à l’Université de Strasbourg, DU Initialisation aux Droit des affaires à l’Université catholique de Lille, etc.

    Exemple : Si vous avez été refusé en master Droit du numérique et que vous souhaitez mettre toutes les chances de votre côté pour l’année prochaine, le DU Droit et technologie du numérique est une bonne alternative pour montrer votre motivation et votre appétence pour la matière.

    Attention, les conditions d’accès et les frais pédagogiques du DU varient fortement selon le diplôme et selon les universités, il est nécessaire de vous renseigner au préalable auprès du service formation de votre université.

    Notre avis

    L’inscription en DU peut être intéressante si votre dossier a été refusé pour une entrée en master. En effet, les DU sont en général moins sélectifs que les diplômes d’état. Passer un DU dans une université en particulier peut également vous permettre de postuler ensuite en master dans cette même université.

    Option n°6 : S’engager dans un service civique ou une mission humanitaire

    Sortir du cursus universitaire peut paraître effrayant. Sachez toutefois que l’année de césure dans le parcours universitaire est une pratique courante dans la plupart des pays européens. 

    Aujourd’hui, vous pouvez profiter d’une année de césure pour entreprendre un service civique tout en conservant votre statut étudiant, votre inscription dans votre université d’origine et même votre bourse étudiante.

    Le service civique, qu’est-ce que c’est ? C’est un engagement volontaire au service de l’intérêt général d’environ 24h par semaine pendant une durée de 6 à 12 mois. Information importante : vous êtes indemnisé par l’état, à hauteur de 580€ par mois.

    Vous pouvez vous engager dans différents domaines (culture, éducation, social…) et vous avez également la possibilité d’effectuer votre service civique à l’étranger via notamment :  

    Et si vous ne trouvez pas votre bonheur parmi les différentes missions proposées, vous pouvez effectuer une mission humanitaire avec une association. Sachez toutefois que généralement, la totalité des frais (logement, billets d’avion…) seront à votre charge.

    Notre avis

    Attention, cette option s’applique uniquement si vous pouvez justifier un lien avec votre projet professionnel. Une expérience humanitaire représente indéniablement une formidable expérience sur le plan humain et personnel mais gardez en tête votre objectif premier qui est d’intégrer un master de droit. 

    En l’état, nous ne pouvons que vous conseiller de chercher une mission en rapport avec la spécialité visée ou, a minima, avec le domaine juridique.

    Option n°7 : Partir à l’étranger pour apprendre une langue

    La maîtrise d’une langue étrangère vous permettra de vous différencier des autres étudiants lors de vos prochaines candidatures en master. C’est indéniablement une compétence recherchée par les directeurs de masters juridiques et … par les employeurs.

    De nombreux organismes proposent des séjours linguistiques à l’étranger.

    Selon la formule choisie, vous pourrez effectuer un stage ou travailler (dirigez-vous plutôt vers une expérience dans un bureau plutôt qu’en restauration). Certains organismes vous proposeront de suivre des cours dans un centre de formation ou une école locale en complément pour perfectionner votre niveau de langue.

    Soyez très vigilant concernant l’encadrement et le suivi avant de vous inscrire tête baissée dans le premier organisme de langue que vous trouverez sur Google : certains organismes présentent une plaquette commerciale très vendeuse, mais peuvent vous demander une grosse somme d’argent puis vous laisser ensuite totalement « seuls » dans la nature.

    Parmi les organismes les plus connus :

    • EF
    • ESL
    • Nacel

    Notre avis

    Encore une fois, cette option s’applique uniquement si vous pouvez justifier d’un lien avec votre projet professionnel. Une année de césure en Australie ou à Barcelone sera très difficile à justifier auprès d’un directeur de master qui pensera immédiatement aux fameux 3S « Sea, Sex and Sun ». Privilégiez l’anglais plutôt que l’espagnol et un pays « froid » plutôt qu’exotique… (malheureusement…).

    Pour être un argument valable, vous devez absolument faire valider votre niveau d’anglais en rentrant en passant le TOEIC ou le TOEFL.

    Option n°8 : Profiter de l’année pour préparer l’examen d’entrée au CRFPA

    Cette option s’adresse aux étudiants titulaires d’un master 1 qui n’ont pas été admis en master 2, qui pourront s’inscrire dans un Institut d’Etudes Judiciaires (IEJ), qui organise l’examen d’entrée aux écoles d’avocats et y prépare les candidats à partir du master 1.


    En effet, bien qu’officiellement, l’inscription en master 2 est censée être « de droit » pour les étudiants titulaires d’un master 1, certaines universités continuent de pratiquer une sélection à l’entrée du master 2.

    Si vous envisagez de devenir avocat, vous pouvez « profiter » de votre année pour préparer l'examen du Centre Régional de la Formation professionnelle d'Avocats (CRFPA) ou un concours administratif.

    Il n’est pas toujours simple de concilier études universitaires et préparation d’un concours en parallèle. L’examen d’entrée au CRFPA est difficile et vous pourrez capitaliser sur cette année pour vous investir à 100% et être prêt le moment venu.

    Notre avis

    Si vous vous dirigez vers cette option, l'idéal est de combiner la préparation du CRFPA avec un stage ou job juridique en parallèle.

    Option n°9 : effectuer un recours auprès des services rectoraux en évoquant le droit à la poursuite d’études

    Cette option concerne les candidats titulaires d’une licence en droit qui n’ont pas été admis en master 1. En effet, depuis la réforme de 2020, les universités sélectionnent les candidats entre la licence et le master 1, et non plus entre le master 1 et le master 2. 

    Si malheureusement vous n’avez pas reçu de réponse favorable à vos candidatures suite de l’obtention de votre licence, vous avez la possibilité d’engager des démarches auprès des services rectoraux via le portail spécialement dédié trouvermonmaster.gouv.fr. Attention, vous disposez d’un délai de 15 jours pour engager les démarches à compter de l’obtention de votre licence ou à partir de la date du dernier refus.

    Ce dispositif de saisine est possible sous certaines conditions :

    • Avoir candidaté dans au moins cinq master différents ;
    • Avoir candidaté dans des mentions de master compatibles avec la mention de licence obtenue (par exemple, un refus en master de communication si vous avez une licence de droit ne sera pas pris en compte) ;
    • Avoir candidaté dans au moins deux mentions de master distinctes (par exemple, en master droit social et master 1 droit administratif) ;
    • Avoir candidaté dans au moins deux établissements d’enseignement supérieur différents.

    À savoir : Les étudiants qui ont obtenu leur licence dans une région académique qui ne comporte qu'une seule université ne sont pas concernés par ces conditions. Ainsi, les étudiants de Corse, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française devront uniquement avoir effectué au moins deux candidatures en première année de master.

    Et après ?

    Après avoir saisi le rectorat, vous recevez sous un délai « raisonnable » (généralement sous 1 à 5 semaines) trois propositions de poursuite d’études en master, en lien avec votre projet personnel et professionnel. Vous disposez alors d’un délai de 8 jours pour répondre via le portail numérique, à compter de la réception de la troisième proposition.

    À la fin de la procédure, une commission d'accès au deuxième cycle de l’enseignement supérieur étudiera la situation des étudiants qui n’auront pas encore eu de réponse.

    Notre avis

    De notre point de vue, cette option est utile uniquement si vous souhaitez poursuivre en master coûte que coûte. Ayez à l’esprit qu’un master est la dernière étape avant votre entrée sur le marché professionnel. Vous allez devoir réaliser un mémoire, effectuer un stage ou une alternance et vous constituer un premier réseau professionnel.


    Choisir un master « par défaut » n’est pas forcément la meilleure option si vous n’êtes pas réellement motivé ou si celui-ci ne correspond pas à vos attentes de carrières futures.

    Option n°10 : écrire une lettre de motivation au Directeur du master de vos rêves qui a refusé votre candidature

    Cette option s’adresse principalement aux étudiants titulaires d’un master 1, qui, à la différence des titulaires d’une licence, ne disposent pas de la possibilité de saisir les services rectoraux et d’invoquer le droit à la poursuite d’études.


    Conseil : l’idéal est de remettre cette lettre en main propre au directeur de master pour montrer que vous avez fait le déplacement et …être certain qu’elle ne restera pas « bloquée » sur une pile de courrier au secrétariat.

    Qui ne tente rien n’a rien ! Vous pouvez prendre les devants et écrire une lettre ou un mail au directeur du master que vous convoitez. En d’autres termes, vous allez demander un recours gracieux.

    L’objectif premier de cette lettre est de confirmer votre motivation à intégrer ce master malgré la réponse défavorable que vous avez reçue.

    La première chose à faire est de vous demander « pourquoi n’ai-je pas été reçu » de manière très objective. Vous allez devoir trouver des arguments pour appuyer certains points de votre dossier qui n’ont pas joué en votre faveur. Vos notes étaient-elles trop faibles ? Vous manquiez d’expérience professionnelle ? Le master que vous avez choisi était-il trop concurrentiel ?

    Voici un exemple de structure de lettre que vous pouvez envoyer au directeur de master de droit après un refus d’admission :

    • Indiquez l’objet de la lettre : « Demande de recours gracieux à la suite d’une réponse défavorable de ma candidature au master X » ;
    • Sollicitez l’inscription en master malgré la fermeture officielle des inscriptions ;
    • Ajoutez un mot sur votre parcours en droit en expliquant ce que les trois années de licence vous ont apporté sur le plan personnel et théorique. Si vous avez obtenu de bonnes notes, parlez-en. Si vous avez intégré des associations étudiantes, mentionnez-le. Si vous avez travaillé à côté de vos études, c’est le moment également ! ;
    • Expliquez en quoi le master que vous souhaitez intégrer est en cohérence avec votre projet personnel et professionnel ;
    • Sortez l’artillerie lourde : montrez pourquoi c’est CE master que vous souhaitez intégrer et pas un autre. Vous pouvez parler de la renommée de l’établissement ou des professeurs, de la qualité de l’enseignement, de la situation géographique…
    • Montrez que vous avez d’autres options le cas échéant (vous pouvez piocher parmi les options qui vont suivre) tout en précisant que vous retenterez l’inscription quoiqu’il arrive l’année prochaine ;
    • Remerciez le directeur de master pour le temps qu’il a pris à vous lire !

    Vous vous adressez directement au directeur du master donc vous devez être particulièrement vigilant à la rédaction de ce courrier, tant sur le fond que sur la forme :

    • Sur le fond, ne laissez passer AUCUNE faute d’orthographe ou de syntaxe et utilisez des tournures de phrases soignées. L’idéal est de faire relire votre courrier à une personne extérieure avant de l’envoyer.
    • Sur la forme, le texte doit être agréable à lire : évitez les gros blocs et privilégiez des paragraphes aérés. Ne dépassez pas une page de rédaction.

    Notre avis

    Pour la petite anecdote, c’est de cette manière que l'auteure de cet article a réussi à intégrer miraculeusement un master 2 sélectif en dernière minute à Assas après tout un été de doutes et d'incertitudes ! 


    C'est donc une option qui peut être efficace pour intégrer un master mais qui reste sans réelles garanties. 

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    L'essentiel


    • Pour résumer, si vous vous retrouvez sans master de droit, votre vie n’est pas fichue, bien au contraire !
    • Si malgré vos différentes démarches auprès du rectorat ou auprès du directeur de master vous n’êtes toujours pas sélectionné en master, vous pouvez poursuivre vos études en vous inscrivant dans une deuxième licence, un diplôme universitaire ou un master juridique dans une école privée.
    • L’autre option consiste à capitaliser sur cette année libre qui s’offre à vous pour effectuer un service civique ou une mission humanitaire pour acquérir de nouvelles compétences, partir à l’étranger pour apprendre une langue, acquérir de l’expérience professionnelle en effectuant un stage ou un emploi rémunéré en cohérence avec vos objectifs professionnels.  Et pour les plus courageux, c’est le moment de se mettre à préparer le CRFPA !
    • Quoi qu’il en soit, peu importe l’option que vous allez choisir, vous allez en ressortir plus fort, que ce soit sur plan personnel ou professionnel ! Le principal est de ne se surtout pas se décourager face à un refus de master. Gardez en tête que toutes les expériences se valent (juridiques ou non), dès lors qu’elles sont en cohérence avec vos aspirations.  
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