2006-63 DCarrêt du TC, 22 janvier 1921, Société commerciale de l’ouest africain, dit « Bac d’Eloka »

Publié le 7 juillet 2026 Type : Fiche d'arrêt

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1Faits

Un conflit d'attributions s'est élevé entre une société commerciale et la colonie de la Côte-d'Ivoire, concernant un accident survenu sur un bac. La société a assigné la colonie devant le tribunal civil de Grand-Bassam, sollicitant la nomination d'un expert pour examiner les circonstances de l'accident. La colonie a contesté la compétence du tribunal civil, soutenant que le bac constituait un ouvrage public et que la juridiction administrative devait être saisie. Le lieutenant-gouverneur de la Côte-d'Ivoire a alors élevé le conflit d'attributions par un télégramme, suivi d'un arrêté régularisant cette procédure.

2Procédure

La première instance s'est déroulée devant le tribunal civil de Grand-Bassam, où la société commerciale a introduit une demande en référé pour obtenir la nomination d'un expert. Le président du tribunal a été saisi d'un déclinatoire émis par le lieutenant-gouverneur, contestant sa compétence au profit de la juridiction administrative. Le tribunal a cependant décidé de désigner un expert tout en se prononçant sur le fond du litige. L'affaire a ensuite été portée devant le Tribunal des conflits, qui devait trancher sur la régularité de l'arrêté de conflit ainsi que sur la compétence des juridictions saisies. Le Tribunal des conflits a examiné les éléments juridiques relatifs à l'arrêté et à la nature du service public concerné.

3Problème de droit

Le tribunal civil était-il compétent pour connaître des conséquences dommageables de l'accident survenu sur le bac d'Eloka ?

4Solution

La Cour rejette l'argumentation selon laquelle le bac d'Eloka constituerait un ouvrage public relevant de la compétence administrative. Elle considère que, dans les circonstances exposées, la colonie de la Côte-d'Ivoire exploitait un service de transport dans des conditions similaires à celles d'un industriel ordinaire, ce qui confère à l'autorité judiciaire la compétence pour connaître des conséquences dommageables de l'accident. Bien que le président du tribunal ait outrepassé ses prérogatives en ne se limitant pas à statuer sur le déclinatoire, il a néanmoins agi à bon droit en retenant la connaissance du litige. Par conséquent, l'arrêté de conflit pris par le lieutenant-gouverneur est annulé, confirmant ainsi la compétence du tribunal civil pour traiter cette affaire.

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