Cas pratique : André (88 ans) vit depuis 10 mois avec Julien (44 ans), dans…

Publié le 10 mars 2026 Type : Cas pratique

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1Plan détaillé

I. La possibilité de conclure un PACS entre André et Julien
II. La validité du testament d'André désignant Julien comme légataire universel

2Résolution

I. La possibilité de conclure un PACS entre André et Julien

FAITS : André, âgé de 88 ans et sous curatelle, vit avec Julien, 44 ans, depuis dix mois. André souhaite conclure un PACS avec Julien, mais son curateur refuse, considérant que leur relation ne constitue pas un véritable couple.

PROBLÈME DE DROIT : André peut-il conclure un PACS avec Julien malgré l'opposition de son curateur ?

SOLUTION EN DROIT :
En vertu de l'article 515-1 du Code civil, le pacte civil de solidarité (PACS) est un contrat par lequel deux personnes s'engagent à une vie commune. Pour qu'un PACS soit valide, plusieurs conditions doivent être remplies.

La première condition exige que les partenaires soient majeurs et capables juridiquement. Selon l'article 414-1 du Code civil, une personne placée sous curatelle conserve sa capacité à accomplir certains actes, mais elle doit être assistée pour d'autres actes plus engageants. Ainsi, la capacité d'André à conclure un PACS dépendra de l'appréciation de son curateur sur la nature de cet engagement.

La deuxième condition impose que les partenaires ne soient pas liés par des liens familiaux directs ou indirects, ce qui est le cas ici puisque Julien n'est pas un parent d'André. Cette condition est donc remplie.

Enfin, la troisième condition requiert que les partenaires vivent ensemble en tant que couple. La notion de couple dans le cadre d'un PACS implique une relation stable et continue, ce qui peut être sujet à interprétation dans le cas d'une relation non romantique comme celle d'André et Julien. Le refus du curateur repose sur l'idée que leur relation ne répond pas à cette exigence.

Les effets juridiques d'un PACS incluent notamment des droits en matière de succession et des obligations réciproques entre les partenaires. Cependant, en cas de désaccord avec le curateur, la question pourrait être portée devant le juge des tutelles pour apprécier la validité du PACS envisagé.

SOLUTION EN L'ESPÈCE :
S'agissant de la première condition relative à la capacité juridique d'André, il apparaît que celui-ci est sous curatelle et doit donc être assisté pour conclure un PACS. En l'espèce, le refus du curateur pourrait être interprété comme une absence d'assistance nécessaire à la conclusion du contrat. Cette condition est donc non satisfaite en raison de l'opposition du curateur.

Concernant la deuxième condition relative aux liens familiaux, il est établi qu'André et Julien ne sont pas liés par des liens familiaux directs ou indirects. Par conséquent, cette condition est remplie.

Enfin, en ce qui concerne la troisième condition sur la vie commune en tant que couple, bien qu'André et Julien vivent ensemble et entretiennent une relation proche, le curateur considère que cela ne constitue pas un véritable couple au sens juridique du terme. Cette condition est donc non satisfaite selon l'appréciation du curateur.

Ainsi, certaines conditions faisant défaut, André ne pourra pas conclure un PACS avec Julien sans l'accord de son curateur ou une décision judiciaire favorable.

CONCLUSION : André ne peut pas conclure un PACS avec Julien sans l'accord de son curateur ou une décision du juge des tutelles.

II. La validité du testament d'André désignant Julien comme légataire universel

FAITS : André souhaite établir un testament dans lequel il désigne Julien comme légataire universel afin d'assurer sa protection matérielle après son décès. Son curateur refuse cette démarche au motif que cela pourrait être contraire à l'esprit du contrat de curatelle.

PROBLÈME DE DROIT : Le testament d'André désignant Julien comme légataire universel est-il valide malgré l'opposition de son curateur ?

SOLUTION EN DROIT :
En vertu de l'article 901 du Code civil, toute personne majeure peut disposer librement de ses biens par testament dans les limites posées par la loi concernant les héritiers réservataires. Toutefois, pour les personnes sous curatelle, l'article 467 précise que les actes dépassant les limites des actes usuels nécessitent une autorisation du juge des tutelles ou doivent être réalisés avec l'assistance du curateur.

La première condition pour la validité d'un testament est que le testateur soit capable juridiquement au moment de sa rédaction. Étant donné qu'André est sous curatelle, sa capacité à établir un testament doit être examinée à travers le prisme des dispositions légales relatives aux actes qu'il peut accomplir seul ou avec assistance.

La seconde condition concerne le respect des droits des héritiers réservataires si ceux-ci existent dans la succession d'André. Si André a des héritiers réservataires (enfants ou descendants), il doit respecter leur part dans sa succession même s'il souhaite désigner Julien comme légataire universel.

Les effets juridiques d'un testament sont qu'il permet au testateur de déterminer comment ses biens seront répartis après son décès et peut également inclure des dispositions spécifiques concernant la gestion des biens jusqu'à ce moment-là.

SOLUTION EN L'ESPÈCE :
S'agissant de la première condition relative à la capacité juridique d'André pour établir un testament, il convient de rappeler qu'étant sous curatelle, il doit agir avec l'assistance de son curateur pour valider cet acte si celui-ci dépasse les actes usuels. En l'espèce, le souhait d’André de désigner Julien comme légataire universel pourrait être considéré comme un acte engageant nécessitant cette assistance. Cette condition est donc non satisfaite sans l'accord du curateur.

Concernant la seconde condition sur les droits des héritiers réservataires, si André n'a pas d'héritiers réservataires (ce qui n'est pas précisé dans les faits), il pourrait disposer librement de ses biens par testament en faveur de Julien sans enfreindre aucune règle successorale.

Ainsi, certaines conditions faisant défaut concernant l'assistance nécessaire à la rédaction du testament, celui-ci ne pourra pas être considéré comme valide sans intervention judiciaire ou accord explicite du curateur.

CONCLUSION : Le testament d’André désignant Julien comme légataire universel n’est pas valide sans l’assistance requise de son curateur ou une autorisation judiciaire appropriée.

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