Cas pratique : Cour de cassation 1re chambre civile 8 juillet 2009 N° de …

Publié le 11 mars 2026 Type : Cas pratique

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1Plan détaillé

I. La recevabilité de l'intervention des grands-parents dans la procédure d'adoption plénière

II. L'impact de la réforme de la filiation sur l'adoption plénière

2Résolution

I. La recevabilité de l'intervention des grands-parents dans la procédure d'adoption plénière

FAITS : C…, né le 12 décembre 2005 à Paris, a été placé sous la protection de l'aide sociale à l'enfance en vue de son adoption. Les époux X…, grands-parents maternels, ont tenté d'intervenir dans la procédure d'adoption plénière engagée par les époux Z…, mais leur intervention a été déclarée irrecevable par la cour d'appel.

PROBLÈME DE DROIT : Les grands-parents maternels peuvent-ils intervenir dans une procédure d'adoption plénière malgré l'absence de lien de filiation établi avec l'enfant ?

SOLUTION EN DROIT : En vertu des articles 325 et 329 du Code de procédure civile, l'intervention volontaire est recevable lorsque l'intervenant élève une prétention à son profit et que celle-ci se rattache aux prétentions des parties par un lien suffisant. Ainsi, pour qu'une intervention soit considérée comme recevable, il est nécessaire que l'intervenant démontre un intérêt légitime à agir et une qualité pour le faire.

La première condition impose que l'intervenant établisse un lien suffisant avec les parties au litige. Dans le cadre d'une adoption plénière, cela implique généralement que l'intervenant puisse prouver un lien de filiation avec l'enfant ou, à défaut, un lien affectif fort justifiant son intervention.

La deuxième condition requiert que l'intervenant élève une prétention qui doit être propre et distincte des demandes des parties principales. Cela signifie que les grands-parents doivent non seulement justifier leur qualité pour agir, mais également formuler une demande qui ne se limite pas à contester l'adoption, mais qui vise à établir leur propre droit ou intérêt concernant l'enfant.

Les effets juridiques d'une intervention irrecevable sont significatifs, car elle entraîne le rejet de la demande sans examen du fond. En conséquence, les intervenants ne peuvent pas voir leurs droits reconnus ni participer à la décision relative à la situation juridique de l'enfant.

SOLUTION EN L'ESPÈCE : S'agissant de la première condition, qui exige que les époux X… établissent un lien suffisant avec C…, il apparaît que ce lien n'est pas démontré en raison du souhait de la mère de garder son identité secrète et du fait qu'aucune reconnaissance ou possession d'état n'a été établie. Cette condition est donc non satisfaite.

Concernant la deuxième condition, qui impose aux époux X… d'élever une prétention propre et distincte, leur demande visant à contester l'adoption ne constitue pas une prétention distincte mais plutôt une opposition à la demande des époux Z…. Par conséquent, cette condition est également non remplie.

Ainsi, toutes les conditions étant non réunies, il en résulte que l'intervention des époux X… est irrecevable.

CONCLUSION : Les grands-parents maternels ne peuvent pas intervenir dans la procédure d'adoption plénière en raison de l'absence de lien de filiation établi et d'une prétention propre.

II. L'impact de la réforme de la filiation sur l'adoption plénière

FAITS : Les époux X… soutiennent que la loi n° 2009-61 du 16 janvier 2009 a modifié les règles relatives à la recherche de maternité et pourrait leur permettre d'établir un lien juridique avec C…, ce qui devrait influencer leur capacité à intervenir dans le cadre de l'adoption plénière.

PROBLÈME DE DROIT : La réforme de la filiation permet-elle aux grands-parents maternels d'intervenir dans une procédure d'adoption plénière en raison d'un droit potentiel à établir un lien de parenté ?

SOLUTION EN DROIT : La loi n° 2009-61 a effectivement modifié certaines dispositions relatives à la recherche de maternité pour les enfants nés sous le secret. Elle prévoit désormais que toute personne née dans ces conditions peut exercer une action en recherche de maternité contre celle qui a accouché anonymement. Cette possibilité vise à renforcer les droits des enfants en matière de filiation et à leur permettre d'établir des liens juridiques avec leur famille biologique.

Cependant, cette réforme ne remet pas en cause les conditions spécifiques requises pour intervenir dans une procédure d'adoption plénière. En effet, même si un enfant peut désormais rechercher sa mère biologique, cela ne confère pas automatiquement aux grands-parents le droit d'agir en tant qu'intervenants dans le cadre d'une adoption plénière sans avoir préalablement établi un lien juridique direct avec l'enfant.

Les effets juridiques découlant de cette réforme sont limités dans le contexte précis des procédures d'adoption plénière. Ils n'accordent pas aux grands-parents un droit automatique d'intervention mais ouvrent plutôt une voie pour établir des liens familiaux potentiels qui pourraient être pris en compte dans des situations futures.

SOLUTION EN L'ESPÈCE : S'agissant du droit ouvert par la réforme concernant la recherche de maternité, il apparaît que cette possibilité ne modifie pas le fait que les époux X… n'ont pas établi le lien de filiation nécessaire pour justifier leur intervention dans le cadre de l'adoption plénière. Par conséquent, bien que cette réforme puisse potentiellement leur offrir un moyen futur pour établir un lien avec C…, elle ne leur confère pas actuellement qualité pour agir dans cette instance.

Ainsi, malgré les changements apportés par la loi n° 2009-61, les conditions requises pour intervenir dans une procédure d'adoption plénière demeurent inchangées.

CONCLUSION : La réforme sur la recherche de maternité ne permet pas aux grands-parents maternels d'intervenir dans une procédure d'adoption plénière sans avoir préalablement établi un lien juridique direct avec l'enfant.

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