I. Les sommes que la banque peut réclamer à Mme Griotte et M. Chambertin
II. Le recours de Mme Griotte après paiement en cas de solidarité entre cautions
III. La responsabilité de la banque pour omission de publication du gage
Cas pratique : Le 4 février 2022, Mme Griotte et M. Chambertin se sont port…
1Plan détaillé
2Résolution
I. Les sommes que la banque peut réclamer à Mme Griotte et M. Chambertin
FAITS : Mme Griotte et M. Chambertin se sont portés cautions d'un prêt de 180 000 € consenti à la SCEA Château Pinard, respectivement à hauteur de 100 000 € et 50 000 €. La société a cessé de rembourser le prêt, laissant un montant impayé de 120 000 €.
PROBLÈME DE DROIT : Quelles sommes la banque peut-elle en principe réclamer respectivement à Mme Griotte et à M. Chambertin ?
SOLUTION EN DROIT : En vertu de l'article 2292 du Code civil, le cautionnement est un contrat par lequel une personne s'engage à payer la dette d'un débiteur en cas de défaillance de celui-ci. La première condition d'application du cautionnement est que la dette garantie soit exigible. En l'espèce, la dette de la SCEA Château Pinard est effectivement exigible, car elle a cessé de rembourser les échéances du prêt.
La deuxième condition impose que le montant du cautionnement ne dépasse pas celui de la dette garantie. Dans ce cas, Mme Griotte s'est engagée à hauteur de 100 000 €, tandis que M. Chambertin l'a fait pour 50 000 €. La somme totale due par la SCEA étant de 120 000 €, il convient d'examiner les implications des différents types de cautionnements.
Dans le cadre d'un cautionnement simple, chaque caution est tenue dans la limite du montant qu'elle a garanti. Ainsi, Mme Griotte pourrait être sollicitée pour un montant allant jusqu'à 100 000 €, tandis que M. Chambertin pourrait être réclamé pour un montant allant jusqu'à 50 000 €. En revanche, si les cautionnements sont solidaires, la banque peut exiger le paiement intégral de la dette auprès de l'un ou l'autre des cautions, sans tenir compte des limites individuelles.
SOLUTION EN L'ESPÈCE : S'agissant d'un cautionnement simple, la banque pourrait réclamer jusqu'à 100 000 € à Mme Griotte et jusqu'à 50 000 € à M. Chambertin, dans les limites respectives des montants garantis par chacun d'eux. Toutefois, si les cautionnements sont solidaires, la banque serait en droit d'exiger le paiement total de 120 000 € auprès de l'un ou l'autre des cautions.
CONCLUSION : La banque peut réclamer jusqu'à 100 000 € à Mme Griotte et jusqu'à 50 000 € à M. Chambertin dans le cadre d'un cautionnement simple, mais pourrait exiger le montant total si les cautionnements sont solidaires.
II. Le recours de Mme Griotte après paiement en cas de solidarité entre cautions
FAITS : Dans l'hypothèse où Mme Griotte aurait payé une somme de 90 000 €, il convient d'examiner ses droits en matière de recours contre M. Chambertin et/ou contre la société Château Pinard.
PROBLÈME DE DROIT : Mme Griotte peut-elle exercer un recours en paiement contre M. Chambertin et/ou contre la société Château Pinard après avoir payé une partie de la dette ?
SOLUTION EN DROIT : Selon l'article 2294 du Code civil, le caution qui paie a un droit de recours contre les autres cautions ainsi que contre le débiteur principal. Ce droit est fondé sur le principe selon lequel chaque caution est tenue au paiement proportionnellement à sa part dans l'engagement.
La première condition pour exercer ce recours est que le paiement ait été effectué par la caution ayant acquitté une partie ou la totalité de la dette. En l'espèce, Mme Griotte a payé une somme de 90 000 €, ce qui lui confère un droit de recours.
La deuxième condition exige que le recours soit exercé proportionnellement aux montants garantis par chaque caution. Si les deux cautions sont solidaires, alors Mme Griotte pourra demander à M. Chambertin le remboursement d'une part proportionnelle au montant qu'il aurait dû payer s'il avait été appelé à régler sa part.
SOLUTION EN L'ESPÈCE : S'agissant du paiement effectué par Mme Griotte, elle peut exercer un recours contre M. Chambertin pour obtenir une contribution proportionnelle au montant qu'il aurait dû payer dans le cadre du cautionnement solidaire. Elle pourrait également se retourner contre la société Château Pinard pour récupérer le montant total payé si elle n'a pas été remboursée par son co-cautionnaire.
CONCLUSION : Mme Griotte peut exercer un recours en paiement contre M. Chambertin pour obtenir sa part proportionnelle et également contre la société Château Pinard pour récupérer le montant total payé.
III. La responsabilité de la banque pour omission de publication du gage
FAITS : Mme Griotte a appris que la banque n'a pas publié le gage consenti sur les tonneaux de vin appartenant à la société Château Pinard, lesquels ont été grevés par un nouveau gage au profit d'un autre créancier.
PROBLÈME DE DROIT : Mme Griotte peut-elle reprocher à la banque cette omission pour résister à sa demande en paiement ?
SOLUTION EN DROIT : Selon l'article 2333 du Code civil, le gage doit être publié pour être opposable aux tiers. L'absence de publication constitue une cause d'inefficacité du gage vis-à-vis des créanciers postérieurs qui ont acquis des droits sur les biens grevés.
La première condition est que l'absence de publication ait eu lieu concernant un gage valide existant au moment où un nouveau gage a été constitué au profit d'un autre créancier. En effet, si ce gage n'est pas opposable aux tiers en raison d'une omission dans sa publication, cela entraîne une défaillance dans son efficacité.
La deuxième condition exige que cette omission ait causé un préjudice à la caution ou au créancier initial. Si cette omission a permis à un autre créancier d'obtenir un droit prioritaire sur les biens grevés, cela pourrait constituer un préjudice pour Mme Griotte qui se retrouve dans une situation moins favorable vis-à-vis des garanties offertes par son co-cautionnement.
SOLUTION EN L'ESPÈCE : S'agissant du manquement à l'obligation de publication par la banque concernant le gage sur les tonneaux, cette omission pourrait être reprochée par Mme Griotte si elle démontre qu'elle a subi un préjudice en raison du nouveau gage constitué au profit d'un autre créancier.
CONCLUSION : Mme Griotte peut potentiellement reprocher à la banque son omission dans la publication du gage afin de résister à sa demande en paiement si elle prouve avoir subi un préjudice lié à cette situation.
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