Devenir commissaire de justice : métier, études et salaire

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Le commissaire de justice est un officier public et ministériel qui signifie les actes, fait exécuter les décisions de justice (saisies, expulsions), réalise des constats et organise les ventes aux enchères judiciaires. C’est la profession née en 2022 de la fusion des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires. Pour le devenir, il faut un master en droit (Bac+5), réussir l’examen d’accès, puis suivre 2 ans de formation en alternance à l’INCJ. Côté revenus, un commissaire de justice salarié débute autour de 3 000 € net par mois, tandis qu’un titulaire d’office installé gagne nettement plus.
Vous avez sûrement déjà entendu parler de l’huissier de justice… mais connaissez-vous le commissaire de justice ? C’est le même univers, et pourtant la profession a profondément changé : depuis 2022, huissiers et commissaires-priseurs judiciaires ont fusionné en une seule et même profession. Derrière l’image de « celui qui apporte les mauvaises nouvelles », le métier est en réalité bien plus varié qu’on ne l’imagine. Dans ce guide complet, vous allez découvrir ce que fait vraiment un commissaire de justice, le parcours exact pour le devenir, les rémunérations réelles et ce qu’en disent les professionnels eux-mêmes.
Cet article est rédigé par Laura Briguet-Lamarre, cofondatrice d’AideauxTD et titulaire d’un Master de l’université Paris II Panthéon-Assas (sciences politiques et sociales), à partir des sources officielles de la profession (Chambre nationale des commissaires de justice, INCJ, ONISEP) et de nombreux témoignages de professionnels et d’étudiants. L’objectif : vous donner une vision à la fois fiable et concrète du métier, au-delà des clichés.
Le commissaire de justice est un officier public et ministériel : il est nommé par le ministre de la Justice et exerce certaines missions de service public, sous le contrôle de l’État, tout en étant un professionnel libéral. Son rôle ne se limite pas, loin de là, aux saisies et aux expulsions. Pour bien comprendre le métier, le plus parlant est de regarder ce qu’il fait concrètement, domaine par domaine.
Ce que les professionnels racontent le plus souvent, c’est justement cette variété : dans une même journée, on peut faire un constat de dégât des eaux le matin, une vente aux enchères l’après-midi, puis une signification en fin de journée. L’idée reçue du « commissaire qui ne fait que des expulsions toute la journée » est très loin de la réalité du métier.
Pour vous faire une idée concrète du quotidien, des missions et de la rémunération, voici une vidéo de présentation du métier :
La profession est régie par l’ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016, qui a créé le statut de commissaire de justice (entrée en vigueur le 1er juillet 2022). La formation et les conditions d’accès sont fixées par le décret n° 2019-1185 du 15 novembre 2019 et ses arrêtés d’application. Le commissaire de justice exerce sous le contrôle du procureur général près la cour d’appel de son ressort.
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C’est LA question que tout le monde se pose. La réponse est simple : le commissaire de justice a remplacé l’huissier de justice. La profession a été créée par l’ordonnance du 2 juin 2016 et est entrée en vigueur le 1er juillet 2022. Elle est née de la fusion de deux anciennes professions : les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires.
Autrement dit, le commissaire de justice réunit aujourd’hui les compétences des deux : les missions de l’ancien huissier (signification, exécution, constats, recouvrement) et celles de l’ancien commissaire-priseur judiciaire (inventaires, prisées et ventes judiciaires de meubles).
Depuis le 1er juillet 2026, les titres d’« huissier de justice » et de « commissaire-priseur judiciaire » n’existent plus : seuls les professionnels ayant suivi la formation spécifique portent le titre de commissaire de justice. Si vous lisez un article qui parle encore d’« études pour devenir huissier », c’est qu’il n’est plus à jour.
Le parcours est encadré par des textes précis (décret du 15 novembre 2019 et arrêtés d’application). Voici les étapes, dans l’ordre :
Comptez environ 7 ans après le bac : 3 ans de licence de droit, 2 ans de master, puis 2 ans de formation à l’INCJ. Une voie passerelle existait pour les anciens huissiers et commissaires-priseurs (formation de 60 à 80 heures), mais elle se terminait en 2026.
L’examen d’accès est-il un concours ? Non : à la différence de la magistrature, il n’y a pas de nombre de places fixé d’avance. C’est un examen, avec un seuil de réussite, mais il reste sélectif. Son taux d’admission a d’ailleurs beaucoup évolué ces dernières années, signe d’un fort regain d’intérêt pour la profession :
| Session de l’examen d’accès | Taux d’admission |
|---|---|
| 2022 | 10,6 % |
| 2023 | 22,4 % |
| 2024 | 39,8 % |
| 2025 | 29,8 % |
Un point que les candidats soulignent souvent : la vraie difficulté n’est pas seulement l’examen, c’est aussi de trouver l’office qui vous prendra en stage pendant les 2 ans de formation. Anticipez cette recherche le plus tôt possible : les places sont disputées, et un bon stage fait souvent la différence sur un parcours.
Comme pour le notariat, il n’y a pas « un » salaire, mais plusieurs réalités selon le statut. Un clerc ou collaborateur est salarié de l’office. Un commissaire de justice salarié est diplômé mais employé. Un commissaire de justice libéral (titulaire ou associé) est rémunéré par les bénéfices de son office : ses revenus sont bien plus élevés, mais variables.
| Profil | Rémunération (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Clerc / collaborateur débutant | rémunération encadrée par la convention collective de la profession |
| Commissaire de justice salarié débutant | environ 3 000 € net / mois |
| Commissaire de justice libéral installé | très variable, nettement plus élevé, selon le chiffre d’affaires de l’office |
Deux constats reviennent régulièrement chez les professionnels. D’abord, le clerc débutant se sent souvent mal payé au regard de ses études : c’est en montant en compétences que la rémunération décolle. Ensuite, le vrai grand écart se situe entre le salarié et le titulaire installé : comme dans le notariat, c’est l’installation qui change tout, financièrement.
Une fois diplômé, le grand objectif d’une carrière est souvent de devenir titulaire de son office, c’est-à-dire de s’installer à son compte. Deux voies : racheter un office existant (ou des parts) ou être nommé sur un office nouvellement créé dans les zones ouvertes par la « carte » du ministère de la Justice (le même mécanisme de libre installation que pour les notaires).
Combien ça coûte ? Le prix d’un office dépend de son chiffre d’affaires et de sa localisation : il peut aller de quelques dizaines de milliers d’euros pour une petite structure rurale à plus d’un million d’euros pour un gros office en grande ville. La bonne nouvelle, et c’est un point que confirment les professionnels installés : la profession dispose d’organismes de financement dédiés qui prêtent à des conditions avantageuses. Certains témoignent ainsi s’être installés avec un apport personnel modeste (de l’ordre de 20 000 €), le reste étant financé par l’emprunt et remboursé grâce aux revenus de l’office. Le ticket d’entrée n’est donc pas réservé aux héritiers de la profession.
La carrière classique consiste à évoluer de collaborateur à commissaire de justice salarié, puis à devenir associé ou titulaire d’un office. Le diplôme ouvre aussi des passerelles vers d’autres univers juridiques :
C’est aussi une profession qui se féminise et rajeunit fortement, et dont le maillage couvre tout le territoire : autant de signaux d’une profession qui recrute.
Au-delà du droit, le métier exige un vrai équilibre entre fermeté et sens humain. D’après l’ONISEP et les professionnels :
Une grande variété de missions (constats, ventes, exécution) : peu de routine.
Une profession stable, qui recrute et se renouvelle.
De l’indépendance et un statut de chef d’entreprise une fois installé.
Des revenus confortables pour les titulaires d’office.
Un vrai rôle de service public, au contact du terrain.
Une charge émotionnelle réelle : on est confronté à la détresse sociale, et les significations ou expulsions peuvent donner lieu à des tensions, voire à de l’hostilité.
Une image négative à porter (le cliché de « celui qui fait peur »), même si elle ne reflète pas la réalité du métier.
Un début de carrière (clerc, collaborateur) souvent jugé peu rémunérateur.
Un accès sélectif (examen + recherche d’un office de stage).
On compte environ 3 750 commissaires de justice en France, répartis dans près de 2 200 offices. La profession se féminise (environ 43 % de femmes, et près de 61 % chez les moins de 30 ans) et l’âge moyen est d’environ 49 ans. Les commissaires de justice établissent près de 8,4 millions d’actes par an, pour un chiffre d’affaires global supérieur à 1,4 milliard d’euros (2024).
Un master en droit (Bac+5), ou un diplôme admis en équivalence, puis la réussite de l’examen d’accès et 2 ans de formation en alternance à l’INCJ, validés par un examen d’aptitude. Soit environ 7 ans d’études après le bac.
Il n’y a pas de master imposé : un master en droit (droit privé, droit des affaires, procédure, droit de l’exécution…) convient. Certains diplômes des domaines économique, comptable ou de gestion sont aussi admis en équivalence pour passer l’examen d’accès.
Un commissaire de justice salarié débute autour de 3 000 € net par mois. Un clerc ou collaborateur débutant gagne moins (selon la convention collective de la profession), tandis qu’un titulaire d’office installé perçoit des revenus nettement supérieurs, mais variables selon son office.
Il signifie les actes de justice, fait exécuter les décisions (saisies, expulsions), réalise des constats qui font foi, organise les ventes aux enchères judiciaires et peut intervenir en recouvrement amiable, médiation ou administration d’immeubles. C’est un officier public et ministériel.
Toute personne titulaire d’un master en droit (ou diplôme équivalent), de nationalité requise et présentant les garanties de moralité exigées, qui réussit l’examen d’accès puis la formation de l’INCJ. Il n’y a pas de limite d’âge : les reconversions sont possibles.
Non. Contrairement à une idée reçue héritée de l’ancien métier d’huissier, on ne peut pas accéder à la profession sans diplôme : un master en droit (ou équivalent) est désormais exigé. Sans master, on peut en revanche travailler en office comme clerc ou collaborateur.
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