Devenir notaire : métier, études et salaire


94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →


94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →
Le notaire est un officier public, nommé par l’État, dont le rôle est d’authentifier les actes (ventes immobilières, contrats de mariage, successions, donations…). Pour le devenir, il faut un master en droit (Bac+5), puis le nouveau Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN) : environ 2 ans de formation en alternance comme « notaire stagiaire » dans un office. Côté revenus, tout dépend du statut : un notaire salarié gagne au minimum 4 337 € brut par mois, tandis qu’un notaire installé dégage en moyenne 189 600 € de résultat par an (environ 15 800 € par mois).
Le notaire fait partie de ces métiers du droit qui rassurent : statut prestigieux, profession installée, débouchés solides. Mais derrière l’image de la robe et des actes signés, à quoi ressemble vraiment le quotidien ? Quel parcours faut-il suivre (et il a beaucoup changé récemment) ? Combien gagne-t-on, et le métier est-il aussi confortable qu’on le dit ? Dans ce guide complet, vous allez découvrir le métier, le parcours exact pour le devenir, les rémunérations réelles et ce qu’en disent les étudiants et les professionnels eux-mêmes.
Cet article est rédigé par Laura Briguet-Lamarre, cofondatrice d’AideauxTD et titulaire d’un master 2 Médias et publics de l’Institut français de presse (université Paris II Panthéon-Assas), à partir des sources officielles de la profession (Conseil supérieur du notariat, INFN, ONISEP) et de nombreux témoignages d’étudiants et de professionnels du notariat (forums, avis). L’objectif : vous donner une vision à la fois fiable et concrète du métier, au-delà des clichés.
Le notaire est un officier public et ministériel : il est nommé par arrêté du garde des Sceaux, ministre de la Justice, et l’État lui délègue le pouvoir d’authentifier les actes. Sa mission centrale est d’authentifier les actes, c’est-à-dire de leur donner une valeur officielle (date certaine, force probante et force exécutoire) et de les conserver. Revêtu de la formule exécutoire, l’acte notarié peut même être exécuté de force sans passer par un juge, comme un jugement. Il ne vaut pas jugement pour autant : il peut être contesté devant un tribunal. Les originaux (les « minutes ») restent 75 ans chez le notaire avant de rejoindre les archives publiques.
Au-delà de la signature, le notaire conseille ses clients à des moments clés de leur vie. Ses grands domaines d’intervention :
On confond souvent les deux. Le notaire est l’officier public : lui seul peut authentifier un acte et engage sa responsabilité. Le clerc (ou collaborateur) est un salarié de l’office qui prépare les dossiers et rédige les projets d’actes sous la responsabilité du notaire. Devenir clerc et devenir notaire ne demandent ni les mêmes études ni le même parcours.
Attention, point essentiel : le parcours a été réformé. Depuis la rentrée 2024 (décret du 7 octobre 2022, dont l’entrée en vigueur a été reportée d’un an par le décret du 16 juin 2023), les deux anciennes voies (la « voie universitaire » menant au DSN et la « voie professionnelle » menant au DN) ont été remplacées par un diplôme unique : le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN). Les étudiants déjà engagés dans l’ancien système (DSN ou DN) peuvent le terminer jusqu’au 31 décembre 2027 au plus tard. Si vous commencez aujourd’hui, c’est le DESN : méfiez-vous des articles qui présentent encore le DSN ou le DN comme la voie normale.
Voici le parcours en vigueur, étape par étape :
Comptez 7 à 8 ans après le bac : 3 ans de licence, 2 ans de master, puis 24 mois de formation DESN en alternance, et la soutenance du rapport ou du mémoire, qui peut intervenir après. Il existe aussi une voie dérogatoire (l’ECCT, menant au CAFN) réservée aux collaborateurs d’office très expérimentés : diplôme de premier clerc ou diplôme des métiers du notariat depuis au moins 6 ans, et 9 ans de pratique auprès d’un notaire.
La vraie difficulté n’est pas l’examen final… mais l’accès au master de droit notarial. Ces masters sont très demandés, ce qui crée une vraie angoisse de « n’être pris nulle part ». Notre conseil : candidatez largement (plus de trente universités proposent un master de droit notarial conventionné par l’INFN) et soignez vos stages en office, qui font souvent la différence sur un dossier. Anticipez aussi l’autre point sensible : trouver l’office qui vous prendra en alternance pendant les 2 ans de DESN.
Le BTS Collaborateur juriste notarial (l’ancien BTS Notariat, dont la dernière session a eu lieu en 2023) ne permet PAS de devenir notaire. Il mène à un poste d’assistant ou de collaborateur, ce qui est très différent. Pour porter le titre de notaire, il faut le master de droit puis le DESN (ou la voie dérogatoire pour les collaborateurs expérimentés).
Première chose à comprendre : il n’y a pas « un » salaire de notaire, mais plusieurs réalités très différentes selon le statut. Un clerc ou collaborateur est salarié (grille de la convention collective du notariat). Un notaire salarié est diplômé mais employé d’un office. Un notaire libéral (titulaire ou associé) est, lui, rémunéré par les bénéfices de son office : ses revenus sont bien plus élevés, mais variables et difficiles à chiffrer précisément.
| Profil | Rémunération |
|---|---|
| Collaborateur (clerc) débutant | de 2 120 € (technicien, niveau T1) à 3 534 € (cadre, niveau C1) brut par mois minimum selon le niveau |
| Notaire salarié | 4 337 € brut par mois minimum (niveau C2), soit environ 3 230 € net |
| Notaire libéral installé (titulaire / associé) | 189 600 € de résultat moyen par an en 2024 (environ 15 800 € par mois), avant impôt et remboursement de l’emprunt |
Grille complète poste par poste, salaire selon le diplôme, 13e mois et évolution : tout est détaillé dans notre article salaire d’un clerc de notaire.
D’abord, le clerc débutant se sent souvent mal payé au regard de ses années d’études (l’écart entre le brut et le net surprend beaucoup). Ensuite, le vrai grand écart de revenus n’est pas entre le clerc et le notaire salarié, mais entre le notaire salarié et le notaire installé : c’est l’installation qui change tout, financièrement.
C’est le grand sujet de la profession, et le principal regret exprimé par beaucoup de jeunes diplômés : être diplômé ne signifie pas être notaire titulaire. Beaucoup restent notaires salariés de longues années, sans clientèle propre. Pour devenir titulaire, il existe deux voies : racheter un office existant ou être nommé sur un office nouvellement créé.
Combien coûte le rachat d’un office ? C’est la vraie question, et la réponse est : cher. Le prix d’un office dépend surtout de son chiffre d’affaires : comptez de quelques centaines de milliers d’euros pour un petit office à plusieurs millions d’euros pour une grosse étude. Personne ne paie cette somme comptant : on finance avec un apport personnel et un prêt bancaire, que les revenus de l’office remboursent ensuite sur plusieurs années.
Est-ce possible quand on n’est pas « fils ou fille de notaire » ? Oui, et c’est plus accessible qu’avant. La loi Macron de 2015 a instauré la « libre installation » : dans les zones où il manque des notaires (la « carte », fixée par les ministres de la Justice et de l’Économie sur proposition de l’Autorité de la concurrence, et désormais révisée au moins tous les cinq ans), la nomination sur un office nouvellement créé est de droit, dans la limite du nombre d’offices prévus pour chaque zone. Pas de rachat de clientèle à financer, donc un coût d’installation très inférieur à celui d’un rachat. Entre 2016 et 2025, le nombre de notaires libéraux a augmenté de 42 % (Autorité de la concurrence) : la réforme a fait entrer des milliers de nouveaux notaires, souvent sans aucun lien familial avec la profession : le cliché du notariat réservé aux héritiers est en grande partie dépassé.
Dans les zones ouvertes, quand les demandes déposées dans les 24 heures qui suivent l’ouverture dépassent le nombre de places, leur ordre est fixé par tirage au sort, ce qui est vécu comme une vraie loterie. Et hors de ces zones, racheter un office reste un mur financier qui demande un apport solide et l’accord d’une banque. L’installation est devenue possible sans héritage, mais elle se mérite et se finance.
Le diplôme de notaire (et plus largement le droit notarial) n’enferme pas dans le seul notariat. Les débouchés cités par les professionnels et les écoles sont variés :
L’insertion professionnelle des diplômés du notariat est réputée excellente, ce qui en fait une voie rassurante pour beaucoup d’étudiants en droit.
Pour comprendre le métier, le plus parlant est de voir ce que le notaire fait concrètement, selon les domaines. Voici les grandes familles d’intervention, avec des exemples du quotidien :
Sur ces domaines, le Conseil supérieur du notariat reconnaît des labels de spécialisation officiels, qui permettent à un notaire d’afficher une expertise reconnue : notaire conseil en stratégie patrimoniale et familiale, notaire juriste d’entreprise, notaire conseil aux familles, notaire conseil des personnes publiques, notaire conseil en aménagement et environnement, notaire conseil du monde rural, et bientôt notaire pour client à l’international (formation annoncée pour 2027).
Au-delà de la maîtrise du droit, le métier exige des qualités humaines particulières. D’après l’ONISEP et les professionnels :
Une profession stable et prestigieuse, avec une très bonne insertion.
Une grande variété de dossiers (un contrat de mariage le matin, une vente immobilière l’après-midi).
Des revenus élevés une fois installé.
Un rôle utile, au cœur des moments importants de la vie des gens.
Un parcours long et sélectif (l’accès au master de droit notarial est un vrai goulot d’étranglement).
Une charge de travail souvent lourde : les heures supplémentaires peu ou pas rémunérées reviennent comme le grief numéro un, et l’ambiance dépend beaucoup de l’office.
Un clerc / collaborateur débutant peu payé au regard des études.
Devenir titulaire (s’installer) reste difficile et coûteux : beaucoup restent salariés.
12 361 notaires libéraux exercent dans 7 175 offices (octobre 2025, hors Alsace-Moselle), 42 % de plus qu’en 2016 grâce à la loi Macron. Les trois quarts des nouveaux diplômés sont des femmes, et elles représentent pour la première fois la moitié des notaires libéraux. Âge moyen : 48 ans pour les libéraux, 42 ans pour les salariés. Source : Autorité de la concurrence, avis 26-A-03 (2026).
7 à 8 ans après le bac : une licence de droit (3 ans), un master (2 ans), puis le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN) : 24 mois en alternance, puis la soutenance d’un rapport ou d’un mémoire.
Un master en droit, de préférence un master mention droit notarial conventionné par l’INFN : il ouvre l’accès de droit au DESN. Avec un autre master de droit, l’accès au DESN se fait sur sélection (dossier et entretien).
Non. Le BTS Collaborateur juriste notarial (ex-BTS Notariat) mène à un poste d’assistant ou de collaborateur d’office, pas au titre de notaire. Pour devenir notaire, il faut un master de droit puis le DESN.
Cela dépend du statut. Un notaire salarié gagne au minimum 4 337 € brut par mois selon la convention collective (2026). Un notaire installé dégage en moyenne 189 600 € de résultat par an, soit environ 15 800 € par mois (Autorité de la concurrence, 2024). Pour comparer avec les autres professions, voyez notre classement des métiers du droit les mieux payés.
De moins en moins. La loi Macron de 2015 a permis la création de nombreux offices et l’arrivée de notaires sans lien familial avec la profession. Racheter un office reste toutefois coûteux, et beaucoup de diplômés exercent d’abord comme notaires salariés.
Aucun bac précis n’est imposé, car le vrai passage obligé est la licence de droit. Pour bien y réussir, les spécialités conseillées au lycée sont plutôt HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques), SES ou humanités-littérature-philosophie. Un bon niveau en français et en expression écrite est un atout réel.
Non, il n’existe pas de concours national comme pour la magistrature. L’accès au DESN se fait soit de droit (avec un master de droit notarial conventionné), soit sur sélection (examen du dossier et entretien). La vraie difficulté se situe en amont : entrer dans un master de droit notarial, très demandé.
Oui, il n’y a pas de limite d’âge pour entrer dans la profession (les notaires cessent en revanche leurs fonctions à 70 ans). En reconversion, il faut reprendre le cursus (master de droit puis DESN). Pour les collaborateurs et clercs déjà expérimentés, il existe une voie dérogatoire (l’ECCT, menant au CAFN) qui valorise l’expérience. Le financement de la formation (CPF, plan de développement des compétences de l’employeur) dépend de votre situation et du parcours visé : renseignez-vous au cas par cas.
Vous hésitez encore sur votre voie ? En quelques minutes, découvrez le métier du droit qui vous correspond vraiment grâce à notre test d’orientation gratuit.
Et pour explorer l’ensemble des débouchés, retrouvez notre panorama des métiers du droit, ou notre guide sur les études de droit.
Prenez de l’avance sur vos TD
L’Académie réunit les cours de votre niveau en vidéo et à l’écrit, des QCM, des flashcards et des sujets corrigés, toute la méthodologie et la communauté privée : de quoi arriver en TD en ayant vu le programme et travaillé la méthode.
Découvrir l’Académie →📖 À lire aussi


Un juge professionnel gagne en moyenne 3 884 euros nets par mois en début de carrière et 8 480 euros en fin…


Un greffier de tribunal de commerce gagne environ 45 800 euros par mois, soit autour de 549 000 euros par an. C’est…


Un clerc de notaire débutant gagne au minimum 2 120 euros bruts par mois (environ 1 610 euros nets) avec un BTS,…
💬
Commentaires