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Notaire : métier, études et salaire (guide complet 2026)

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Le notaire est un officier public, nommé par l’État, dont le rôle est d’authentifier les actes (ventes immobilières, contrats de mariage, successions, donations…). Pour le devenir, il faut un master en droit (Bac+5), puis le nouveau Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN) : environ 2 ans de formation en alternance comme « notaire stagiaire » dans un office. Côté revenus, tout dépend du statut : un clerc débutant tourne autour de 2 000 à 2 500 € brut par mois, tandis qu’un notaire installé peut gagner bien davantage.

Le notaire fait partie de ces métiers du droit qui rassurent : statut prestigieux, profession installée, débouchés solides. Mais derrière l’image de la robe et des actes signés, à quoi ressemble vraiment le quotidien ? Quel parcours faut-il suivre (et il a beaucoup changé récemment) ? Combien gagne-t-on, et le métier est-il aussi confortable qu’on le dit ? Dans ce guide complet, vous allez découvrir le métier, le parcours exact pour le devenir, les rémunérations réelles et ce qu’en disent les étudiants et les professionnels eux-mêmes.

📖À propos de cet article

Cet article est rédigé par Laura Briguet-Lamarre, cofondatrice d’AideauxTD et titulaire d’un Master de l’université Paris II Panthéon-Assas (sciences politiques et sociales), à partir des sources officielles de la profession (Conseil supérieur du notariat, INFN, ONISEP) et de nombreux témoignages d’étudiants et de professionnels du notariat (forums, avis). L’objectif : vous donner une vision à la fois fiable et concrète du métier, au-delà des clichés.

Le métier de notaire : missions et rôle

Le notaire est un officier public ministériel : il est nommé par le ministre de la Justice et agit pour le compte de l’État. Sa mission centrale est d’authentifier les actes, c’est-à-dire de leur donner une valeur officielle (date certaine, force probante et force exécutoire) et de les conserver. Quand vous signez chez le notaire, l’acte a la même force qu’un jugement.

Au-delà de la signature, le notaire conseille ses clients à des moments clés de leur vie. Ses grands domaines d’intervention :

  • L’immobilier et le patrimoine : ventes, achats, donations, baux. C’est plus de la moitié de l’activité.
  • La famille et les successions : contrats de mariage, PACS, testaments, donations, règlement des successions. Environ un tiers de l’activité.
  • L’entreprise : création, cession et transmission d’entreprise.
  • Le droit rural, le droit fiscal et le conseil patrimonial.
🌟Notaire ou clerc de notaire ?

On confond souvent les deux. Le notaire est l’officier public : lui seul peut authentifier un acte et engage sa responsabilité. Le clerc (ou collaborateur) est un salarié de l’office qui prépare les dossiers et rédige les projets d’actes sous la responsabilité du notaire. Devenir clerc et devenir notaire ne demandent ni les mêmes études ni le même parcours.

Comment devenir notaire ? Le parcours après la réforme

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Attention, point essentiel : le parcours a été réformé. Depuis la rentrée 2023 (décret du 7 octobre 2022), les deux anciennes voies (la « voie universitaire » menant au DSN et la « voie professionnelle » menant au DN) ont été remplacées par un diplôme unique : le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN). Méfiez-vous donc des articles qui parlent encore de « DSN » ou de « DN » : ils ne sont plus à jour.

Voici le parcours en vigueur, étape par étape :

  1. Un master en droit (Bac+5), idéalement un master mention droit notarial conventionné par l’INFN (Institut national des formations notariales).
  2. L’accès au DESN. Il est de droit pour les titulaires d’un master droit notarial conventionné ; pour les autres masters de droit, il faut passer une sélection nationale (examen du dossier + entretien d’environ 15 minutes, trois tentatives maximum).
  3. La formation DESN : environ 24 mois en alternance, assurée par l’INFN. Vous travaillez dans un office tout en suivant les cours : vous portez alors le titre de « notaire stagiaire ».
  4. Le diplôme final : validation des périodes d’examen et soutenance d’un rapport de stage ou d’un mémoire. Le DESN est délivré par l’université.
  5. La nomination. Une fois diplômé, vous pouvez être nommé notaire (salarié dans un office, ou titulaire/associé une fois installé).
🌟Combien d’années d’études ?

Comptez environ 7 ans après le bac : 3 ans de licence, 2 ans de master, puis 2 ans de formation DESN en alternance. Il existe aussi une voie dérogatoire (l’ECCT, menant au CAFN) réservée aux collaborateurs d’office très expérimentés.

La vraie difficulté n’est pas l’examen final… mais l’accès au master de droit notarial. Ces masters sont très demandés (souvent plusieurs centaines de candidatures pour une vingtaine de places), ce qui crée une vraie angoisse de « n’être pris nulle part ». Notre conseil : candidatez largement (il existe une vingtaine de masters en France) et soignez vos stages en office, qui font souvent la différence sur un dossier. Anticipez aussi l’autre point sensible : trouver l’office qui vous prendra en alternance pendant les 2 ans de DESN.

⚠️Idée reçue à corriger

Le BTS Notariat ne permet PAS de devenir notaire. Il mène à un poste d’assistant ou de collaborateur, ce qui est très différent. Pour porter le titre de notaire, il faut le master de droit puis le DESN (ou la voie dérogatoire pour les collaborateurs expérimentés).

Quel salaire pour un notaire ?

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Première chose à comprendre : il n’y a pas « un » salaire de notaire, mais plusieurs réalités très différentes selon le statut. Un clerc ou collaborateur est salarié (grille de la convention collective du notariat). Un notaire salarié est diplômé mais employé d’un office. Un notaire libéral (titulaire ou associé) est, lui, rémunéré par les bénéfices de son office : ses revenus sont bien plus élevés, mais variables et difficiles à chiffrer précisément.

ProfilRémunération brute (ordre de grandeur)
Clerc / collaborateur débutantenviron 2 000 € à 2 500 € / mois
Notaire salarié débutant (diplômé)environ 3 400 € / mois
Notaire libéral installé (titulaire / associé)très variable, souvent bien plus élevé, mais avec d’importantes charges
Repères issus de la convention collective du notariat et d’estimations de marché. Les revenus des notaires libéraux dépendent du chiffre d’affaires de l’office et ne font pas l’objet d’un chiffre officiel unique.
🌟Deux réalités à connaître sur la rémunération

D’abord, le clerc débutant se sent souvent mal payé au regard de ses années d’études (l’écart entre le brut et le net surprend beaucoup). Ensuite, le vrai grand écart de revenus n’est pas entre le clerc et le notaire salarié, mais entre le notaire salarié et le notaire installé : c’est l’installation qui change tout, financièrement.

S’installer : devenir notaire titulaire

C’est le grand sujet de la profession, et le principal regret exprimé par beaucoup de jeunes diplômés : être diplômé ne signifie pas être notaire titulaire. Beaucoup restent notaires salariés de longues années, sans clientèle propre. Pour devenir titulaire, il existe deux voies : racheter un office existant ou être nommé sur un office nouvellement créé.

Combien coûte le rachat d’un office ? C’est la vraie question, et la réponse est : cher. Le prix d’un office se calcule en pourcentage de son chiffre d’affaires annuel (en général entre 60 % et 120 % du CA). Concrètement, comptez d’un peu moins de 500 000 € pour un petit office jusqu’à plusieurs millions d’euros pour une grosse étude. Personne ne paie cette somme comptant : on finance avec un apport personnel (souvent autour de 20 % du prix) et un prêt bancaire, que les revenus de l’office remboursent ensuite sur plusieurs années.

Est-ce possible quand on n’est pas « fils ou fille de notaire » ? Oui, et c’est plus accessible qu’avant. La loi Macron de 2015 a instauré la « libre installation » : dans les zones où il manque des notaires (la « carte » fixée par le ministère de la Justice), la nomination sur un office nouvellement créé est de droit. Pas de rachat de clientèle à financer, donc un coût d’installation très inférieur à celui d’un rachat. Cette réforme a fait entrer des milliers de nouveaux notaires sans aucun lien familial avec la profession : le cliché du notariat réservé aux héritiers est en grande partie dépassé.

⚠️Le bémol de la libre installation

Dans les zones ouvertes, quand il y a plus de candidats que de places, la nomination se fait par tirage au sort, ce qui est vécu comme une vraie loterie. Et hors de ces zones, racheter un office reste un mur financier qui demande un apport solide et l’accord d’une banque. L’installation est devenue possible sans héritage, mais elle se mérite et se finance.

Évolutions et débouchés

Le diplôme de notaire (et plus largement le droit notarial) n’enferme pas dans le seul notariat. Les débouchés cités par les professionnels et les écoles sont variés :

  • évoluer dans le notariat : de collaborateur à notaire salarié, puis associé ou titulaire d’un office ;
  • la gestion de patrimoine et la banque privée ;
  • l’assurance, la fiscalité, l’immobilier ;
  • les cabinets d’avocats (notamment en droit patrimonial).

L’insertion professionnelle des diplômés du notariat est réputée excellente, ce qui en fait une voie rassurante pour beaucoup d’étudiants en droit.

Les spécialisations du notaire

Pour comprendre le métier, le plus parlant est de voir ce que le notaire fait concrètement, selon les domaines. Voici les grandes familles d’intervention, avec des exemples du quotidien :

  • Immobilier. Lors d’un achat de logement, le notaire vérifie que le vendeur est bien propriétaire, contrôle l’absence d’hypothèque ou de servitude, rédige l’acte de vente, collecte le prix et les taxes, puis publie la vente au service de la publicité foncière. C’est lui qui rend l’acheteur officiellement propriétaire.
  • Famille. Il rédige les contrats de mariage et les PACS, conseille sur le régime matrimonial le plus adapté, et accompagne les divorces (liquidation du régime, sort du logement).
  • Successions et donations. Au décès d’un proche, le notaire établit qui sont les héritiers, évalue le patrimoine, calcule et déclare les droits de succession, puis partage les biens. En amont, il aide à transmettre (donation, testament) en optimisant la fiscalité.
  • Entreprise. Il intervient sur la création de société, la cession de fonds de commerce ou la transmission d’une entreprise familiale.
  • Patrimoine et conseil. Au-delà des actes, le notaire conseille sur la stratégie patrimoniale (protéger son conjoint, anticiper sa succession, investir dans l’immobilier).

Sur ces domaines, le Conseil supérieur du notariat reconnaît des labels de spécialisation officiels, qui permettent à un notaire d’afficher une expertise reconnue : notaire conseil des familles, notaire juriste d’entreprise, notaire conseil en stratégie patrimoniale et familiale, notaire conseil en aménagement et environnement, conseil des espaces ruraux, conseil des personnes publiques, ou encore notaire des clients internationaux.

Les qualités pour devenir notaire

Au-delà de la maîtrise du droit, le métier exige des qualités humaines particulières. D’après l’ONISEP et les professionnels :

  • Une discrétion et un secret professionnel absolus. Le notaire voit passer des dossiers très intimes (montant d’un héritage, mésentente entre frères et sœurs, dettes cachées d’un défunt) et manie des sommes importantes : rien de tout cela ne doit sortir de l’étude.
  • Une honnêteté et un sens des responsabilités sans faille. Sa signature engage l’État : une erreur dans un acte de vente ou un calcul de droits de succession peut coûter cher au client, et le notaire en répond personnellement.
  • Une impartialité totale. Contrairement à l’avocat qui défend une partie, le notaire conseille tout le monde en même temps : l’acheteur et le vendeur, ou tous les héritiers d’une succession. Il doit rester neutre, même quand les intérêts s’opposent.
  • Une excellente culture juridique. Une même journée peut mêler droit de la famille, droit immobilier et fiscalité : il faut être à l’aise sur des matières très différentes et se tenir à jour des réformes.
  • De la pédagogie et de la diplomatie. Expliquer une clause ou un régime matrimonial à des clients stressés, parfois en plein conflit familial ou en deuil, demande autant de tact que de droit.

Avantages et inconvénients du métier de notaire

🌟Les avantages du métier

Une profession stable et prestigieuse, avec une très bonne insertion.
Une grande variété de dossiers (un contrat de mariage le matin, une vente immobilière l’après-midi).
Des revenus élevés une fois installé.
Un rôle utile, au cœur des moments importants de la vie des gens.

⚠️Les points de vigilance

Un parcours long et sélectif (l’accès au master de droit notarial est un vrai goulot d’étranglement).
Une charge de travail souvent lourde : les heures supplémentaires peu ou pas rémunérées reviennent comme le grief numéro un, et l’ambiance dépend beaucoup de l’office.
Un clerc / collaborateur débutant peu payé au regard des études.
Devenir titulaire (s’installer) reste difficile et coûteux : beaucoup restent salariés.

🌟La profession de notaire en chiffres (CSN, 2024)

Plus de 17 300 notaires en France, répartis dans environ 7 000 offices. La profession s’est largement féminisée (près de 58 % de femmes) et l’âge moyen est d’environ 46 ans. Les notaires reçoivent près de 4 millions d’actes authentiques par an.

Questions fréquentes sur le métier de notaire

Combien d’années d’études pour devenir notaire ?

Environ 7 ans après le bac : une licence de droit (3 ans), un master (2 ans), puis le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN), qui dure environ 2 ans en alternance.

Quel master pour devenir notaire ?

Un master en droit, de préférence un master mention droit notarial conventionné par l’INFN : il ouvre l’accès de droit au DESN. Avec un autre master de droit, l’accès au DESN se fait sur sélection (dossier et entretien).

Le BTS Notariat permet-il de devenir notaire ?

Non. Le BTS Notariat mène à un poste d’assistant ou de collaborateur d’office, pas au titre de notaire. Pour devenir notaire, il faut un master de droit puis le DESN.

Combien gagne un notaire débutant ?

Cela dépend du statut. Un clerc débutant gagne environ 2 000 à 2 500 € brut par mois, un notaire salarié diplômé débutant autour de 3 400 € brut. Les revenus d’un notaire installé (libéral) sont nettement plus élevés mais variables selon l’office.

Faut-il être « fils de notaire » pour s’installer ?

De moins en moins. La loi Macron de 2015 a permis la création de nombreux offices et l’arrivée de notaires sans lien familial avec la profession. Racheter un office reste toutefois coûteux, et beaucoup de diplômés exercent d’abord comme notaires salariés.

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Et pour explorer l’ensemble des débouchés, retrouvez notre panorama des métiers du droit, ou notre guide sur les études de droit.

Sources

  • Conseil supérieur du notariat (CSN) : présentation de la profession et chiffres clés du notariat 2024
  • INFN (Institut national des formations notariales) : Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN) et voies d’accès
  • Décret n° 2022-1298 du 7 octobre 2022 et arrêté du 5 juillet 2023 relatifs au DESN (Légifrance)
  • ONISEP : fiches métier « Notaire » et « Collaborateur de notaire »
  • Convention collective nationale du notariat ; témoignages d’étudiants et de professionnels (forums et avis de salariés)
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