Notaire : métier, études et salaire (guide complet 2026)

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Le notaire est un officier public, nommé par l’État, dont le rôle est d’authentifier les actes (ventes immobilières, contrats de mariage, successions, donations…). Pour le devenir, il faut un master en droit (Bac+5), puis le nouveau Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN) : environ 2 ans de formation en alternance comme « notaire stagiaire » dans un office. Côté revenus, tout dépend du statut : un clerc débutant tourne autour de 2 000 à 2 500 € brut par mois, tandis qu’un notaire installé peut gagner bien davantage.
Le notaire fait partie de ces métiers du droit qui rassurent : statut prestigieux, profession installée, débouchés solides. Mais derrière l’image de la robe et des actes signés, à quoi ressemble vraiment le quotidien ? Quel parcours faut-il suivre (et il a beaucoup changé récemment) ? Combien gagne-t-on, et le métier est-il aussi confortable qu’on le dit ? Dans ce guide complet, vous allez découvrir le métier, le parcours exact pour le devenir, les rémunérations réelles et ce qu’en disent les étudiants et les professionnels eux-mêmes.
Cet article est rédigé par Laura Briguet-Lamarre, cofondatrice d’AideauxTD et titulaire d’un Master de l’université Paris II Panthéon-Assas (sciences politiques et sociales), à partir des sources officielles de la profession (Conseil supérieur du notariat, INFN, ONISEP) et de nombreux témoignages d’étudiants et de professionnels du notariat (forums, avis). L’objectif : vous donner une vision à la fois fiable et concrète du métier, au-delà des clichés.
Le notaire est un officier public ministériel : il est nommé par le ministre de la Justice et agit pour le compte de l’État. Sa mission centrale est d’authentifier les actes, c’est-à-dire de leur donner une valeur officielle (date certaine, force probante et force exécutoire) et de les conserver. Quand vous signez chez le notaire, l’acte a la même force qu’un jugement.
Au-delà de la signature, le notaire conseille ses clients à des moments clés de leur vie. Ses grands domaines d’intervention :
On confond souvent les deux. Le notaire est l’officier public : lui seul peut authentifier un acte et engage sa responsabilité. Le clerc (ou collaborateur) est un salarié de l’office qui prépare les dossiers et rédige les projets d’actes sous la responsabilité du notaire. Devenir clerc et devenir notaire ne demandent ni les mêmes études ni le même parcours.
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Attention, point essentiel : le parcours a été réformé. Depuis la rentrée 2023 (décret du 7 octobre 2022), les deux anciennes voies (la « voie universitaire » menant au DSN et la « voie professionnelle » menant au DN) ont été remplacées par un diplôme unique : le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN). Méfiez-vous donc des articles qui parlent encore de « DSN » ou de « DN » : ils ne sont plus à jour.
Voici le parcours en vigueur, étape par étape :
Comptez environ 7 ans après le bac : 3 ans de licence, 2 ans de master, puis 2 ans de formation DESN en alternance. Il existe aussi une voie dérogatoire (l’ECCT, menant au CAFN) réservée aux collaborateurs d’office très expérimentés.
La vraie difficulté n’est pas l’examen final… mais l’accès au master de droit notarial. Ces masters sont très demandés (souvent plusieurs centaines de candidatures pour une vingtaine de places), ce qui crée une vraie angoisse de « n’être pris nulle part ». Notre conseil : candidatez largement (il existe une vingtaine de masters en France) et soignez vos stages en office, qui font souvent la différence sur un dossier. Anticipez aussi l’autre point sensible : trouver l’office qui vous prendra en alternance pendant les 2 ans de DESN.
Le BTS Notariat ne permet PAS de devenir notaire. Il mène à un poste d’assistant ou de collaborateur, ce qui est très différent. Pour porter le titre de notaire, il faut le master de droit puis le DESN (ou la voie dérogatoire pour les collaborateurs expérimentés).
Première chose à comprendre : il n’y a pas « un » salaire de notaire, mais plusieurs réalités très différentes selon le statut. Un clerc ou collaborateur est salarié (grille de la convention collective du notariat). Un notaire salarié est diplômé mais employé d’un office. Un notaire libéral (titulaire ou associé) est, lui, rémunéré par les bénéfices de son office : ses revenus sont bien plus élevés, mais variables et difficiles à chiffrer précisément.
| Profil | Rémunération brute (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Clerc / collaborateur débutant | environ 2 000 € à 2 500 € / mois |
| Notaire salarié débutant (diplômé) | environ 3 400 € / mois |
| Notaire libéral installé (titulaire / associé) | très variable, souvent bien plus élevé, mais avec d’importantes charges |
D’abord, le clerc débutant se sent souvent mal payé au regard de ses années d’études (l’écart entre le brut et le net surprend beaucoup). Ensuite, le vrai grand écart de revenus n’est pas entre le clerc et le notaire salarié, mais entre le notaire salarié et le notaire installé : c’est l’installation qui change tout, financièrement.
C’est le grand sujet de la profession, et le principal regret exprimé par beaucoup de jeunes diplômés : être diplômé ne signifie pas être notaire titulaire. Beaucoup restent notaires salariés de longues années, sans clientèle propre. Pour devenir titulaire, il existe deux voies : racheter un office existant ou être nommé sur un office nouvellement créé.
Combien coûte le rachat d’un office ? C’est la vraie question, et la réponse est : cher. Le prix d’un office se calcule en pourcentage de son chiffre d’affaires annuel (en général entre 60 % et 120 % du CA). Concrètement, comptez d’un peu moins de 500 000 € pour un petit office jusqu’à plusieurs millions d’euros pour une grosse étude. Personne ne paie cette somme comptant : on finance avec un apport personnel (souvent autour de 20 % du prix) et un prêt bancaire, que les revenus de l’office remboursent ensuite sur plusieurs années.
Est-ce possible quand on n’est pas « fils ou fille de notaire » ? Oui, et c’est plus accessible qu’avant. La loi Macron de 2015 a instauré la « libre installation » : dans les zones où il manque des notaires (la « carte » fixée par le ministère de la Justice), la nomination sur un office nouvellement créé est de droit. Pas de rachat de clientèle à financer, donc un coût d’installation très inférieur à celui d’un rachat. Cette réforme a fait entrer des milliers de nouveaux notaires sans aucun lien familial avec la profession : le cliché du notariat réservé aux héritiers est en grande partie dépassé.
Dans les zones ouvertes, quand il y a plus de candidats que de places, la nomination se fait par tirage au sort, ce qui est vécu comme une vraie loterie. Et hors de ces zones, racheter un office reste un mur financier qui demande un apport solide et l’accord d’une banque. L’installation est devenue possible sans héritage, mais elle se mérite et se finance.
Le diplôme de notaire (et plus largement le droit notarial) n’enferme pas dans le seul notariat. Les débouchés cités par les professionnels et les écoles sont variés :
L’insertion professionnelle des diplômés du notariat est réputée excellente, ce qui en fait une voie rassurante pour beaucoup d’étudiants en droit.
Pour comprendre le métier, le plus parlant est de voir ce que le notaire fait concrètement, selon les domaines. Voici les grandes familles d’intervention, avec des exemples du quotidien :
Sur ces domaines, le Conseil supérieur du notariat reconnaît des labels de spécialisation officiels, qui permettent à un notaire d’afficher une expertise reconnue : notaire conseil des familles, notaire juriste d’entreprise, notaire conseil en stratégie patrimoniale et familiale, notaire conseil en aménagement et environnement, conseil des espaces ruraux, conseil des personnes publiques, ou encore notaire des clients internationaux.
Au-delà de la maîtrise du droit, le métier exige des qualités humaines particulières. D’après l’ONISEP et les professionnels :
Une profession stable et prestigieuse, avec une très bonne insertion.
Une grande variété de dossiers (un contrat de mariage le matin, une vente immobilière l’après-midi).
Des revenus élevés une fois installé.
Un rôle utile, au cœur des moments importants de la vie des gens.
Un parcours long et sélectif (l’accès au master de droit notarial est un vrai goulot d’étranglement).
Une charge de travail souvent lourde : les heures supplémentaires peu ou pas rémunérées reviennent comme le grief numéro un, et l’ambiance dépend beaucoup de l’office.
Un clerc / collaborateur débutant peu payé au regard des études.
Devenir titulaire (s’installer) reste difficile et coûteux : beaucoup restent salariés.
Plus de 17 300 notaires en France, répartis dans environ 7 000 offices. La profession s’est largement féminisée (près de 58 % de femmes) et l’âge moyen est d’environ 46 ans. Les notaires reçoivent près de 4 millions d’actes authentiques par an.
Environ 7 ans après le bac : une licence de droit (3 ans), un master (2 ans), puis le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN), qui dure environ 2 ans en alternance.
Un master en droit, de préférence un master mention droit notarial conventionné par l’INFN : il ouvre l’accès de droit au DESN. Avec un autre master de droit, l’accès au DESN se fait sur sélection (dossier et entretien).
Non. Le BTS Notariat mène à un poste d’assistant ou de collaborateur d’office, pas au titre de notaire. Pour devenir notaire, il faut un master de droit puis le DESN.
Cela dépend du statut. Un clerc débutant gagne environ 2 000 à 2 500 € brut par mois, un notaire salarié diplômé débutant autour de 3 400 € brut. Les revenus d’un notaire installé (libéral) sont nettement plus élevés mais variables selon l’office.
De moins en moins. La loi Macron de 2015 a permis la création de nombreux offices et l’arrivée de notaires sans lien familial avec la profession. Racheter un office reste toutefois coûteux, et beaucoup de diplômés exercent d’abord comme notaires salariés.
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Et pour explorer l’ensemble des débouchés, retrouvez notre panorama des métiers du droit, ou notre guide sur les études de droit.
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