Cours de droit constitutionnel (Introduction)

Envie d’aller plus loin ? Rejoindre l’Académie
Dans cet article, nous allons nous intéresser à une des matières les plus importantes de la première année de droit : le droit constitutionnel ! Il s’agit d’une matière particulièrement dense puisque le cours de droit constitutionnel se déroule à la fois sur le premier semestre et sur le deuxième semestre de la première année de droit.
Le problème le plus fréquent en première année de droit consiste à prendre du retard dans l’apprentissage du droit constitutionnel. Le risque est de traîner ce retard comme un boulet à la cheville jusqu’à la fin de l’année (et de passer par la case rattrapages!).
Le meilleur moyen pour éviter de se retrouver dans cette situation ? Vous devez comprendre dès maintenant (y compris si vous êtes déjà au deuxième semestre) quels sont les grands principes fondamentaux qui structurent la matière de droit constitutionnel et surtout, ce que les correcteurs attendent de vous en partiel.
Vous êtes chanceux, puisque c’est que l’on va voir maintenant 😊
C’est parti !
Commençons par le commencement : pour comprendre la matière de droit constitutionnel, vous devez connaître sa définition !
Le Droit constitutionnel est l’ensemble des règles juridiques ayant pour objet la création, l’organisation et l’exercice du pouvoir politique.
La Politique peut être définie, selon Aristote, comme « l’art de gouverner la Cité ».
Le droit constitutionnel a trois objets principaux :
Le droit constitutionnel institutionnel correspond à l’étude de l’évolution du pouvoir : sa création, son exercice et sa transmission.
Par exemple, l’étude de la notion de souveraineté, au premier semestre, permet de comprendre d’où provient le pouvoir étatique.
Le droit constitutionnel des libertés est plus récent. Il consiste à étudier les droits et les libertés fondamentales des individus, ayant une valeur constitutionnelle, dans leurs rapports avec la puissance publique.
Par exemple, l’étude de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet de comprendre comment les justiciables peuvent, au cours d’un procès, soulever la non-conformité d’une loi, déjà en vigueur, aux « droits et libertés que la Constitution garantit ».
Le droit constitutionnel normatif correspond à l’étude de la création d’une norme juridique – par exemple, la loi – et de son régime juridique.
Par exemple, le thème de la procédure législative (procédure détaillée aux articles 39 à 48 de la Constitution de 1958) est étudié généralement au cours du deuxième semestre.
Le droit constitutionnel est une branche du droit public.
Au sein du droit public, on trouve plusieurs sous-branches, comme le droit administratif, le droit international et… le droit constitutionnel !
En réalité, cette division n’est pas totalement hermétique puisqu’il existe des interdépendances entre ces différentes sous-branches. Par exemple, certaines règles de droit administratif peuvent concerner le droit constitutionnel et des règles de droit constitutionnel peuvent concerner le droit international, etc…

Voyons maintenant quel est le contenu du cours de droit constitutionnel de la première année de droit.
Guide gratuit : 10 conseils pour augmenter vos notes en droit →
Nous allons parcourir les grands thèmes qui composent le cours de droit constitutionnel.
Pour information, le plan que nous allons décortiquer ci-dessous correspond au plan des Fiches de droit constitutionnel du premier semestre de la première année de droit (Principes fondamentaux) disponibles sur ce site. Dans toutes les universités le plan de cours est similaire, car ces grands thèmes doivent obligatoirement être étudiés pour comprendre le droit constitutionnel.
Au premier semestre, vous allez étudier les grandes notions du doit constitutionnel, ce qu’on appelle généralement « les principes fondamentaux ». Ces principes sont les bases du droit constitutionnel qui vous permettront de comprendre le cours du deuxième semestre.
Au deuxième semestre de la première année de droit, vous aurez un autre cours de droit constitutionnel qui portera sur l’étude des institutions de la cinquième République. Et, surprise, pour ceux qui vivent dans une grotte, il s’agit du système constitutionnel actuellement en vigueur dans notre pays !
S’interroger sur le cadre du pouvoir politique revient à s’intéresser à l’État.
Qui exerce le pouvoir politique ? Quelle entité va concrètement exercer ce pouvoir politique ?
On peut distinguer classiquement deux sous-parties de cours : les composantes de l’État et les formes de l’État (l’État unitaire, l’État fédéral et la confédération).
Dans un premier temps, il faut savoir définir ce qu’est l’Etat à partir de ses composantes, qui sont au nombre de trois :
On distingue deux formes principales d’État : l’État unitaire et l’État fédéral.
L’Etat unitaire se caractérise par l’unité du pouvoir politique. Un seul centre de décisions politiques s’exerce sur l’ensemble du territoire et dispose de la totalité des compétences étatiques.
Par exemple, la France est un État unitaire.
Un État unitaire peut être organisé de différentes manières : l’État peut être « centralisé », « décentralisé » et/ou « déconcentré ». Ces modes d’organisation de l’État peuvent se cumuler en pratique.
Vous devez donc impérativement connaître les trois notions suivantes sur le thème de l’État unitaire :
Les préfets.
Idée de phrase d’accroche sur le thème de la déconcentration
« C’est toujours le même marteau qui frappe ; seulement on a raccourci le manche »
Odilon Barrot (juriste et homme politique français, 1791-1873)
L’Etat fédéral est un État composé dont la structure juridique est fondée sur une association d’États superposés, formant un État à double étage (au premier étage se trouvant les États fédérés et au deuxième étage, l’État fédéral). Un État fédéral (ou fédération) se superpose à des États fédérés.
États-Unis (États),
Allemagne (Länder),
Canada (Provinces),
Suisse (Cantons)…
Vous devez vous poser deux questions :
La réponse à ces deux questions implique de s’intéresser aux différentes théories sur la souveraineté (1) et aux conséquences de chacune de ces théories sur le type de régime politique mis en œuvre (2). Ce point fait généralement l’objet de deux chapitres différents.
La souveraineté, c’est la détention par l’autorité suprême, d’un pouvoir :
La légitimité d’un État découle de sa souveraineté.
On distingue :
On distingue la théorie de la souveraineté populaire et de la souveraineté nationale.
Pour simplifier, vous devez retenir que la souveraineté populaire est la souveraineté détenue par le peuple alors que la souveraineté nationale est la souveraineté détenue par la Nation.
Ces théories de la souveraineté ont des conséquences puisqu’elles vont avoir un impact direct sur le type de régime politique qui va être mis en place :
D’abord, il faut savoir définir la Constitution et connaître ses différents types (formelles, matérielles, coutumières…).
La constitution est la norme suprême dans l’ordre juridique étatique qui rassemble les règles, écrites ou non, définissant la forme de l’État, la nature des rapports entre gouvernants et gouvernés, les modalités d’acquisition et d’exercice du pouvoir politique.
La constitution peut être mise en place :
Ensuite, vous devez connaître les grands principes relatifs à la révision de la Constitution et comprendre comment modifier concrètement une Constitution.
Pour assurer la longévité de la Constitution, une procédure de révision de la Constitution doit être prévue. Son objectif est de permettre à la Constitution de s’adapter aux évolutions de la société. L’intérêt est simple : plutôt que de changer de Constitution, il convient de l’adapter !
Le thème du contrôle de constitutionnalité est un morceau extrêmement important du programme (ce thème est par ailleurs étudié dans le cours d’Introduction au droit).
Le contrôle de constitutionnalité est un mécanisme de garantie mis en place afin d’assurer le respect de la suprématie de la Constitution.
L’objectif est de faire constater par un organisme l’absence de valeur juridique d’un acte juridique (par exemple, une loi) pris en violation de la Constitution.
On distingue :
L’étude de ce thème implique de répondre aux questions suivantes :
La notion de démocratie revêt plusieurs sens.
Dans un premier sens, la démocratie renvoie à un système politique dans lequel le peuple est le titulaire du pouvoir, c’est-à-dire de la souveraineté, permettant ainsi la concrétisation des principes de liberté et d’égalité des citoyens (V. Const. 1958, art. 2).
Dans un second sens, la démocratie implique la mise en place d’une forme de société qui, au-delà d’associer les citoyens au pouvoir, garantit également leurs droits et libertés et notamment ceux de la minorité.
Cette notion aura normalement déjà été abordée dans le thème de l’origine du pouvoir avec la théorie de la souveraineté.
Vous allez également aborder les notions de suffrages ainsi que les différents modes de scrutins.
On distingue deux types de séparation des pouvoirs :
S’agissant de la séparation horizontale des pouvoirs, Montesquieu procède en deux étapes :
Cette séparation n’est pas obligatoirement totale. Montesquieu nous dit que ces pouvoirs doivent « aller de concert ». C’est notamment pour cette raison que sont prévus, dans certains cas, des moyens de pression réciproques entre les différents pouvoirs.
La classification des régimes politiques est l’application concrète de la théorie de la séparation des pouvoirs.
Le régime présidentiel (ou séparation stricte des pouvoirs) est un régime dans lequel l’organisation et les relations entre les pouvoirs reposent sur une séparation des pouvoirs qualifiée de « stricte ». Le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif bénéficient chacun, de manière séparée, de leur propre légitimité, sont indépendants l’un de l’autre, ne peuvent se renverser et ont peu de moyens d’action réciproques.
Le régime présidentiel américain.
Le régime parlementaire (ou séparation souple des pouvoirs) est un régime dans lequel l’organisation et les relations entre les pouvoirs reposent sur une séparation des pouvoirs qualifiée de « souple », car ils entretiennent entre eux des relations étroites de collaboration contrairement au régime présidentiel. Ainsi, les différents organes vont avoir des moyens d’intervention réciproques. On peut citer par exemple le droit de dissolution, où le chef du pouvoir exécutif va pouvoir dissoudre le Parlement.
La monarchie parlementaire britannique.
Cette partie devrait plaire à ceux qui aiment l’Histoire !
On vous demande tout simplement de connaître tous les régimes constitutionnels qui se sont succédés de la Révolution à la quatrième République :
On va s’intéresser aux caractéristiques des différents régimes.
À ce stade, vous comprendrez l’importance de bien comprendre la théorie de la séparation des pouvoirs vue précédemment (en tout état de cause, vous reverrez cette théorie tout le long du second semestre avec l’étude des institutions de la Vème République).
Vous êtes désormais incollable sur les principes fondamentaux du cours de droit constitutionnel du premier semestre de la première année de droit ! Voyons trois astuces pour obtenir de bonnes notes en droit constitutionnel.
En étudiant le cours de droit constitutionnel, vous allez devoir mémoriser un certain nombre d’informations. Or, la première étape de la mémorisation est la COMPRÉHENSION.
Dans la compréhension, vous avez deux stades :
Prenons un exemple pour mieux comprendre.
Tout le monde sait que fumer tue. Mais combien de personnes savent en réalité ce qui se passe à l’intérieur du corps lorsqu’on absorbe de la fumée de cigarette (les réactions chimiques, les organes touchés, la façon dont les organes sont touchés, etc.) ?
Être à ce deuxième stade va vous permettre de véritablement retenir l’information.
C’est la même chose pour votre cours. Il faut se demander POURQUOI ?
Pourquoi est-ce qu’on vous fait apprendre la théorie de la séparation des pouvoirs? En l’occurrence, c’est pour éviter de concentrer tous les pouvoirs dans une seule main et de menacer les libertés des individus.
Utiliser la méthode des « pourquoi » vous permettra de mieux comprendre la logique du cours, de mieux mémoriser sur le long terme et d’obtenir de bonnes notes.
La Mindmap (ou carte mentale) est un outil extrêmement puissant pour comprendre et mémoriser votre cours. Elle va vous permettre d‘établir des liens logiques entre les différentes parties du cours en vous donnant une vision globale de la structure du cours sous la forme d’une photographie.
Quand vous allez réviser en vue d’un partiel, vous n’aurez plus qu’à « ranger » les informations que vous allez apprendre dans ce plan « visuel ».
En droit constitutionnel, vous avez de grandes chances d’être interrogé sur la dissertation, parfois sur le commentaire de texte et assez rarement sur un cas pratique.
Partons du principe (sauf indication contraire de votre professeur de cours magistral) que vous allez être interrogé sur une dissertation.
À chaque fois que vous allez apprendre un thème, posez-vous la question des impératifs contradictoires, qui est l’une des étapes de la dissertation juridique. Ainsi, vous allez devoir identifier sur chaque thème des intérêts opposés.
Par exemple, si vous étudiez le thème de la démocratie représentative, deux intérêts contradictoires s’opposent. D’une part, la démocratie implique la mise en place d’une forme de gouvernement par le peuple et pour le peuple, mais d’autre part, la démocratie représentative traverse à l’heure actuelle une véritable crise (manifestée récemment par le mouvement des gilets jaunes).
Lire aussi – Exemple de dissertation en Droit constitutionnel
Pour celles et ceux qui sont encore présents, sachez que j’ai sorti un cours complet en vidéo en droit constitutionnel qui reprend l’intégralité de la matière, et qui est classé par grands thèmes et par chapitres (20 modules vidéos).
J’espère que cette synthèse de cours de droit constitutionnel vous aura été utile. Il ne vous reste plus qu’à appliquer ces conseils et à vous mettre au travail ! 😊
Rédigé par
Accédez à +500h de cours vidéo, fiches de révision, QCM et flashcards pour réussir votre licence de droit.
✓ Accès immédiat
✓ Sans engagement
✓ Résiliable en 1 clic
📖 À lire aussi

La décision dite « IVG » est une décision rendue par le Conseil constitutionnel le 15 janvier 1975…

Le parlementarisme rationalisé fait référence à un ensemble de mécanismes constitutionnels, au sein d’un régime de type parlementaire,…

Vous trouverez dans cet article un exemple de dissertation juridique en droit constitutionnel intégralement rédigée. Il s’agit d’une…
💬
Laisser un commentaire