Vous cherchez un cours de droit des sociétés clair et synthétique ? Cet article vous présente l’essentiel de la matière : définition de la société, programme détaillé du cours, conseils de révision et fiches pour réussir votre examen.
Le droit des sociétés est enseigné en L3 Droit (parfois en L2 ou M1). C’est une matière qui mêle droit civil (contrat de société) et droit commercial (sociétés commerciales). Elle repose sur la maîtrise du Code civil (art. 1832 et suivants) et du Code de commerce.
I. Qu’est-ce que le droit des sociétés ?
A. Définition
Le droit des sociétés est la branche du droit privé qui régit la création, le fonctionnement, la transformation et la dissolution des sociétés. Il détermine les règles applicables aux relations entre associés, entre associés et dirigeants, et entre la société et les tiers.
La société est définie par l’article 1832 du Code civil : « La société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par un contrat d’affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter. » Depuis la loi du 11 juillet 1985, la société peut aussi être constituée par une seule personne (société unipersonnelle : EURL, SASU).
B. Les éléments constitutifs du contrat de société
La constitution d’une société exige la réunion de quatre éléments :
Les apports (art. 1843-3 C. civ.) : chaque associé doit effectuer un apport. Il peut s’agir d’un apport en numéraire (somme d’argent), d’un apport en nature (bien meuble ou immeuble) ou d’un apport en industrie (travail, savoir-faire). Les apports en numéraire et en nature forment le capital social.
La participation aux résultats : les associés partagent les bénéfices et contribuent aux pertes. L’article 1844-1 du Code civil interdit les clauses léonines, c’est-à-dire les clauses qui attribuent tous les bénéfices à un seul associé ou qui exonèrent un associé de toute contribution aux pertes.
L’affectio societatis : c’est la volonté de collaborer sur un pied d’égalité à la réalisation d’un projet commun. Cette notion, d’origine jurisprudentielle, distingue la société d’un simple contrat de prêt ou de travail.
La pluralité d’associés : en principe, la société suppose au moins deux associés. Mais la loi admet des sociétés unipersonnelles (EURL, SASU). La SAS peut aussi être unipersonnelle.
C. Les classifications des sociétés
Les sociétés se classent selon plusieurs critères :
Sociétés civiles / sociétés commerciales : les sociétés civiles ont un objet civil (SCI, société civile professionnelle). Les sociétés commerciales le sont par la forme (SA, SAS, SARL, SNC) ou par l’objet.
Sociétés de personnes / sociétés de capitaux : dans les sociétés de personnes (SNC), la personnalité des associés est déterminante (intuitu personae), les parts ne sont pas librement cessibles et les associés sont indéfiniment et solidairement responsables des dettes. Dans les sociétés de capitaux (SA, SAS), c’est l’apport qui compte, les actions sont librement cessibles et la responsabilité est limitée aux apports.
La SARL : forme hybride, à mi-chemin entre société de personnes et société de capitaux. Les parts ne sont pas librement cessibles (agrément), mais la responsabilité est limitée aux apports.
Le cours de droit des sociétés s’organise en 5 grands thèmes, de la création à la dissolution de la société. Voici le programme détaillé avec les notions clés de chaque thème.
A. Introduction au droit des sociétés (Thème 1)
Ce premier thème présente la notion de société (art. 1832 C. civ.), les sources du droit des sociétés (Code civil, Code de commerce, lois spéciales comme la loi du 24 juillet 1966 codifiée, ordonnances de 2023 sur la dématérialisation) et les classifications : sociétés civiles et commerciales, sociétés de personnes et de capitaux, sociétés à risque limité et illimité.
B. La constitution de la société (Thème 2)
C’est le thème le plus dense. Vous étudiez les conditions de fond du contrat de société :
Conditions de droit commun : consentement (exempt de vices), capacité (le mineur non émancipé ne peut être commerçant, mais peut être associé d’une SARL ou d’une SAS) et objet social (licite et déterminé).
Conditions propres : les apports (en numéraire, en nature, en industrie), l’affectio societatis, la participation aux résultats et la prohibition des clauses léonines.
Formalités de constitution : rédaction des statuts, immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS), publication d’un avis de constitution dans un journal d’annonces légales (JAL), dépôt au greffe.
Personnalité morale : la société acquiert la personnalité morale à compter de son immatriculation (art. 1842 C. civ.). Avant l’immatriculation, la société est « en formation » : les fondateurs agissent en leur nom personnel et la société peut reprendre leurs actes après immatriculation (art. L. 210-6 C. com.).
Nullité : les causes de nullité sont limitativement énumérées (art. 1844-10 C. civ.). La nullité d’une société ne produit ses effets que pour l’avenir (pas de rétroactivité), et toute personne intéressée peut agir en régularisation.
C. Les acteurs de la société (Thème 3)
Ce thème traite du statut des associés et des dirigeants :
La qualité d’associé : elle confère des droits politiques (droit de vote, droit à l’information, droit de participer aux décisions collectives) et des droits financiers (droit aux dividendes, droit au boni de liquidation).
Les droits patrimoniaux : les parts sociales ou actions sont des biens qui entrent dans le patrimoine de l’associé. Leur cession obéit à des règles différentes selon la forme sociale : libre pour les actions (SA, SAS), soumise à agrément pour les parts de SARL (art. L. 223-14 C. com.) et de SNC.
Les obligations des associés : obligation de libérer les apports, contribution aux pertes (art. 1832 C. civ.), loyauté. L’abus de majorité (décision contraire à l’intérêt social et prise dans le seul dessein de favoriser les majoritaires : Cass. com., 18 avril 1961, « Schumann-Piquard ») et l’abus de minorité (attitude contraire à l’intérêt social en bloquant une décision essentielle : Cass. com., 9 mars 1993, « Six ») sont des notions clés.
Le dirigeant : il est nommé par les associés (ou dans les statuts). Il engage la société à l’égard des tiers, même par les actes dépassant l’objet social (dans les sociétés commerciales). Sa responsabilité peut être civile (faute de gestion, violation des statuts ou de la loi) ou pénale (abus de biens sociaux, présentation de comptes infidèles).
Le commissaire aux comptes (CAC) : obligatoire pour les SA, il contrôle les comptes et certifie leur régularité. Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, les seuils de nomination ont été relevés pour les autres formes sociales.
D. La modification de la société (Thème 4)
La vie de la société peut nécessiter des modifications structurelles :
Variations du capital social : augmentation de capital (par apports nouveaux, incorporation de réserves, conversion de créances) ou réduction de capital (pour cause de pertes, ou « coup d’accordéon »). Les associés bénéficient d’un droit préférentiel de souscription (DPS) lors des augmentations de capital.
Transformation : changement de forme sociale (par exemple, SARL en SAS). La transformation ne crée pas une personne morale nouvelle, sauf si la société passe d’une forme civile à une forme commerciale (ou inversement). Elle nécessite une décision unanime (SNC) ou à la majorité qualifiée selon la forme.
Fusions et scissions : la fusion est l’opération par laquelle une ou plusieurs sociétés transmettent leur patrimoine à une société existante (fusion-absorption) ou nouvelle (fusion par création). La scission est l’opération inverse. Ces opérations obéissent au principe de transmission universelle du patrimoine (TUP).
Groupes de sociétés : société mère et filiales (détention de plus de 50 % du capital), participations, holdings. La notion de groupe n’a pas de personnalité morale propre, mais elle produit des effets juridiques (intégration fiscale, co-emploi, responsabilité).
E. La dissolution de la société (Thème 5)
La société prend fin pour plusieurs causes :
Causes communes (art. 1844-7 C. civ.) : expiration de la durée (99 ans maximum), réalisation ou extinction de l’objet, dissolution anticipée décidée par les associés, dissolution judiciaire pour justes motifs (mésentente paralysant le fonctionnement), réunion de toutes les parts en une seule main (sauf EURL/SASU, la dissolution intervient au bout d’un an si la situation n’est pas régularisée).
Causes propres aux sociétés commerciales : capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social (art. L. 225-248 C. com. pour la SA). Les associés doivent décider de la dissolution ou de la reconstitution des capitaux propres dans un délai de deux ans.
Effets de la dissolution : la société dissoute entre en liquidation. Elle conserve sa personnalité morale pour les besoins de la liquidation (art. 1844-8 C. civ.). Un liquidateur est nommé, il réalise l’actif, paie les créanciers et répartit le solde (boni de liquidation) entre les associés. La clôture de la liquidation entraîne la radiation du RCS et la perte définitive de la personnalité morale.
III. Conseils pour réussir son examen de droit des sociétés
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Le droit des sociétés repose sur une combinaison de textes (Code civil, Code de commerce) et de jurisprudence abondante (chambre commerciale de la Cour de cassation). Apprenez les articles clés (art. 1832 à 1844-17 C. civ., art. L. 210-1 et suivants C. com.) et les arrêts de principe (Schumann-Piquard, Six, Costedoat pour le préposé-dirigeant).
B. Distinguez les formes sociales
Chaque forme sociale (SNC, SARL, SA, SAS) a ses propres règles de fonctionnement. Faites des tableaux comparatifs : nombre d’associés, capital minimum, organes de direction, régime de cession des titres, responsabilité des associés. Ces distinctions tombent très souvent en cas pratique.
C. Utilisez des fiches de révision
Le droit des sociétés mêle des notions de droit civil, de droit commercial et de droit pénal des affaires. Des fiches bien structurées vous aideront à organiser ces connaissances transversales.
Extrait d’une fiche de révision de droit des sociétés (AideauxTD)
Nos fiches de révision de droit des sociétés couvrent l’intégralité du programme en 25 fiches synthétiques. Chaque fiche reprend les articles du Code civil et du Code de commerce, les arrêts de principe et les règles propres à chaque forme sociale.
Qu’est-ce que le droit des sociétés ?
Le droit des sociétés est la branche du droit privé qui régit la création, le fonctionnement, la modification et la dissolution des sociétés. Il repose sur le Code civil (art. 1832 et s.) et le Code de commerce. Il encadre les relations entre associés, dirigeants et tiers.
Quels sont les éléments constitutifs d’une société ?
Une société repose sur quatre éléments : les apports (en numéraire, en nature ou en industrie), la participation aux résultats (partage des bénéfices et contribution aux pertes), l’affectio societatis (volonté de collaborer ensemble) et, en principe, la pluralité d’associés (sauf EURL et SASU).
Quelle est la différence entre une société de personnes et une société de capitaux ?
Dans une société de personnes (SNC), la personnalité des associés est déterminante, les parts ne sont pas librement cessibles et les associés sont indéfiniment et solidairement responsables des dettes sociales. Dans une société de capitaux (SA, SAS), ce sont les apports qui comptent, les actions sont librement cessibles et la responsabilité est limitée aux apports.
Quand une société acquiert-elle la personnalité morale ?
La société acquiert la personnalité morale à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS), conformément à l’article 1842 du Code civil. Avant l’immatriculation, la société est « en formation » et les fondateurs agissent en leur nom personnel.
En quelle année étudie-t-on le droit des sociétés ?
Le droit des sociétés (ou droit commun des sociétés) est généralement enseigné en L3 (troisième année de licence de droit), parfois en L2 ou en M1. C’est une matière incontournable pour les étudiants qui se destinent au droit des affaires, au droit fiscal ou au notariat.
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Raphaël BRIGUET-LAMARRE
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