Salaire d’un huissier de justice : combien gagne un commissaire de justice ?


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Le salaire d’un huissier de justice dépend d’abord de son statut. Titulaire de son étude, il gagne en moyenne 12 000 euros par mois (144 000 euros de résultat par an en 2024, selon l’Autorité de la concurrence). Mais ce n’est pas un salaire : c’est le bénéfice de l’étude, avant impôt (il en reste un peu moins de 7 800 euros par mois une fois l’impôt sur le revenu payé, pour une personne seule), et beaucoup remboursent l’emprunt qui leur a servi à l’acheter. Un huissier salarié, lui, touche au moins 3 134 euros nets par mois, et un clerc entre 1 526 et 2 706 euros nets au minimum, selon la convention collective de 2026.
Trois salaires très différents pour un même mot, « huissier »… qui n’existe d’ailleurs plus officiellement : depuis 2022, on dit commissaire de justice. Titulaire, salarié, clerc, débutant : on vous explique qui gagne quoi, d’où vient l’argent d’une étude, et comment on devient huissier aujourd’hui.
C’est le même métier. Le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires ont fusionné en une seule profession : commissaire de justice (ordonnance du 2 juin 2016). Les anciens huissiers devaient suivre une formation complémentaire pour devenir commissaires de justice ; sans elle, ils ne pouvaient plus exercer après le 1er juillet 2026. Dans la vie courante, tout le monde dit encore « huissier » : dans cet article, on utilise les deux mots. Les salaires sont donnés en net (avant impôt à la source), sauf pour les titulaires, dont le revenu est un résultat avant impôt.


Quand on demande « combien gagne un huissier ? », la réponse dépend de la place qu’on occupe dans l’étude :
| Statut | Qui est-ce ? | Revenu par mois |
|---|---|---|
| Titulaire (ou associé) de l’office | Le commissaire de justice libéral, qui possède l’étude ou des parts | ≈ 12 000 € de résultat moyen, avant impôt |
| Commissaire de justice salarié | Diplômé, il exerce dans l’étude d’un autre | 3 134 € net minimum |
| Clerc | Le collaborateur qui prépare les actes, signifie, gère les dossiers | de 1 526 à 2 706 € net minimum |
| Commissaire de justice stagiaire | En formation à l’INCJ, payé par l’étude qui l’accueille | 1 584 € net minimum |
Sur les 3 739 commissaires de justice en exercice au 1er janvier 2026, 9 sur 10 sont libéraux : 2 928 associés et 420 qui exercent seuls. Seuls 391 sont salariés (ministère de la Justice). La profession s’est aussi féminisée : les femmes représentent 44 % des libéraux et 71 % des salariés (Autorité de la concurrence), pour un âge moyen de 47,6 ans.
Pour entendre une commissaire de justice parler de son quotidien et de sa rémunération, la vidéo de HelloWork :
Selon l’Autorité de la concurrence (avis du 26 décembre 2025, données de la Chambre nationale des commissaires de justice), un commissaire de justice libéral a dégagé en moyenne :
Trois précautions avant de rêver. D’abord, c’est une moyenne : une grosse étude parisienne n’a rien à voir avec une petite étude rurale, et l’Autorité ne publie pas de revenu médian. Ensuite, c’est un résultat avant impôt sur le revenu (on y revient juste en dessous). Enfin, pour devenir titulaire, il faut le plus souvent racheter un office ou des parts d’une société, généralement à crédit : la Chambre nationale rappelle que le revenu du titulaire dépend de la taille de l’étude, de sa situation, du type d’actes… et de « l’éventuel emprunt lié à l’achat de parts » (CNCJ).
Combien reste-t-il une fois l’impôt payé ? Pour un libéral imposé dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, la plupart des cotisations sociales (Urssaf, retraite) sont en principe déjà déduites du résultat. Restent l’impôt sur le revenu et la part de CSG et de CRDS qui n’est pas déductible. Pour une personne seule sans autre revenu, le simulateur de l’Urssaf estime l’impôt à environ 45 000 euros sur 144 000, soit près d’un tiers, et la CSG et la CRDS restantes à environ 5 700 euros. Il reste alors autour de 93 000 euros par an, un peu moins de 7 800 euros par mois. Avec un conjoint ou des enfants, l’impôt baisse.
Vous avez peut-être lu ailleurs qu’un huissier gagne « 7 500 euros nets en moyenne ». Ce chiffre circule sur les sites d’emploi et d’orientation, présenté comme venant du ministère de la Justice, mais sans aucune référence : on ne le retrouve dans aucun document officiel. Le chiffre public le plus récent est celui de l’Autorité de la concurrence, ci-dessus.
La bonne nouvelle, c’est que la profession va mieux. « Après des années très difficiles, la profession commence à redresser la tête », résumait son président, Benoît Santoire, fin 2024 (La Gazette). Et l’État continue de créer des places : la première carte d’installation issue de la loi Macron prévoyait 202 nouveaux huissiers pour 2018 et 2019, et l’Autorité de la concurrence recommande 41 nouvelles installations d’ici 2031.
Les salariés des études (clercs, commissaires de justice salariés, secrétaires) relèvent de la convention collective des commissaires de justice et des sociétés de ventes volontaires, qui a remplacé en 2023 celle des huissiers de justice. Sa nouvelle grille s’applique depuis le 1er avril 2026 (avenant n° 12 du 16 mars 2026, rendu obligatoire dans toutes les études par l’arrêté du 18 mai 2026). Les minimums par mois, pour 35 heures par semaine :
| Poste | Coefficient | Brut minimum | Net minimum (≈) |
|---|---|---|---|
| Clerc significateur | 221 | 1 955,51 € | 1 526 € |
| Commissaire de justice stagiaire (en formation) | 230 | 2 029,22 € | 1 584 € |
| Clerc assistant | 250 | 2 193,02 € | 1 714 € |
| Clerc gestionnaire, clerc habilité aux constats | 296 | 2 569,76 € | 2 012 € |
| Commissaire de justice assistant | 315 | 2 725,37 € | 2 135 € |
| Clerc principal | 403 | 3 446,09 € | 2 706 € |
| Commissaire de justice salarié | 470 | 3 994,82 € | 3 134 € |
| Directeur général d’étude | 542 | 4 584,50 € | 3 601 € |
Ce sont des planchers : l’étude peut payer plus, et beaucoup le font pour garder leurs clercs expérimentés. S’y ajoutent, selon les études, des primes qui leur sont propres. Un dernier avenant, applicable depuis juillet 2026, relève aussi le minimum du clerc assistant titulaire d’un certificat de qualification professionnelle (CQP), un poste créé fin 2024.
Au début, on ne gagne pas 12 000 euros. Le parcours type ressemble plutôt à ça :
Et dans la vraie vie ? Sur le Village de la Justice, une étude de Lessay, dans la Manche, propose ainsi 2 000 euros par mois à un clerc débutant (moins d’un an d’expérience), « selon la convention collective » : un peu au-dessus du minimum d’un clerc significateur.
Christelle Maréchal, commissaire de justice, démonte les clichés sur son métier : les expulsions, les saisies, la relation avec les débiteurs… et tout le reste, qu’on ne voit jamais.
Un jugement ne s’applique pas tout seul. Le juge peut condamner votre locataire à payer six mois de loyers : si le locataire ne paie pas, la décision reste un bout de papier. C’est là qu’intervient l’huissier : le juge tranche, l’huissier fait appliquer. On le présente souvent comme le « bras armé » de la justice, et ce n’est pas qu’une image : quand on lui résiste, il peut demander l’aide de la police, et l’État est obligé de la lui prêter (article L. 153-1 du code des procédures civiles d’exécution).
Juridiquement, le commissaire de justice est un officier public et ministériel : il est nommé par le garde des Sceaux et exerce une parcelle de l’autorité de l’État, mais il travaille à son compte, dans son étude. C’est ce double statut qui explique son revenu : l’État lui réserve certaines missions (le monopole) et en fixe le prix, et il peut développer à côté une activité libre. Ses missions sont listées à l’article 1er de l’ordonnance du 2 juin 2016.
Les constats sont la mission la plus connue du grand public : un voisin qui fait du bruit, un dégât des eaux, un chantier qui déborde, un message diffamatoire publié sur un réseau social, un salarié qui veut prouver ses conditions de travail. L’huissier décrit ce qu’il voit, sans donner son avis. Et son constat a du poids : il fait foi jusqu’à preuve contraire devant le juge civil (en matière pénale, il ne vaut que comme simple renseignement).
Il peut aussi recouvrer les factures impayées à l’amiable, garder une somme ou un bien en attendant qu’un litige soit réglé (séquestre), éclairer le juge comme technicien sur une question de fait, ou être nommé liquidateur dans certaines liquidations judiciaires de petites entreprises.
Par exemple : lundi, signifier une assignation à un commerçant avant l’ouverture de sa boutique. Mardi matin, assister à l’audience du tribunal ; l’après-midi, faire l’état des lieux d’un appartement dont le propriétaire et la locataire ne s’entendent pas. Mercredi, constater sur internet les avis injurieux publiés contre une entreprise. Jeudi, saisir la voiture d’un débiteur qui ne paie plus depuis deux ans. Vendredi, une expulsion, avec le serrurier et la police : la mission la plus dure du métier, et la moins fréquente. Entre deux rendez-vous, le reste du temps se passe au bureau, à rédiger les actes.
Un commissaire de justice a deux sortes de revenus. Les actes de son monopole sont payés à un tarif fixé par l’État (ses émoluments) : signifier un jugement, délivrer un commandement de payer, procéder à une saisie, dresser un état des lieux quand propriétaire et locataire ne s’entendent pas. Quelques exemples du tarif en vigueur jusqu’en 2028, TVA comprise (service-public.gouv.fr) :
| Acte | Tarif réglementé |
|---|---|
| Constat d’état des lieux (jusqu’à 50 m²) | 132,82 € |
| Constat d’état des lieux (plus de 150 m²) | 232,12 € |
| Commandement de payer (dette de plus de 1 280 €) | 61,90 € |
| Signification d’une ordonnance d’injonction de faire | 30,95 € |
Les autres prestations sont payées en honoraires libres, fixés avec le client : les constats (un dégât des eaux, un contenu publié sur internet, un chantier), le recouvrement amiable des factures impayées, la médiation, les ventes aux enchères héritées des commissaires-priseurs. C’est souvent là que les études les plus dynamiques font la différence.
Les huissiers sont partout dans votre cours de procédure civile : la signification des actes, l’assignation, puis l’exécution du jugement avec les saisies, qu’on étudie en voies d’exécution en master. Une bonne note dans ces matières est un vrai atout pour décrocher un stage en étude.
Huissier, commissaire-priseur, commissaire de justice : la Chambre nationale des commissaires de justice explique le métier et la fusion de 2022 en deux minutes :
Parmi les officiers publics et ministériels, l’huissier titulaire gagne bien sa vie… mais moins que le notaire ou le greffier de tribunal de commerce :
| Métier | Revenu par mois | Ce que mesure le chiffre |
|---|---|---|
| Greffier de tribunal de commerce | ≈ 45 800 € | estimation, résultat avant impôt |
| Notaire | ≈ 15 800 € | résultat moyen avant impôt |
| Huissier (commissaire de justice) titulaire | ≈ 12 000 € | résultat moyen avant impôt |
| Avocat (plus de 10 ans d’exercice) | ≈ 9 400 € | revenu moyen avant impôt |
| Magistrat en fin de carrière | 8 480 € | net moyen |
| Commissaire de justice salarié | 3 134 € | net minimum |
Pour comparer avec des métiers proches, lisez nos articles sur le salaire d’un greffier de tribunal de commerce, le salaire d’un clerc de notaire et le salaire d’un juriste.
On ne devient plus « huissier » : on devient commissaire de justice, en quatre étapes (Chambre nationale des commissaires de justice) :
Examen d’accès, centres de formation, stages : la Chambre nationale présente la formation des commissaires de justice :
Ensuite, il faut être nommé par le garde des Sceaux : comme salarié dans une étude, comme associé en rachetant des parts, ou en créant un office là où la carte d’installation le permet. Tout le parcours, les qualités demandées et les débouchés sont détaillés dans notre fiche Devenir commissaire de justice, et les autres options dans notre guide des métiers du droit.
Et pour décrocher ce master 2, tout commence en licence : l’Académie AideauxTD vous donne les cours de votre année, en vidéo et à l’écrit, avec des QCM et des sujets corrigés, notamment en procédure civile et en droit des obligations.
Si vous avez vu passer « salaire huissier Assemblée nationale », attention : ce n’est pas du tout le même métier. Les huissiers de l’Assemblée nationale et du Sénat sont des fonctionnaires parlementaires, recrutés par concours, qui assurent l’accueil, la sécurité et le bon déroulement des séances. Leur salaire n’est pas publié par l’Assemblée ; au Sénat, la brochure du concours d’agent, le corps chargé notamment de l’accueil et de la surveillance des séances, annonce environ 3 000 euros nets par mois au départ, indemnités comprises (brochure du concours 2024). Rien à voir avec le commissaire de justice, officier public et ministériel.
Le juge tranche, l’huissier fait appliquer. Officier public et ministériel, le commissaire de justice remet officiellement les actes de justice (assignations, jugements), fait exécuter les décisions (saisie d’un compte bancaire, d’un salaire ou de meubles, expulsion), dresse des constats qui font foi jusqu’à preuve contraire et organise les ventes aux enchères judiciaires. Il ne juge pas : en cas de contestation d’une saisie, c’est le juge de l’exécution qui décide.
Tout dépend de son statut. Un huissier (commissaire de justice) titulaire de son étude dégage en moyenne 12 000 euros de résultat par mois avant impôt (144 000 euros par an en 2024, Autorité de la concurrence), soit un peu moins de 7 800 euros par mois après impôt sur le revenu pour une personne seule. Un huissier salarié gagne au minimum 3 134 euros nets par mois, et un clerc entre 1 526 et 2 706 euros nets au minimum (convention collective, avril 2026).
Le commissaire de justice libéral n’a pas de salaire : il vit du résultat de son étude. Ses actes de monopole (significations, saisies, commandements de payer, certains constats) sont payés en émoluments, à un tarif fixé par l’État. Ses autres prestations (constats, recouvrement amiable, médiation, ventes aux enchères volontaires) sont payées en honoraires libres. Il paie ensuite ses salariés, ses locaux, ses cotisations et souvent l’emprunt qui lui a servi à acheter ses parts. Le commissaire de justice salarié, lui, touche un salaire fixé au moins au niveau de la convention collective.
Parmi les métiers du droit, les mieux payés en moyenne sont des libéraux : le greffier de tribunal de commerce (environ 45 800 euros par mois, estimation avant impôt), le notaire (environ 15 800 euros de résultat moyen) et le commissaire de justice (environ 12 000 euros). Dans la fonction publique, un magistrat termine sa carrière vers 8 480 euros nets par mois. Le classement complet est dans notre article sur les métiers du droit les mieux payés.
Pendant ses deux ans de formation, le futur commissaire de justice est payé par l’étude qui l’accueille, au moins 1 584 euros nets par mois. Une fois diplômé et salarié, il touche au moins 3 134 euros nets par mois. S’il s’installe, ses revenus dépendent de l’activité de l’étude.
Aucun chiffre officiel ne suit les huissiers par âge. Un titulaire installé depuis longtemps dans une étude solide gagne en général plus que la moyenne de 12 000 euros par mois, et n’a souvent plus d’emprunt à rembourser. Un salarié reste payé au moins 3 134 euros nets, souvent davantage avec l’expérience.
Depuis le 1er avril 2026, les minimums bruts mensuels vont de 1 955,51 euros pour un clerc significateur à 3 994,82 euros pour un commissaire de justice salarié et 4 584,50 euros pour un directeur général d’étude (avenant n° 12, arrêté d’extension du 18 mai 2026).
Oui. Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires forment une seule profession, celle de commissaire de justice. Le titre d’huissier n’est plus délivré, mais le mot reste très utilisé.
Non. Le commissaire de justice est un officier public et ministériel : il est nommé par le garde des Sceaux et applique des tarifs fixés par l’État, mais il exerce en libéral ou comme salarié d’une étude. Les huissiers de l’Assemblée nationale ou du Sénat, eux, sont des fonctionnaires parlementaires, un métier sans rapport.
Au minimum de 1 526 euros nets par mois (clerc significateur) à 2 706 euros nets (clerc principal), selon la grille d’avril 2026. Ce sont des minimums : une étude peut payer davantage, notamment pour un clerc expérimenté.
Un master 2 en droit (idéalement en droit privé, avec procédure civile et voies d’exécution), en économie, en comptabilité ou en gestion, puis l’examen d’accès à l’INCJ, deux ans de formation avec un stage rémunéré, et l’examen d’aptitude.
• Titulaire de l’étude : environ 12 000 euros de résultat par mois en moyenne, avant impôt (144 000 euros par an en 2024), soit un peu moins de 7 800 euros après impôt sur le revenu pour une personne seule.
• Commissaire de justice salarié : au moins 3 134 euros nets par mois ; clerc : de 1 526 à 2 706 euros nets au minimum.
• En formation : au moins 1 584 euros nets par mois pendant les deux ans à l’INCJ.
• Depuis 2022, on dit commissaire de justice : 3 739 professionnels, dont 9 sur 10 libéraux.
• Pour y arriver : master 2, examen d’accès, deux ans de formation et un examen d’aptitude.
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