CRFPA 2027 : épreuves, dates et résultats (guide complet)


94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →


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« Passer le CRFPA » : tout le monde le dit, presque personne ne sait exactement ce que recouvre le sigle. Pour faire simple, le CRFPA, c’est l’école d’avocats (le Centre régional de formation professionnelle des avocats). Ce que vous passez en septembre, c’est l’examen qui permet d’y entrer, et c’est lui qui fait trembler chaque année plus de 17 000 étudiants en droit. Quatre après-midi d’écrits à la fin de l’été, un grand oral en novembre et, entre les deux, des semaines à rafraîchir le site de votre IEJ.
Je l’ai passé trois fois avant de le décrocher, alors je connais la musique : les règles floues, les rumeurs de couloir, les « il paraît que ». Ici, que des règles vérifiées dans les textes : qui peut s’inscrire, ce qu’on attend de vous à chaque épreuve, les dates 2027, les résultats, le nombre de tentatives, l’école d’avocats, et les portes de sortie pour devenir avocat sans l’examen. Chaque règle renvoie au texte officiel, vérifié en octobre 2026.
CRFPA signifie Centre régional de formation professionnelle des avocats. C’est l’école d’avocats, prévue par la loi du 31 décembre 1971, où l’on se forme pendant 18 mois avant de passer le CAPA, le certificat d’aptitude à la profession d’avocat.
Dans le langage courant, « le CRFPA » désigne surtout l’examen d’accès au CRFPA : un examen national, avec des sujets communs à toute la France depuis 2017, organisé par les universités à travers leurs instituts d’études judiciaires (IEJ). Sur le papier, c’est un examen et non un concours : aucun nombre de places n’est fixé, il suffit d’obtenir la moyenne. Dans les faits, il se compare à un concours, tant il est difficile et tant les admis sont peu nombreux : environ un inscrit sur quatre en 2025.
L’IEJ (institut d’études judiciaires) est un service de votre fac de droit. C’est lui qui vous inscrit à l’examen du CRFPA, organise les épreuves et réunit le jury. Vous passez donc l’examen dans l’IEJ où vous êtes inscrit, en général celui de votre université. Beaucoup d’IEJ proposent aussi une préparation à l’examen, payante et facultative : on peut s’inscrire à l’IEJ pour passer l’examen sans suivre sa prépa.
Il existe 11 écoles d’avocats en métropole. Celle où vous ferez votre formation dépend en principe de l’IEJ où vous avez passé l’examen.
| École d’avocats | Ville |
|---|---|
| EFB (cour d’appel de Paris) | Issy-les-Moulineaux |
| HEDAC (cour d’appel de Versailles) | Viroflay |
| IXAD (Nord-Ouest) | Lille |
| ERAGE (Grand Est) | Strasbourg |
| EDARA (Rhône-Alpes) | Lyon |
| EDASE (Sud-Est) | Marseille |
| EDA Centre Sud | Montpellier |
| EFA (anciennement EDASOP) | Toulouse |
| EDA Aliénor | Bordeaux |
| ECOA (Centre Ouest) | Poitiers |
| EDAGO (Grand Ouest) | Bruz, près de Rennes |
Les conditions pour s’inscrire à l’examen sont peu nombreuses, mais les dates sont strictes : un dossier déposé hors délai, c’est une année perdue. Il vous faut :
Les cours de préparation de l’IEJ sont facultatifs : l’inscription à l’examen ne vous oblige pas à les suivre. Attention en revanche à une règle qui a changé : depuis le 1er janvier 2025, il faut un master 2 en droit (ou un diplôme reconnu équivalent) pour exercer. Le M1 suffit pour passer l’examen, pas pour prêter serment.
L’examen se déroule en deux temps : quatre écrits début septembre (l’admissibilité), puis deux oraux en novembre (l’admission). Les épreuves sont fixées par l’arrêté du 17 octobre 2016, dont la dernière modification date de novembre 2024 : c’est lui qui s’applique à la session 2027.
| Épreuve | Durée | Coefficient |
|---|---|---|
| Écrits | ||
| Note de synthèse | 5 h | 3 |
| Droit des obligations | 3 h | 2 |
| Épreuve de spécialité (cas pratique ou consultation) | 3 h | 2 |
| Procédure | 2 h | 2 |
| Oraux | ||
| Grand oral (libertés et droits fondamentaux) | 1 h de préparation, 15 min d’exposé, 30 min de discussion | 4 |
| Anglais | 15 min de préparation, 15 min d’oral | 1 |
Pour être admissible, c’est-à-dire autorisé à passer les oraux du CRFPA, il faut au moins 10 sur 20 de moyenne aux écrits. Pour être admis à l’école d’avocats, il faut ensuite au moins 10 sur 20 de moyenne sur l’ensemble des épreuves, écrits et oraux confondus (articles 6 et 9 de l’arrêté). Une bonne note à l’écrit peut donc compenser un oral moyen, et inversement. Chaque copie est lue par deux correcteurs.
Concrètement, prenez Hugo : 9 en note de synthèse (coefficient 3, soit 27 points), 12 en obligations (24 points), 10 en spécialité (20 points) et 11 en procédure (22 points). Total : 93 points sur 9 coefficients, soit 10,33 de moyenne. Hugo est admissible, alors qu’il a raté l’épreuve la plus lourde. À l’inverse, un 7 en note de synthèse oblige à aller chercher des 12 partout ailleurs.
Le tableau donne les durées, mais il ne dit rien de ce qui vous attend vraiment le jour J. Voici ce que recouvre chaque épreuve, et les pièges dans lesquels les candidats tombent chaque année.
La note de synthèse (5 h, coefficient 3). On vous remet un dossier d’une vingtaine de documents (textes, arrêts, doctrine, articles de presse), une trentaine de pages au total, et vous devez en tirer une synthèse de quatre pages au maximum. La commission nationale est claire sur ce qu’elle attend (recommandations 2026) : une synthèse objective, qui n’utilise que les informations du dossier, sans aucune connaissance personnelle ; un plan apparent avec des titres courts est recommandé ; on cite le numéro des documents. L’orthographe, les impropriétés et le style sont sanctionnés.
C’est l’épreuve la plus redoutée, parce qu’elle ne se révise pas : elle se travaille, copie après copie. C’est pour ça que Mission Avocat, la prépa CRFPA du CFJ, y consacre six séminaires de correction et corrige vos copies sous 48 h : on progresse d’une note à l’autre, pas d’un mois à l’autre. Demandez votre code −20 % pour commencer à vous entraîner dès maintenant. Personne n’arrive en septembre en sachant faire une note de synthèse ; on l’apprend en en ratant quelques-unes à l’entraînement, ce qui vaut mieux que de la rater le 1er septembre. Le piège classique, c’est le temps : lire 30 pages, construire un plan et rédiger en cinq heures, sans en sortir à moitié.




Le droit des obligations (3 h, coefficient 2). Commun à tous les candidats. En 2026, il prenait la forme d’une ou plusieurs consultations : on vous soumet la situation d’un client, et vous lui répondez en avocat. Ce n’est pas un cas pratique de licence où l’on récite le syllogisme : il faut identifier les problèmes de droit, appliquer les règles (contrats, responsabilité, régime général) aux faits, puis conseiller : que doit faire le client, quels risques, quelle stratégie. Le programme couvre tout le droit des obligations : la base de tout le reste. Si c’est votre point faible, Mission Avocat ouvre la préparation par un stage de 35 heures en droit des obligations, en juin.
L’épreuve de spécialité (3 h, coefficient 2). Même exercice, consultation ou cas pratique, dans la matière que vous avez choisie : droit civil, des affaires, social, pénal, administratif, international et européen ou fiscal. C’est là que votre master pèse le plus.
La procédure (2 h, coefficient 2). Toujours sous forme de consultation en 2026, dans la procédure liée à votre spécialité. L’épreuve est courte et très technique (délais, compétences, voies de recours) : c’est la matière qu’on garde « pour la fin », et qu’on paie le vendredi après-midi, quand la fatigue de trois jours d’écrits se fait sentir.
Avec son coefficient 4, le grand oral pèse plus lourd que n’importe quel écrit. Il porte sur la protection des libertés et des droits fondamentaux : liberté d’expression, droit au procès équitable, vie privée, laïcité, droits des étrangers, libertés numériques…
Les trente minutes de questions débordent presque toujours du sujet. Attendez-vous à des questions de culture juridique : l’organisation de la justice, les bases des trois procédures, la déontologie de l’avocat (secret professionnel, conflit d’intérêts), les mécanismes de protection des libertés (QPC, référé-liberté, Cour européenne des droits de l’homme, Défenseur des droits) et l’actualité des deux dernières années. Si l’on vous demande votre avis, pesez les libertés en présence plutôt que de livrer une opinion personnelle. Le jury juge autant le fond que la manière : savoir défendre une position, garder son calme quand une question déstabilise, reconnaître ce qu’on ne sait pas sans s’effondrer. Ayant moi-même exercé, je peux vous le dire : c’est exactement ce que l’on fait au quotidien face à un juge. Rassurez-vous aussi sur les chiffres : environ neuf admissibles sur dix sont admis, et une note moyenne à l’oral se compense avec de bons écrits.
Quelques réflexes qui font la différence le jour J : pendant l’heure de préparation, définissez d’abord chaque terme du sujet (c’est la meilleure protection contre le hors-sujet), trouvez une problématique, et rédigez entièrement votre introduction et votre conclusion. Pendant l’exposé, posez votre montre sur la table, regardez le jury et parlez lentement. Pendant les questions, prenez deux ou trois secondes avant de répondre, et si vous ne savez pas, raisonnez à voix haute à partir de ce que vous savez plutôt que de vous taire. Le jury ne cherche pas à vous piéger : il cherche à voir comment vous réagissez quand on vous pousse.
Commencez doucement dès la fin des écrits, une à deux heures par jour, sans attendre les résultats d’admissibilité. Révisez un manuel de libertés fondamentales, renseignez-vous sur les modalités de votre IEJ (dissertation ou commentaire), suivez l’actualité (décisions du Conseil constitutionnel et de la CEDH, grandes lois) et faites au moins une ou deux simulations devant un vrai jury : c’est en vous entendant parler quinze minutes qu’on corrige le plus vite. Chez Mission Avocat, notre partenaire, 30 heures de conférences sont consacrées aux libertés fondamentales, et chaque simulation dure deux heures : une heure de préparation, trente minutes de passage devant deux enseignants, trente minutes de bilan.
L’anglais (coefficient 1). Quinze minutes de préparation, puis quinze minutes d’interrogation en anglais, souvent à partir d’un article de presse. Lisez régulièrement la presse britannique ou américaine, révisez les grandes lignes des systèmes juridiques anglo-saxons et préparez quelques phrases sur votre parcours. Coefficient faible, mais quelques points précieux pour qui est juste à la moyenne.
Les quatre écrits font l’essentiel de la sélection : en 2025, environ neuf admissibles sur dix ont ensuite été admis. Le vrai cap, c’est donc l’admissibilité. Et la note de synthèse, avec son coefficient 3, pèse à elle seule autant que la procédure et la moitié des obligations réunies : c’est elle qu’il faut travailler en priorité.
| Spécialité choisie | Procédure à l’écrit |
|---|---|
| Droit civil | Procédure civile et modes amiables de règlement des différends |
| Droit des affaires | Procédure civile et modes amiables de règlement des différends |
| Droit social | Procédure civile et modes amiables de règlement des différends |
| Droit pénal | Procédure pénale |
| Droit administratif | Procédure administrative et modes amiables de règlement des différends |
| Droit international et européen | Procédure civile ou administrative, au choix |
| Droit fiscal | Procédure civile ou administrative, au choix |
Mon conseil : choisissez une spécialité que vous maîtrisez ou que vous aimez assez pour la travailler six mois, pas celle qui « tombe bien ». Méfiez-vous des réputations : on entend chaque année que le pénal serait « plus facile », mais aucune statistique ne le montre, et il faudra aussi la procédure pénale. Vous aurez trois mois de révisions intenses, et partir d’une matière que vous connaissez déjà change tout. Le droit des obligations, lui, est commun à tous : c’est la matière à ne jamais lâcher. Nos fiches de droit des contrats et de responsabilité civile en reprennent l’essentiel.
Non, la spécialité choisie à l’examen ne vous enferme pas. À l’école d’avocats, la formation est la même pour tous : déontologie, rédaction d’actes, plaidoirie, gestion d’un cabinet, puis un projet pédagogique individuel et un stage en cabinet que vous choisissez librement. Vous pouvez avoir passé l’examen en droit des affaires et exercer ensuite en droit de la famille. La mention de spécialisation d’avocat (droit du travail, droit fiscal…) s’obtient bien plus tard, en général après quatre ans de pratique dans le domaine.
La commission nationale de l’examen publie, au moins deux mois avant les écrits, la liste des codes et textes autorisés pour chaque épreuve (article 8 de l’arrêté). Pour la session 2026, voici ce qu’elle autorisait (liste officielle du CNB) :
| Épreuve | Documents autorisés en 2026 |
|---|---|
| Note de synthèse | Aucun document |
| Droit des obligations | Code civil Dalloz ou LexisNexis |
| Spécialité : droit civil | Code civil Dalloz ou LexisNexis |
| Spécialité : droit des affaires | Code civil, Code de commerce (Dalloz ou LexisNexis), Code des sociétés (LexisNexis) |
| Spécialité : droit social | Code du travail et Code de la sécurité sociale (Dalloz ou LexisNexis) |
| Spécialité : droit pénal | Code pénal, Code de procédure pénale, Code de commerce (Dalloz ou LexisNexis) |
| Spécialité : droit administratif | Une dizaine de codes : collectivités territoriales (Dalloz), procédure administrative et relations entre le public et l’administration (LexisNexis), commande publique, urbanisme, environnement, fonction publique, étrangers… (édition du Journal officiel) |
| Spécialité : droit international et européen | Code civil, Code de procédure civile, Code de commerce, codes de droit international privé et de l’Union européenne, une liste de règlements européens imprimés depuis EUR-Lex et cinq recueils de textes nommés par la commission |
| Spécialité : droit fiscal | Code fiscal Francis Lefebvre, ou Code général des impôts (Dalloz, LexisNexis, Revue Fiduciaire) |
| Procédure civile | Code civil et Code de procédure civile (Dalloz ou LexisNexis) |
| Procédure pénale | Code pénal, Code de procédure pénale, Code pénitentiaire |
| Procédure administrative | Code de procédure administrative (LexisNexis), Code de l’urbanisme (JO), « Les grands textes de procédure administrative contentieuse » de P. Cassia (Dalloz) |
Le calendrier change peu d’une année sur l’autre : inscription avant Noël, écrits à la rentrée de septembre, oraux en novembre, résultats début décembre. Voici à quoi ressemblera votre année 2027 :


Les dates exactes de 2027 seront fixées par un arrêté publié au printemps. En attendant, celles de 2026 donnent un repère fiable :
| Étape | Session 2026 | Session 2027 |
|---|---|---|
| Inscription à l’université | Avant le 31 décembre 2025 | Avant le 31 décembre 2026 |
| Choix des matières | 30 avril 2026 | 30 avril 2027 |
| Écrits | Du 1er au 4 septembre 2026, à 13 h (heure de métropole) | Début septembre 2027 (arrêté pas encore publié) |
| Résultats d’admissibilité | 22 octobre 2026 | Fin octobre 2027 (à confirmer) |
| Oraux | À partir de début novembre, selon les IEJ | Novembre 2027 |
| Résultats définitifs | 1er décembre 2026 | 1er décembre 2027 (à confirmer) |
| Entrée à l’école d’avocats | Janvier 2027 | Janvier 2028 |
En 2026, les quatre écrits se sont enchaînés du mardi au vendredi : la note de synthèse le 1er septembre de 13 h à 18 h, le droit des obligations le 2 de 13 h à 16 h, la spécialité le 3 aux mêmes horaires, et la procédure le 4 de 13 h à 15 h. Quatre après-midi de suite : l’endurance compte autant que les connaissances.
Préparer le CRFPA
Code réservé aux étudiants AideauxTDLes résultats tombent en deux fois, et pas au même endroit. Autant le savoir avant de passer la nuit qui précède sur le mauvais site :
Chaque IEJ publie ses résultats à sa façon : liste en ligne, affichage dans les locaux, ou seulement sur l’espace numérique de travail. Voici où regarder dans les principaux centres :
| IEJ | Comment les résultats sont publiés |
|---|---|
| Paris 1 Panthéon-Sorbonne | Sur l’ENT et par affichage au centre Broca |
| Paris 2 Assas | Listes publiées en ligne |
| Paris Cité | Sur « mon dossier web » (ENT) uniquement |
| CY Cergy | Listes publiées en ligne |
| Lyon (Lyon 3) | Listes en ligne, par numéro d’anonymat |
| Aix-Marseille | Affichage sur le site Poncet, notes sur l’ENT |
| Strasbourg | Listes publiées en ligne |
| Nantes | Listes publiées dans les actualités |
| Rennes | À l’IEJ et sur le site, en fin de journée |
| Nice Côte d’Azur | Affichage devant l’IEJ, notes sur l’ENT |
| Grenoble Alpes | Affichage et site de l’IEJ |
| Dijon | Liste publiée sur la page de l’IEJ |
| Lorraine (Nancy-Metz) | Listes publiées en ligne |
| Clermont Auvergne | En ligne et affichage dans le hall |
| Limoges | Listes publiées en ligne |
| Caen | Listes publiées sur le site de l’UFR |
Les admis reçoivent une attestation de réussite et entrent à l’école d’avocats le 1er janvier suivant.
Combien réussissent ? Le CNB ne connaît que le nombre d’inscrits et d’admis, pas celui des présents. En 2025, il compte 17 206 inscrits et 4 363 admis, soit environ un inscrit sur quatre (25,4 %). En 2024 : 3 558 admis sur 15 801 inscrits. Le taux réel, calculé sur les candidats qui se présentent vraiment, est plus élevé, et il varie beaucoup d’un IEJ à l’autre. Tous les chiffres, IEJ par IEJ, sont dans notre article sur le taux de réussite au CRFPA.


Ce témoignage revient souvent : le ressenti à la sortie de l’épreuve dit peu de chose de la note. Inutile de vous torturer entre septembre et fin octobre.
Trois fois, pas une de plus : « Nul ne peut se présenter plus de trois fois », dit l’article 52 du décret du 27 novembre 1991. Passer le CRFPA une quatrième fois est donc impossible, même après une interruption. Le Conseil national des barreaux a voté en juillet 2026 une résolution pour une exception en faveur des candidats en situation de handicap, mais aucun texte ne l’applique encore.
Conséquence pratique : chaque tentative compte. Une présentation « pour voir », sans préparation sérieuse, vous coûte une chance sur trois.


Et si vous ne l’avez pas du premier coup, rassurez-vous : c’est loin d’être rare. La première tentative sert souvent de test : on découvre le rythme des quatre écrits, la note de synthèse en conditions réelles, la fatigue de septembre. La deuxième dépend de beaucoup de choses : le temps qu’on a pu dégager, la spécialité, la fatigue, parfois simplement les sujets. Et la troisième est souvent la bonne, parce qu’on arrive avec deux sessions d’expérience et qu’on sait exactement où l’on a perdu des points.
C’est mon histoire : j’ai décroché le CRFPA à ma troisième tentative. Je ne le cache pas, au contraire. Le jour où vous prêtez serment, personne ne vous demande combien de fois vous avez passé l’examen.


Il n’existe aucun chiffre officiel de réussite selon le nombre de tentatives : ni la commission nationale ni les IEJ ne publient cette statistique. Méfiez-vous de ceux qui en citent un. Les chiffres qui existent vraiment, par année et par IEJ, sont réunis dans notre article sur le taux de réussite au CRFPA.
La formation à l’école dure au moins 18 mois, en trois périodes de six mois : des enseignements pratiques, un projet pédagogique individuel (un stage hors cabinet d’avocats, en entreprise, en juridiction ou à l’étranger), puis un stage en cabinet. Elle se termine par le CAPA. Une fois le certificat obtenu, vous prêtez serment devant la cour d’appel et vous vous inscrivez au barreau.
Pour le métier lui-même, le quotidien, les spécialisations et la rémunération, lisez notre guide pour devenir avocat.
Si vous espériez un raccourci, il existe, mais il se mérite : le décret de 1991 prévoit plusieurs dispenses, souvent appelées « passerelles ». Elles sont d’interprétation stricte : les tribunaux vérifient de près la nature et la durée de l’expérience.
| Profil | Ce dont il est dispensé | Conditions |
|---|---|---|
| Docteur en droit | L’examen d’accès (pas l’école ni le CAPA) | Thèse soutenue en France ou dans l’Union européenne, compétences en droit français, et expérience : 2 ans d’enseignement du droit (60 h par an), d’assistant de justice ou de juriste (700 h par an) |
| Magistrats, membres du Conseil d’État et des juridictions administratives, magistrats des comptes, professeurs de droit, avocats aux Conseils (article 97) | Le diplôme, l’école et le CAPA | Réussir l’examen de déontologie |
| Notaires, commissaires de justice, greffiers des tribunaux de commerce, administrateurs et mandataires judiciaires, conseils en propriété industrielle (article 98) | L’école et le CAPA | 5 ans d’exercice, un master 2 en droit, l’examen de déontologie |
| Maîtres de conférences et chargés de cours docteurs (article 98) | L’école et le CAPA | 5 ans d’enseignement juridique, l’examen de déontologie |
| Juristes d’entreprise (article 98) | L’école et le CAPA | 8 ans de pratique dans le service juridique d’une ou plusieurs entreprises, un master 2, l’examen de déontologie |
| Fonctionnaires de catégorie A, juristes de syndicat, juristes salariés d’avocats, collaborateurs parlementaires (article 98) | L’école et le CAPA | 8 ans d’activité juridique, un master 2, l’examen de déontologie |
Pendant longtemps, la thèse suffisait. Ce n’est plus le cas depuis le décret du 1er décembre 2023 : pour les thèses soutenues après le 31 décembre 2024, le docteur doit aussi justifier de compétences en droit français et d’une expérience de deux ans (enseignement, assistant de justice ou juriste). Le Conseil d’État a validé ces conditions d’expérience le 13 mars 2026, tout en annulant la disposition qui laissait au CNB le soin de préciser comment attester ces compétences. Si vous êtes dans ce cas, vérifiez la procédure auprès de l’école d’avocats visée avant de déposer votre dossier.
Beaucoup d’étudiants pensent à la thèse CIFRE : une thèse préparée en partie dans un cabinet d’avocats ou une entreprise, sous contrat de travail, pendant trois ans. C’est une vraie expérience professionnelle, et le doctorat obtenu ouvre la même dispense que les autres, aux nouvelles conditions. Mais la choisir uniquement pour éviter le CRFPA est un mauvais calcul : le CRFPA, c’est une année de préparation ; une thèse, c’est au moins trois ans et 400 à 600 pages. Quentin, doctorant CIFRE à Paris 2 dans un cabinet d’avocats, le dit sans détour dans notre interview sur la thèse CIFRE en droit : « Je connais des personnes qui ont choisi la thèse CIFRE pour éviter de passer le concours du CRFPA, généralement ils arrêtent en cours de route. »
Pour les autres profils, la demande se fait auprès du conseil de l’Ordre du barreau de votre choix. Il statue sous réserve de la réussite à l’examen de contrôle des connaissances en déontologie et réglementation professionnelle, que l’on passe auprès d’un CRFPA. Depuis 2023, les magistrats et les professeurs de droit y sont soumis eux aussi. C’est seulement après cet examen que l’on prête serment.
Pour les juristes d’entreprise, la jurisprudence est exigeante : les huit années doivent avoir été passées dans un véritable service juridique. Un poste de ressources humaines, même avec une part de droit, ne suffit pas toujours. Avant de démissionner, faites relire votre dossier.
Enfin, les avocats inscrits dans un barreau étranger peuvent exercer en France après une épreuve d’aptitude (avocats de l’Union européenne) ou un examen de contrôle des connaissances (autres pays, sous condition de réciprocité).
Les règles, c’est fait. Reste ce qui fait vraiment la différence entre un 9,8 et un 10,2 de moyenne. Je vous préviens, il n’y a pas d’astuce secrète : juste de l’organisation, beaucoup de copies, et quelques erreurs que j’ai faites pour vous.
Avant les sept conseils, les cinq points à avoir en tête, expliqués par l’équipe de Mission Avocat, notre prépa partenaire (et pour qui veut s’y inscrire, notre code donne −20 %) :
Premier conseil, et pas le moindre : ne vous croyez pas plus fort que les autres. Le CRFPA n’est pas la suite logique de votre relevé de notes. On a vu des majors de promo le rater plusieurs fois, persuadés qu’un été de révisions suffirait à des étudiants comme eux. Et à l’inverse, des étudiants aux notes moyennes en licence et en master le décrocher du premier coup.
Plusieurs choses entrent en jeu, et certaines vous échappent : la chance, le sujet du jour, la fatigue de la semaine. Mais celle qui pèse le plus, c’est la préparation. Si vous avez des notes moyennes, vous avez toutes vos chances à condition de vous y mettre tôt. Si vous êtes brillant, ne comptez pas sur votre talent pour vous dispenser de copies.
Beaucoup pensent qu’un été suffit. L’été suffit pour s’entraîner, pas pour apprendre. Pendant votre master, de l’automne à l’hiver, reprenez le fond : le droit des obligations, puis votre spécialité. Au printemps, attaquez la procédure et installez le rythme d’une note de synthèse par semaine. Et gardez l’été pour ce qui compte vraiment : composer, encore et encore, dans les conditions de l’examen. Mission Avocat termine d’ailleurs sa préparation par un CRFPA blanc de quatre jours, un mois avant les écrits, à distance ou à Paris : la meilleure répétition générale possible.
Côté rythme, ceux qui réussissent tiennent la distance plutôt que de se tuer à la tâche : six à huit heures de travail efficace par jour l’été, pas douze ; un jour de vrai repos par semaine ; et, sur les deux ou trois dernières semaines, un seul examen blanc par jour. Une journée type qui marche bien : le matin, vous reprenez la correction de l’examen blanc de la veille et vous révisez les notions qui ont coincé ; l’après-midi, vous composez dans les conditions réelles ; le soir, quelque chose de léger. Lisez aussi vos fascicules avant le début de votre prépa d’été, pour ne pas les découvrir en juillet.
C’est l’épreuve qui progresse le plus avec l’entraînement, et la seule qu’on n’a jamais pratiquée en licence. Ne visez pas la copie parfaite : une note de synthèse propre, complète et neutre fait la moyenne, et c’est tout ce qu’on lui demande. Les premières sont laborieuses, c’est normal : comptez une bonne dizaine de notes de synthèse complètes, en cinq heures chrono, avant de trouver votre rythme. Et entraînez-vous sur la méthode attendue par votre IEJ (problématique ou non, place de l’introduction) : les attentes varient un peu d’une fac à l’autre.
Et si une note de synthèse d’entraînement tourne à la catastrophe, ou si le jour J vous n’avez pas fini, ne lâchez pas les épreuves suivantes : une copie inachevée mais bien construite peut tout à fait avoir la moyenne, et c’est la moyenne générale qui compte.
Vous avez fait des cas pratiques pendant toute votre licence. La consultation y ressemble, mais ce n’est pas le même exercice, et c’est là que beaucoup de candidats perdent des points sans comprendre pourquoi.
| Le cas pratique (licence) | La consultation (CRFPA) | |
|---|---|---|
| Qui vous lit | Un correcteur qui vérifie votre raisonnement | Un client qui veut savoir quoi faire |
| Ce qu’on attend | Qualifier les faits, trouver la règle, conclure en droit | Tout cela, puis un conseil : quels risques, quelles options, laquelle choisir |
| La conclusion | « Le contrat peut être résolu » | « Je vous recommande de mettre en demeure votre cocontractant avant toute action, pour telle raison » |
| Le ton | Démonstratif, scolaire | Celui d’un avocat : clair, concret, sans jargon inutile |
Autrement dit, le correcteur ne cherche pas à savoir tout ce que vous savez sur la résolution du contrat. Il veut savoir ce que votre client doit faire lundi matin. Posez les problèmes, appliquez les règles aux faits, et terminez toujours par une vraie recommandation. C’est la différence entre un étudiant qui récite et un futur avocat qui raisonne.
Concrètement, procédez en entonnoir : qualifiez d’abord les faits, partez de la notion générale, écartez en une phrase les pistes qui ne marchent pas (et dites pourquoi), puis concentrez-vous sur celle qui s’applique. Ne traitez pas que le « gros » problème : les sujets sont longs, et mieux vaut prendre des points partout que finir parfaitement une seule question. Préparez aussi vos majeures à l’avance : les règles et les articles qui reviennent tout le temps, rédigés et appris pour les écrire sans réfléchir le jour J. Ne faites aucune impasse : chaque année, des candidats tombent sur le régime général des obligations ou les procédures civiles d’exécution qu’ils avaient laissés de côté. Et ne vous affolez pas devant vos notes de prépa en obligations : c’est la matière la plus sévèrement notée à l’entraînement, et des 7 en prépa deviennent souvent des 11 ou des 12 le jour J.
Travaillez toute l’année avec le code que vous aurez le jour J : même éditeur, mêmes onglets vierges, mêmes surlignages. Mieux : révisez avec votre code ouvert plutôt qu’avec vos seuls manuels, apprenez son plan et la table alphabétique, et quand un plan vous échappe le jour J, celui du code vous dépanne souvent. Choisissez dès le départ un code couleur par grand thème (formation du contrat, effets, responsabilité, régime général…) et n’en changez plus, et ne surlignez que les articles et les arrêts essentiels, sinon tout le code y passe. Le 2 septembre, vous devez retrouver l’article 1231-1 en dix secondes, pas le chercher pendant cinq minutes en sentant la panique monter. Pour choisir le bon (Dalloz rouge ou LexisNexis bleu) et apprendre à vous en servir vite, lisez nos guides quel Code civil choisir et comment utiliser son Code civil.
Les écrits du CRFPA ressemblent moins à un examen qu’à une compétition sportive : quatre épreuves en quatre jours, toutes l’après-midi, la plus longue en premier. Un marathonien ne découvre pas la distance le jour de la course, et ne court pas ses entraînements à 7 h du matin s’il part à 13 h. Faites pareil : composez vos examens blancs aux heures de l’examen, de 13 h à 18 h pour la note de synthèse, pour que votre cerveau prenne l’habitude de donner son maximum l’après-midi.
Comme un sportif, gérez aussi votre récupération. La dernière semaine, on ne rattrape plus un programme : on dort, on relit ses fiches, on garde de l’énergie. Et pensez à la fin de course : la procédure tombe le vendredi, quand la fatigue de trois jours d’écrits se fait sentir. Ne la gardez pas pour la fin de vos révisions. Quelques fiches de délais et de voies de recours dès le printemps, et elle devient une épreuve à points.
Pendant la semaine des écrits, quelques réflexes de sportif. On ne change rien à sa routine et on n’innove pas le jour J. Si le centre d’examen est loin de chez vous (dans les grandes villes, ce sont souvent des parcs d’exposition en périphérie), pensez au logement et au trajet à l’avance, et prévoyez de quoi boire et manger. Et on ne refait pas le match. Ne comptez pas vos points le soir, ne comparez pas vos réponses avec les autres candidats, concentrez-vous sur l’épreuve du lendemain. Le ressenti à la sortie dit très peu de la note, on l’a vu plus haut.
C’est ce qui revient le plus chez ceux qui ont réussi après un échec : ils ont arrêté de relire passivement leurs cours pour faire plus d’examens blancs, et surtout pour analyser chaque copie corrigée. Après chaque correction, notez dans un carnet ce qui vous a coûté des points (une notion mal comprise, un document oublié, un plan bancal, une question non traitée), et construisez vos révisions de la semaine à partir de ce carnet. Le jour où vous ne refaites plus les mêmes erreurs, vous êtes prêt. Et si vous avez déjà échoué une fois, allez consulter vos copies à l’IEJ : c’est le meilleur diagnostic possible.


Et surtout : faites corriger vos copies. Une copie rédigée sans retour, c’est la moitié du travail. C’est là qu’une prépa sérieuse fait la différence. Celle que je recommande, c’est Mission Avocat, la prépa du CFJ : jusqu’à 50 copies corrigées sous 48 h dans l’année, 82 % de réussite en 2025 chez ses élèves assidus, et −20 % avec le code AideauxTD.
Si je ne devais vous donner qu’un conseil : écrivez. Le CRFPA ne récompense pas celui qui a le plus lu, mais celui qui a le plus rédigé dans les conditions de l’examen. La plupart des candidats combinent la préparation de leur IEJ et une prépa privée, et ce qui fait la différence, c’est le volume de copies corrigées, surtout en note de synthèse, une épreuve qu’on ne travaille nulle part ailleurs pendant les études. Pour choisir, on a comparé douze prépas dans notre comparatif des prépas CRFPA, et vous trouverez tous les sujets tombés depuis 2017 dans nos annales du CRFPA.
Si vous hésitez, voici celle que je conseille sans réserve : Mission Avocat, la prépa CRFPA du Centre de Formation Juridique (CFJ), notre partenaire. C’est celle que j’ai choisie pour mon propre CRFPA, celle qui m’a fait passer le cap à la troisième tentative, et plusieurs de nos étudiants l’ont réussi avec elle depuis.
La prépa présente elle-même sa préparation 2027 en vidéo. Si elle vous convainc, demandez votre code −20 % avant de vous inscrire :
Pour bénéficier de −20 % sur Mission Avocat, demandez-nous votre code : cliquez ici ou sur « Obtenir mon code » juste en dessous, et laissez vos coordonnées. Vous recevez le code aussitôt par e-mail, avec la brochure, et un conseiller de Mission Avocat vous appelle pour faire le point sur votre préparation, sans engagement. Le code vaut pour la formule annuelle comme pour l’estivale. Le détail des formules est sur le site de Mission Avocat.
Préparer le CRFPA
Code réservé aux étudiants AideauxTDCôté révisions, reprenez les fondamentaux de votre spécialité tôt, avant l’été. Nos fiches couvrent certaines matières du CRFPA : droit des contrats, responsabilité civile, droit du travail, droit administratif, droit pénal et procédure pénale.
Centre régional de formation professionnelle des avocats : pour faire simple, c’est l’école d’avocats. Par extension, on appelle « CRFPA » l’examen d’accès à cette école, que l’on passe après un master 1 en droit.
Début septembre 2027. Les dates exactes seront fixées par un arrêté publié au printemps 2027. En 2026, les écrits ont eu lieu du 1er au 4 septembre.
L’admissibilité est publiée fin octobre par chaque IEJ (le 22 octobre en 2026), et les résultats définitifs le 1er décembre, par les IEJ et le Conseil national des barreaux.
Trois fois au maximum (article 52 du décret du 27 novembre 1991).
Non, un master 1 suffit pour l’examen (60 crédits de master en droit avant le 1er août). Mais depuis 2025, un master 2 en droit est exigé pour exercer, donc pour prêter serment.
Oui, par les passerelles : docteurs en droit sous conditions, magistrats et professeurs de droit (article 97), notaires, juristes d’entreprise, fonctionnaires de catégorie A et autres professionnels expérimentés (article 98). Tous doivent réussir un examen de déontologie.
• Le CRFPA, c’est l’école d’avocats ; l’examen pour y entrer se passe après un master 1, dans un IEJ, trois fois au maximum.
• Quatre écrits début septembre (note de synthèse, droit des obligations, spécialité, procédure), puis le grand oral et l’anglais en novembre.
• Il faut 10 de moyenne aux écrits pour passer les oraux, puis 10 sur l’ensemble pour être admis : environ un inscrit sur quatre y parvient (détail par IEJ et par année dans notre article sur le taux de réussite au CRFPA).
• La note de synthèse (coefficient 3) et le grand oral (coefficient 4) pèsent le plus : entraînez-vous tôt, copie après copie.
• Pour vous préparer, Mission Avocat, notre partenaire, corrige vos copies sous 48 h, avec −20 % grâce au code AideauxTD.
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