Salaire mandataire judiciaire : entreprises ou tutelles ?
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Salaire d’un mandataire judiciaire : combien gagne-t-il vraiment ?

Combien gagne un mandataire judiciaire ? Entreprises ou majeurs protégés (salle des pas perdus du tribunal de commerce de Paris, MOSSOT, CC BY-SA 3.0)

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Le salaire d’un mandataire judiciaire dépend d’abord… du métier dont on parle, car deux professions portent ce nom :

  • Le mandataire judiciaire des entreprises en difficulté, celui qui liquide les sociétés et défend leurs créanciers, dégage en moyenne 278 464 euros de résultat par an, soit environ 23 200 euros par mois, selon l’Autorité de la concurrence.
  • Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs, qui gère les affaires d’adultes sous tutelle ou sous curatelle, gagne de 1 640 à 2 750 euros nets par mois quand il est salarié d’une association, selon son ancienneté.

Même nom, deux mondes : le premier est un officier de justice nommé par le tribunal de commerce, parmi les mieux payés du droit, et ils ne sont que 335 en France. Le second est un professionnel du secteur social, désigné par le juge des tutelles, et ils sont environ 10 000. Cet article vous donne les vrais chiffres des deux.

📖Deux métiers sous le même nom

Le mandataire judiciaire « tout court » intervient quand une entreprise ne peut plus payer ses dettes : il représente ses créanciers et, si elle est liquidée, il vend ses biens pour les rembourser (Code de commerce). Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs (souvent abrégé MJPM) protège une personne vulnérable placée sous tutelle ou sous curatelle : il gère son budget, ses papiers, ses démarches (Code de l’action sociale et des familles). Formation, statut, revenus : tout est différent.

Les deux mandataires judiciaires : celui des entreprises en difficulté et celui de la protection des majeurs, avec leurs revenus
Salaire d'un mandataire judiciaire : deux métiers sous le même nom

Combien gagne un mandataire judiciaire des entreprises ?

Le chiffre officiel le plus précis vient de l’Autorité de la concurrence, qui a calculé en 2020 l’activité moyenne de chaque professionnel du droit sur les années 2016 à 2018. Pour un mandataire judiciaire libéral :

  • 1 089 262 euros de chiffre d’affaires par an ;
  • 810 798 euros de charges : les salaires des collaborateurs, les locaux, l’informatique, les assurances ;
  • 278 464 euros de résultat, soit environ 23 200 euros par mois. Sur 100 euros encaissés, il en reste environ 26.

Une fois l’impôt payé, il reste moins : pour une personne seule sans autre revenu, le simulateur de l’Urssaf estime l’impôt sur le revenu à environ 108 000 euros et la part non déductible de la CSG et de la CRDS à environ 10 000 euros. Il reste autour de 160 000 euros par an, soit environ 13 400 euros par mois. Avec un conjoint ou des enfants, l’impôt baisse.

Mais la tendance est moins rose que pour son cousin l’administrateur judiciaire. Entre 2020 et 2023, une étude de mandataire a réalisé en moyenne 1,4 million d’euros de chiffre d’affaires par an, et son taux de résultat médian est tombé de 28 % à 24 % (Autorité de la concurrence, avis 25-A-09). La raison : ses tarifs n’ont pas bougé depuis 2020, et ils représentent 89 % de ce qu’il encaisse. En 2010, l’étude d’impact de la loi Macron mesurait déjà 340 695 euros par an pour un mandataire exerçant seul.

Il peut aussi être salarié d’une étude depuis la loi Macron de 2015 : 48 mandataires judiciaires sur 335 le sont (ministère de la Justice, 2026). Ils relèvent de la même convention collective que les administrateurs judiciaires, au niveau « hors classe » : au moins 4 402 euros bruts par mois depuis le 1er juillet 2026, soit environ 3 455 euros nets. La grille complète des collaborateurs (juristes, comptables) est détaillée dans notre article sur le salaire d’un administrateur judiciaire.

D’où vient l’argent ?

Ce n’est pas l’État qui le paie, mais la procédure, selon un tarif fixé par arrêté (articles R. 663-18 et suivants du Code de commerce). Le mandataire touche un émolument fixe de 2 351,25 euros pour l’ensemble d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation, puis de petites sommes par dossier traité : 4,70 ou 9,41 euros par créance enregistrée, 94,05 euros par contestation. S’y ajoutent des émoluments proportionnels aux sommes qu’il récupère et répartit. Au-delà de 75 000 euros hors taxes pour une liquidation, c’est un magistrat de la cour d’appel qui fixe sa rémunération. Et quand l’entreprise n’a plus rien, un fonds géré par la Caisse des dépôts lui verse un minimum.

Le travail ne manque pas : 70 705 procédures collectives ont été ouvertes en 2024, dont 68 % de liquidations immédiates (ministère de la Justice). Dans presque toutes, un mandataire judiciaire est nommé ; seules les toutes petites liquidations peuvent être confiées à un commissaire de justice.

Que fait un mandataire judiciaire des entreprises ?

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Quand une entreprise ne peut plus payer ses dettes, le tribunal de commerce ouvre une « procédure collective » et nomme un mandataire judiciaire. Lui ne s’occupe pas de sauver l’entreprise (c’est le rôle de l’administrateur judiciaire) : il défend l’intérêt de tous ses créanciers en même temps.

  • Recenser les dettes : il reçoit les déclarations des fournisseurs, des banques, de l’Urssaf, du fisc, et vérifie ce qui est vraiment dû.
  • Faire payer les salariés : il établit ce que l’entreprise leur doit et fait avancer leurs salaires par l’AGS, le régime de garantie financé par les employeurs.
  • Liquider l’entreprise quand elle ne peut pas être sauvée : comme liquidateur, il licencie les salariés, vend les biens (locaux, machines, stock, fonds de commerce) et répartit l’argent entre les créanciers, dans l’ordre fixé par la loi.
  • Agir contre les dirigeants fautifs : si la faillite vient d’une faute de gestion, il peut demander au tribunal de leur faire payer une partie des dettes.
  • « Le liquidateur, c’est le mandataire judiciaire. C’est le dernier rempart en fait entre les créanciers et le débiteur. »
    Céline Perdriel-Vaissière, mandataire judiciaire, Lex TV (novembre 2022)
  • « Vous avez quinze jours pour licencier un salarié à compter de la liquidation judiciaire pour qu’il soit indemnisé. »
    Céline Perdriel-Vaissière, sur la rigueur des délais, Lex TV (novembre 2022)
  • « Profession chronophage, il faut faire beaucoup d’heures, souvent il faut travailler le week-end. »
    Jean-Pierre Abadie, mandataire judiciaire, conférence de l’AsEED Sorbonne (décembre 2020)
⚠️Mandataire judiciaire ou huissier ?

On les confond souvent, parce que les deux font récupérer de l’argent aux créanciers. Mais l’huissier (commissaire de justice depuis 2022) agit pour un créancier à la fois : il saisit un compte ou un salaire après un jugement. Le mandataire judiciaire agit pour tous les créanciers d’une entreprise en même temps, désigné par le tribunal de commerce : c’est un peu une saisie collective de toute l’entreprise. Seul point de contact : dans les toutes petites liquidations (entreprise sans salarié et 100 000 euros de chiffre d’affaires au plus), le tribunal peut nommer un commissaire de justice comme liquidateur (article L. 812-2 du Code de commerce).

Pour comparer, lisez notre article sur le salaire d’un huissier de justice.

Missions, accès, rémunération : la mandataire judiciaire Céline Perdriel-Vaissière présente son métier (Lex TV) :

Pourquoi si peu de mandataires judiciaires, et comment le devenir ?

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Ils ne sont que 335 en France, dont 48 salariés, et la profession se concentre : 185 études en 2026, contre 236 en 2016 (ministère de la Justice). Il n’existe pourtant aucun numerus clausus. Comme pour les administrateurs judiciaires, l’Autorité de la concurrence voit surtout de « fortes barrières à l’entrée » : un parcours très long, peu d’études pour faire son stage, et des sessions d’examen qui n’ont pas toujours eu lieu (avis 15-A-02, § 450 et 483).

Le parcours suit les mêmes étapes que celui de l’administrateur judiciaire (articles L. 812-3 et R. 812-4 et suivants du Code de commerce) :

  • Un diplôme : au moins un master 1 en droit, en économie ou en gestion, ou un diplôme d’école de commerce ou d’expertise comptable.
  • L’examen d’accès au stage, une fois par an, trois tentatives au maximum.
  • Un stage de trois à six ans dans une étude de mandataire judiciaire, comme collaborateur rémunéré.
  • L’examen d’aptitude, puis l’inscription sur la liste nationale et le serment devant la cour d’appel.
  • Ou la voie du master ALED (administration et liquidation des entreprises en difficulté), suivi d’un stage d’au moins 30 mois, sans examen.

Un examen encore plus sélectif que celui des administrateurs

C’est la surprise des chiffres : l’examen d’accès au stage de mandataire est beaucoup plus dur que celui d’administrateur. En 2025, sur 11 candidats présents, seuls 2 ont été reçus (rapport annuel 2025 du Conseil national). Entre 2006 et 2014, le taux de réussite moyen était de 31,6 %, contre 50,1 % pour les administrateurs (Autorité de la concurrence, § 486). L’examen de fin de stage, lui, passe mieux : 5 reçus sur 7 en 2025.

Mandataire judiciaireAdministrateur judiciaire
Professionnels en 2026335 (dont 48 salariés)175 (dont 16 salariés)
Résultat moyen par an278 464 €312 022 €
Réussite à l’examen d’accès (2006-2014)31,6 %50,1 %
Reçus à l’examen d’accès en 20252 sur 11 présents11 sur 21 présents
TarifsInchangés depuis 2020En baisse (−3 % en 2026)
Sources : Autorité de la concurrence, avis 20-A-03 (résultat 2016-2018) et avis 15-A-02 ; ministère de la Justice ; Conseil national des administrateurs et mandataires judiciaires.

Notre avis : c’est un très beau métier pour un étudiant qui aime le droit des affaires, le droit social et les chiffres, et qui n’a pas peur des délais. Mais visez-le en connaissance de cause : l’examen d’accès est l’un des plus sélectifs du droit, il faut une dizaine d’années après le bac, et le métier consiste souvent à fermer des entreprises et licencier des salariés. Si ce côté vous pèse, l’administrateur judiciaire, qui cherche à les sauver, vous conviendra peut-être mieux.

Et si on rate l’examen ? On peut rester collaborateur d’une étude, un poste qui ne demande aucun examen, et les textes prévoient ensuite des dispenses pour les professionnels expérimentés. Il y a aussi le master ALED, les passerelles entre administrateur et mandataire (un administrateur avec trois ans d’exercice est dispensé de l’examen d’accès de mandataire), ou les métiers voisins : avocat ou expert-comptable spécialisé en entreprises en difficulté, juriste en banque, greffier de tribunal de commerce. Tous les détails sont dans notre article sur l’administrateur judiciaire. Et pour arriver en master avec un bon dossier, tout commence en licence : l’Académie AideauxTD vous donne les cours de votre année, notamment en droit commercial et en droit des sociétés.

Combien gagne un mandataire judiciaire à la protection des majeurs ?

Changement de décor. Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs est désigné par le juge des contentieux de la protection (l’ancien juge des tutelles) pour s’occuper d’un adulte qui ne peut plus gérer seul ses affaires : une personne âgée, malade, handicapée. Ils étaient environ 10 000 fin 2024, pour 553 367 mesures de protection (rapport budgétaire de l’Assemblée nationale, octobre 2025). Leur revenu dépend de leur statut :

StatutCombien de professionnelsComment il est payé
Délégué d’une association (service mandataire)≈ 7 000, dans 329 servicesSalaire, le plus souvent sur la grille d’éducateur spécialisé de la convention de 1966
Préposé d’un établissement (hôpital, Ehpad)≈ 630Salaire, selon le statut de son établissement
Mandataire individuel (indépendant)2 461Une somme par personne suivie, payée en partie par la personne, en partie par l’État
Effectifs au 31 décembre 2024. Source : rapport spécial de l’Assemblée nationale n° 1996, p. 40.

Salarié d’une association : de 1 640 à 2 750 euros nets

La plupart des délégués travaillent dans des associations qui appliquent la convention collective du 15 mars 1966. Elle ne prévoit pas d’emploi de mandataire : en pratique, ils sont payés sur la grille d’éducateur spécialisé (question écrite n° 4949), du coefficient 434 au début au coefficient 762 après 28 ans d’ancienneté (annexe 3 de la convention), avec un point à 3,93 euros, une indemnité de 9,21 % et la prime « Ségur » de 238 euros bruts par mois versée depuis 2024.

  • Au début : le calcul tombe sous le SMIC, donc le salaire est remonté au SMIC, plus la prime Ségur, soit environ 2 105 euros bruts, 1 644 euros nets par mois. C’est exactement ce qu’affichent les offres d’emploi de Lyon et de Bourg-en-Bresse en octobre 2026.
  • Après 28 ans : environ 3 508 euros bruts, 2 755 euros nets par mois.
  • Dans les offres réelles : un CDI à Beauvais propose 2 290 euros bruts, soit environ 1 791 euros nets (France Travail, octobre 2026).

Chaque délégué suit en moyenne environ 55 personnes (direction générale de la cohésion sociale, instruction du 1er juin 2026, calcul AideauxTD).

Indépendant : payé à la mesure, avec un tarif gelé depuis 2014

Le mandataire individuel est payé pour chaque personne qu’il protège. La base est de 142,95 euros par mois, modulée selon la mesure (moins 50 % pour une curatelle simple, moins 10 % pour une tutelle), le lieu de vie (moins 20 % si la personne vit en établissement) et ses revenus (jusqu’à plus de trois fois plus pour une personne aisée), selon l’arrêté du 31 août 2018. La personne protégée paie une partie selon ses ressources (rien si elle touche moins que l’allocation aux adultes handicapés), et l’État complète.

Combien cela fait-il par an ? Aucune statistique officielle ne publie le revenu de ces indépendants. Mais les documents budgétaires permettent un calcul : l’État leur a versé 111 millions d’euros en 2025 (rapport annuel de performances 2025), ce qui représente 57 % de leur rémunération, le reste étant payé par les personnes protégées (question écrite n° 6334). Rapporté aux 2 461 indépendants, cela donne, selon notre calcul, environ 79 000 euros de chiffre d’affaires par an, soit 6 600 euros par mois, pour une cinquantaine de personnes suivies.

Attention : c’est avant les charges (bureau, assurance, secrétariat, cotisations), qui en absorbent environ la moitié selon leur fédération. Il reste donc de l’ordre de 3 000 euros par mois avant impôt sur le revenu, avec de fortes différences d’un professionnel à l’autre. En 2015, la Cour des comptes comptait encore 26 mesures en moyenne par indépendant.

Et ce tarif n’a pas été revalorisé depuis 2014 : le gouvernement l’a encore confirmé en février 2026, et la profession réclame entre 150 et 180 euros. Résultat, pour maintenir leurs revenus, les indépendants prennent de plus en plus de dossiers.

Ce qu’en disent les mandataires

  • « On travaille du lundi au samedi, parfois le dimanche, quand il y a une grosse urgence. Je me verse un salaire de 2 500 euros par mois. »
    Christophe Gobin, mandataire judiciaire à la protection des majeurs depuis 25 ans, dont 12 en indépendant, ICI La Rochelle (juin 2026)
  • « Moi, quand j’ai commencé, j’avais 35 dossiers, maintenant j’en suis rendu à quasiment 50 mesures. »
    Julien Riquier, mandataire indépendant, ICI La Rochelle (juin 2026)

Comment devenir mandataire judiciaire à la protection des majeurs ?

Ici, pas d’examen national ni de stage de six ans, mais un diplôme obligatoire depuis peu : depuis le 1er septembre 2025, il faut une licence professionnelle « mandataire judiciaire à la protection des majeurs » (décret n° 2023-1379 ; arrêté du 26 février 2024). Elle remplace l’ancien certificat national de compétence, qui reste délivré jusqu’à fin 2027. Elle s’adresse à des étudiants qui ont déjà validé deux années d’études supérieures et se prépare en alternance.

  • Pour être délégué d’une association : 18 ans au moins, avec deux ans pour obtenir la formation après l’embauche.
  • Pour être préposé d’un établissement : 21 ans et un an d’expérience.
  • Pour exercer en indépendant : 25 ans, trois ans d’expérience professionnelle, et un agrément du préfet (article D. 471-3 du Code de l’action sociale et des familles).

Notre avis : c’est un métier utile et humain, souvent choisi en reconversion, et la demande ne faiblit pas (711 600 adultes étaient sous curatelle ou sous tutelle fin 2024, selon le ministère de la Justice). Mais ce n’est pas un métier pour gagner beaucoup : on commence au niveau du SMIC en association, et les indépendants se battent pour un tarif gelé depuis 2014. Pour un étudiant en droit, une licence en droit puis la licence pro peut être une voie rapide vers l’emploi ; pour viser les hauts revenus, c’est l’autre mandataire qu’il faut regarder.

Le juge qui désigne ces mandataires est présenté dans notre article sur le salaire d’un juge, et tous les autres débouchés dans notre guide des métiers du droit.

Mandataire des entreprises ou des majeurs : le récapitulatif

Missions, statut, revenu, études : les deux métiers n’ont en commun que leur nom. Le tableau ci-dessous résume tout ce qui les sépare.

Tableau récapitulatif des différences entre le mandataire judiciaire des entreprises et le mandataire judiciaire à la protection des majeurs : mission, désignation, statut, revenu, études et effectifs
Mandataire judiciaire des entreprises ou des majeurs : le récapitulatif

Mandataire judiciaire et autres métiers du droit : qui gagne le plus ?

MétierRevenu par mois (≈)Ce que mesure le chiffre
Greffier de tribunal de commerce41 250 €résultat moyen avant impôt (2016-2018)
Administrateur judiciaire26 000 €résultat moyen avant impôt (2016-2018)
Mandataire judiciaire (entreprises)23 200 €résultat moyen avant impôt (2016-2018)
Notaire22 100 €résultat moyen avant impôt (2016-2018)
Huissier de justice12 080 €résultat moyen avant impôt (2016-2018)
Mandataire judiciaire salarié3 455 €net minimum (2026)
Mandataire à la protection des majeurs (association)1 640 à 2 750 €net, du début à la fin de carrière
Libéraux : Autorité de la concurrence, avis 20-A-03, tableau 1. Salariés : conventions collectives, net calculé avec le simulateur de l’Urssaf. Les chiffres plus récents de chaque profession sont dans notre classement des métiers du droit les mieux payés.

Questions fréquentes sur le salaire d’un mandataire judiciaire

Quel est le salaire d’un mandataire judiciaire ?

Tout dépend du métier. Le mandataire judiciaire des entreprises en difficulté dégage en moyenne 278 464 euros de résultat par an, soit environ 23 200 euros par mois avant impôt (Autorité de la concurrence), et au moins 3 455 euros nets par mois s’il est salarié. Le mandataire judiciaire à la protection des majeurs gagne de 1 640 à 2 750 euros nets par mois en association, selon son ancienneté.

Quel est le salaire d’un mandataire judiciaire à la protection des majeurs ?

Salarié d’une association, il est le plus souvent payé sur la grille d’éducateur spécialisé de la convention de 1966 : environ 1 644 euros nets par mois au début (prime Ségur comprise) et 2 755 euros après 28 ans. Indépendant, il est payé 142,95 euros de base par mois et par personne suivie, un tarif gelé depuis 2014 ; selon notre calcul, cela représente environ 79 000 euros de chiffre d’affaires par an avant charges.

Quelle est la différence entre un mandataire judiciaire et un huissier ?

L’huissier (commissaire de justice) agit pour un créancier à la fois, par exemple pour saisir un compte après un jugement. Le mandataire judiciaire est désigné par le tribunal de commerce quand une entreprise ne peut plus payer ses dettes : il représente tous les créanciers en même temps et, en cas de liquidation, vend les biens de l’entreprise pour les rembourser.

Quelle est la différence entre un mandataire et un administrateur judiciaire ?

L’administrateur judiciaire s’occupe de l’entreprise : il aide le dirigeant à la redresser ou à trouver un repreneur. Le mandataire judiciaire défend les créanciers et liquide l’entreprise si elle ne peut pas être sauvée. Il gagne un peu moins (278 464 euros de résultat moyen par an, contre 312 022 euros) et son examen d’accès est plus sélectif.

L’examen de mandataire judiciaire est-il difficile ?

Oui, c’est l’un des plus sélectifs du droit : en 2025, 2 candidats seulement ont été reçus à l’examen d’accès au stage sur 11 présents, et le taux de réussite moyen était de 31,6 % entre 2006 et 2014. Il faut ensuite trois à six ans de stage et un examen d’aptitude, ou passer par le master ALED.

Quelles études pour devenir mandataire judiciaire ?

Pour les entreprises en difficulté : au moins un master 1 en droit, en économie ou en gestion, puis l’examen d’accès au stage, trois à six ans de stage et l’examen d’aptitude, ou le master ALED avec 30 mois de stage. Pour la protection des majeurs : la licence professionnelle « mandataire judiciaire à la protection des majeurs », obligatoire depuis le 1er septembre 2025.

Combien y a-t-il de mandataires judiciaires en France ?

335 mandataires judiciaires des entreprises au 1er janvier 2026, dont 48 salariés (ministère de la Justice). Et environ 10 000 mandataires à la protection des majeurs fin 2024 : 7 000 délégués d’associations, environ 630 préposés d’établissements et 2 461 indépendants.

En résumé

🌟L’essentiel sur le salaire d’un mandataire judiciaire

• Deux métiers portent ce nom : le mandataire des entreprises en difficulté et le mandataire à la protection des majeurs.
• Mandataire des entreprises : environ 23 200 euros de résultat par mois en moyenne avant impôt (278 464 euros par an), environ 13 400 euros après impôt pour une personne seule ; au moins 3 455 euros nets s’il est salarié.
• 335 professionnels seulement, et un examen d’accès très sélectif (2 reçus sur 11 présents en 2025).
• Mandataire des majeurs : de 1 640 à 2 750 euros nets par mois en association ; les indépendants sont payés à la mesure, avec un tarif gelé depuis 2014.
• Environ 10 000 mandataires à la protection des majeurs, accessibles par une licence professionnelle obligatoire depuis 2025.

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