Cours de Responsabilité civile : l’essentiel de la matière


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Le cours de responsabilité civile est généralement enseigné en L2 Droit. Il porte sur l’obligation de réparer le dommage causé à autrui en dehors de tout contrat (responsabilité délictuelle et quasi délictuelle).
Ce guide présente le programme du cours, les notions essentielles à maîtriser et des conseils pratiques pour réussir vos examens.
La responsabilité civile est l’obligation de réparer le préjudice causé à autrui. Elle se distingue de la responsabilité pénale (qui vise à sanctionner l’auteur d’une infraction) et de la responsabilité contractuelle (qui naît de l’inexécution d’un contrat).
La responsabilité civile extracontractuelle (ou délictuelle) est principalement fondée sur les articles 1240 à 1244 du Code civil. Trois conditions doivent être réunies pour engager la responsabilité d’une personne : un fait générateur, un dommage et un lien de causalité entre les deux.
Le droit français distingue trois grandes catégories de responsabilité civile :
Quel que soit le fondement retenu, toute action en responsabilité civile suppose la réunion de trois éléments :
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Le cours commence par l’étude des éléments communs à tous les régimes de responsabilité civile.
Le dommage est d’abord étudié dans ses différentes formes (matériel, corporel, moral) et ses caractères (certain, direct, légitime). La distinction entre dommage (le fait brut) et préjudice (sa traduction juridique) est abordée.
Le lien de causalité fait l’objet d’un chapitre dédié, avec la présentation des deux grandes théories : l’équivalence des conditions (tout événement sans lequel le dommage ne se serait pas produit est une cause) et la causalité adéquate (seul l’événement qui, selon le cours normal des choses, était de nature à produire le dommage est retenu).
Les causes d’exonération sont ensuite étudiées : la force majeure (événement imprévisible, irrésistible et extérieur), le fait du tiers et le fait de la victime. Enfin, l’action en responsabilité civile (prescription, compétence, évaluation du préjudice) clôt ce premier thème.
La responsabilité pour faute est le régime historique de la responsabilité civile. L’article 1240 du Code civil (ancien article 1382) pose le principe : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. »
La notion de faute est étudiée en détail. Elle peut résulter de deux types de comportements :
La faute peut consister en un acte positif (faire ce qu’on n’aurait pas dû faire) ou en une omission (ne pas faire ce qu’on aurait dû faire). L’article 1241 du Code civil étend la responsabilité aux cas de simple imprudence ou négligence.
Un point important du cours concerne le discernement. Depuis les arrêts Derguini et Lemaire (Ass. plén., 9 mai 1984), le discernement n’est plus une condition de la faute. Même une personne dépourvue de discernement (enfant en bas âge, personne atteinte de troubles mentaux) peut commettre une faute civile. C’est ce qu’on appelle la conception objective de la faute.
Le cours aborde ensuite l’échelle des fautes : faute intentionnelle, faute lourde, faute simple, et leurs conséquences respectives sur l’étendue de la réparation et sur les clauses limitatives de responsabilité.
Le troisième thème est consacré aux hypothèses dans lesquelles une personne est tenue de réparer le dommage causé par une autre personne. Les principaux cas de responsabilité du fait d’autrui figurent à l’article 1242 du Code civil.
La responsabilité des parents du fait de leur enfant mineur (art. 1242 al. 4 C. civ.) suppose la réunion de plusieurs conditions :
La responsabilité du commettant du fait de ses préposés (art. 1242 al. 5 C. civ.) concerne les personnes liées par un lien de subordination, le plus souvent un contrat de travail. Elle suppose une faute du préposé commise dans l’exercice de ses fonctions et un dommage causé par cette faute. L’immunité du préposé, consacrée par l’arrêt Costedoat (Ass. plén., 25 février 2000), protège le salarié agissant dans les limites de sa mission.
Enfin, l’arrêt Blieck (Ass. plén., 29 mars 1991) a ouvert de nouvelles hypothèses de responsabilité du fait d’autrui sur le fondement de l’article 1242 alinéa 1 du Code civil. Cet arrêt n’a pas posé un principe général, mais a admis que d’autres cas pouvaient exister en dehors des régimes spéciaux prévus par la loi. Deux catégories ont émergé de la jurisprudence : la responsabilité des personnes qui contrôlent le mode de vie d’autrui (associations, foyers) et celle des personnes qui contrôlent l’activité d’autrui (clubs sportifs).
Le dernier thème, le plus volumineux, porte sur la responsabilité du fait des choses.
Le principe général est posé par l’article 1242 alinéa 1 du Code civil : « on est responsable […] du dommage qui est causé par le fait […] des choses que l’on a sous sa garde ». Quatre conditions doivent être réunies :
À côté de ce régime général, le cours étudie les régimes spéciaux :
Identifiez le bon fondement juridique. C’est le premier réflexe à avoir face à un cas pratique. Selon les faits, il faut déterminer si la responsabilité est fondée sur le fait personnel (art. 1240), le fait des choses (art. 1242 al. 1), le fait d’autrui (art. 1242 al. 4 et s.) ou un régime spécial (loi Badinter, produits défectueux). Le choix du fondement conditionne tout le raisonnement.
Maîtrisez les arrêts de principe. La responsabilité civile est une matière largement jurisprudentielle. Les arrêts fondateurs sont régulièrement demandés en examen : Costedoat (immunité du préposé), Blieck (responsabilité générale du fait d’autrui), Jand’heur (responsabilité du fait des choses), Bertrand (fait de la victime dépourvue de discernement).
Entraînez-vous sur des cas pratiques. Le cas pratique de responsabilité civile est l’exercice le plus fréquent. Il faut savoir dérouler le raisonnement : qualification du fait générateur, caractérisation du dommage, démonstration du lien de causalité, examen des causes d’exonération.
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La responsabilité civile vise à réparer le dommage subi par la victime (indemnisation). La responsabilité pénale vise à sanctionner l’auteur d’une infraction (amende, emprisonnement). Les deux peuvent être engagées simultanément pour les mêmes faits.
Pour engager la responsabilité civile d’une personne, trois conditions doivent être réunies : un fait générateur (faute, fait d’une chose ou fait d’autrui), un dommage (certain, direct et légitime) et un lien de causalité entre le fait générateur et le dommage.
La responsabilité du fait des choses (art. 1242 al. 1 du Code civil) est un régime de responsabilité sans faute : le gardien d’une chose (celui qui en a l’usage, la direction et le contrôle) est responsable du dommage causé par cette chose. La victime n’a pas à prouver de faute, seulement le fait de la chose, le dommage et le lien de causalité.
Les principales causes d’exonération sont : la force majeure (événement imprévisible, irrésistible et extérieur), le fait de la victime (qui a contribué à son propre dommage) et le fait d’un tiers. Selon les régimes, l’exonération peut être totale ou partielle.
La loi Badinter du 5 juillet 1985 instaure un régime autonome d’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. Elle distingue les victimes conductrices (dont l’indemnisation peut être réduite en cas de faute) et les victimes non conductrices (protégées sauf faute inexcusable, cause exclusive de l’accident).
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