Concours ENM 2027 : épreuves, dates et conditions (guide complet)


94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →


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Juge des enfants, juge d’instruction, substitut du procureur : pour faire simple, presque tous les magistrats de France sont passés par le même examen d’entrée : le concours ENM, celui de l’École nationale de la magistrature. Chaque année, plus de 2 000 candidats s’y présentent rien qu’au premier concours, pour un peu plus de 300 places. Cinq jours d’écrits en juin, un été à attendre, puis un grand oral à la rentrée qui fait plus de dégâts qu’on ne le croit.
Je l’ai vu de l’autre côté de la barre, comme avocat : les magistrats que l’on croise en audience ont tous, un jour, planché sur une composition de culture générale et tremblé devant un jury. Voici ce qu’il faut savoir avant de vous lancer : qui peut se présenter, ce qu’on attend de vous à chaque épreuve, les dates 2027, les résultats, le nombre de tentatives, et ce que le jury reproche aux candidats chaque année. Chaque règle renvoie au texte officiel, vérifié en octobre 2026.
L’École nationale de la magistrature (ENM) forme tous les magistrats de l’ordre judiciaire, ceux qui jugent (les juges, dits « du siège ») et ceux qui poursuivent au nom de la société (les procureurs et leurs substituts, dits « du parquet »). Elle est installée à Bordeaux, avec une antenne à Paris. On y entre par concours, et l’on en sort magistrat, après une formation rémunérée.
Les magistrats administratifs, qui jugent l’administration dans les tribunaux administratifs, ne passent pas par l’ENM : ils ont leur propre concours. Ce guide ne parle que de la magistrature judiciaire, celle des tribunaux judiciaires et des cours d’appel.
On parle toujours « du » concours de l’ENM. En réalité, il y en a cinq : trois concours classiques, un concours spécial réservé aux élèves des Prépas Talents, et un concours professionnel pour ceux qui ont déjà une carrière derrière eux. Chacun a ses conditions, ses épreuves et son calendrier :
• 1er concours : étudiants titulaires d’un bac + 4, sans expérience exigée.
• 2e concours : agents publics avec 4 ans de services.
• 3e concours : 4 ans d’activité professionnelle dans le privé ou le public.
• Concours spécial Talents : élèves des Prépas Talents de l’ENM.
• Concours professionnel : profils expérimentés (7 ou 15 ans d’activité selon le grade, ou un parcours d’avocat, de greffier, d’enseignant).
La suite de ce guide se concentre sur le 1er concours, celui des étudiants, qui offre de loin le plus de places. Les autres voies sont détaillées plus bas.
Quel que soit le concours, l’article 16 de l’ordonnance du 22 décembre 1958, qui fixe le statut des magistrats, impose cinq conditions de base. Il faut :
Deux règles ont changé récemment, et beaucoup de candidats l’ignorent encore :
Pas besoin non plus d’un diplôme de droit pour le 1er concours : un bac + 4 dans n’importe quelle discipline suffit. Mais toutes les épreuves juridiques supposent le niveau d’un très bon master 1 en droit, et 79 % des admis de 2025 avaient un master 2. Si vous venez d’une autre discipline, ou si le droit public et la procédure pénale sont loin, une prépa vous fera gagner une année : demandez votre code −10 % sur Mission Magistrat, notre prépa partenaire.
| Concours | Pour qui | Diplôme | Expérience exigée | Formation à l’ENM |
|---|---|---|---|---|
| 1er concours | Étudiants | Bac + 4 | Aucune | 31 mois |
| Concours spécial Talents | Élèves ou anciens élèves (4 dernières années) des Prépas Talents | Bac + 4 | Aucune | 31 mois |
| 2e concours | Fonctionnaires, militaires, agents de l’État et des collectivités | Aucun | 4 ans de services publics | 31 mois |
| 3e concours | Salariés, indépendants, agents publics | Bac + 4 (ou doctorat en droit) | 4 ans d’activité dans le domaine juridique, administratif, économique ou social | 31 mois |
| Concours professionnel (1er et 2e grade) | Professionnels expérimentés, avocats, greffiers, juristes assistants, enseignants | Bac + 4 (ou doctorat en droit) | De 3 à 15 ans selon le profil et le grade | 12 mois |
C’est de loin la voie la plus empruntée : 305 places en 2026, sur les 435 ouvertes aux trois concours classiques et au concours Talents. Les lauréats ont en moyenne 24 ans, et un tiers d’entre eux (33 % en 2025) ont été assistants de justice avant de réussir : un poste à temps partiel auprès d’un magistrat, qui permet de voir le métier de l’intérieur.
Il est réservé aux candidats qui suivent ou ont suivi dans les quatre dernières années une classe Prépa Talents de l’ENM, gratuite et accessible sur critères sociaux. Ses places sont plafonnées à 15 % de celles du 1er concours : 10 en 2025, 20 en 2026. Les épreuves sont les mêmes qu’au 1er concours. Attention : il a été créé à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2026, et sa reconduction pour 2027 n’était pas encore publiée en octobre 2026. Le détail des classes est sur le site de l’ENM.
Il s’adresse aux fonctionnaires, militaires et agents publics qui justifient de quatre ans de services au 1er janvier de l’année du concours (la période de formation avant titularisation ne compte pas). Il n’exige aucun diplôme. Greffiers, policiers, gendarmes, agents de préfecture ou de collectivité s’y présentent souvent. 75 places en 2026.
Il demande quatre ans d’activité professionnelle « dans le domaine juridique, administratif, économique ou social » et un bac + 4. Juristes d’entreprise, avocats, collaborateurs d’élus ou cadres associatifs y ont leur place. Les docteurs en droit peuvent s’y présenter sans condition d’expérience. 35 places en 2026.
C’est la voie de reconversion des profils expérimentés. Il a remplacé en 2025 l’ancien concours complémentaire et l’intégration directe sur dossier. La formation à l’ENM ne dure que 12 mois, et l’on entre directement au grade correspondant à son expérience.
Les magistrats sont répartis en trois grades. Le 1er grade est le grade d’entrée dans la carrière, le 2e grade celui des fonctions plus élevées, le 3e grade les plus hauts postes. « Concours professionnel 2e grade » veut donc dire : entrer directement à un niveau plus élevé, ce qui suppose plus d’expérience.
| Profil | Concours professionnel 1er grade | Concours professionnel 2e grade |
|---|---|---|
| Activité professionnelle qualifiante (bac + 4) | 7 ans au moins | 15 ans au moins |
| Avocat | 5 ans d’exercice | 10 ans d’exercice |
| Enseignant-chercheur en droit (doctorat) | 5 ans d’enseignement ou de recherche | 12 ans |
| Directeur des services de greffe | 5 ans de services | Grade et emploi fixés par décret |
| Juriste assistant ou attaché de justice | 3 ans d’exercice | Non |
| Magistrat à titre temporaire | Non | 5 ans d’activité |
Concrètement, prenez Sophie, avocate depuis sept ans. Elle peut tenter le concours professionnel au 1er grade (5 ans d’exercice suffisent), mais pas encore au 2e grade (il en faut 10). Elle peut aussi passer le 3e concours, qui ne demande que 4 ans d’activité, mais elle suivrait alors les 31 mois de formation au lieu de 12.
Au 1er concours, l’admissibilité se joue sur cinq écrits en cinq jours, début juin. Les candidats admissibles passent ensuite quatre oraux à la rentrée, dont le grand oral, qui pèse le plus lourd.
| Phase | Épreuve | Durée | Coefficient |
|---|---|---|---|
| Écrits | Composition en connaissance et compréhension du monde contemporain (la « culture générale ») | 5 h | 4 |
| Écrits | Composition de droit civil et procédure civile ou de droit pénal et procédure pénale, au choix du jury | 5 h | 4 |
| Écrits | Cas pratique dans l’autre matière | 3 h | 4 |
| Écrits | Note de synthèse | 5 h | 3 |
| Écrits | Droit public : deux questions | 3 h | 2 |
| Oraux | Anglais | 30 min | 2 |
| Oraux | Droit de l’Union européenne, droit international privé ou droit administratif, au choix | 25 min | 4 |
| Oraux | Droit social ou droit des affaires, au choix | 25 min | 4 |
| Oraux | Entretien avec le jury (grand oral) : exposé, conversation, mises en situation | 40 min | 6 |
| Oraux | Langue facultative (allemand, espagnol, italien, arabe littéral) : seuls les points au-dessus de 10 comptent |
Vous ne savez qu’au moment de l’épreuve quelle matière tombe en composition : c’est le jury qui choisit entre le droit civil et le droit pénal, et le cas pratique porte sur l’autre. En 2025, la composition était en droit civil, le cas pratique en droit pénal. Il faut donc préparer les deux matières aussi sérieusement l’une que l’autre.
Concrètement, prenez Inès : 12 en culture générale, 11 en composition de droit civil, 12 au cas pratique pénal, 10 en note de synthèse et 10 en droit public. Avec les coefficients, cela donne 48 + 44 + 48 + 30 + 20 = 190 points sur 17, soit 11,18 de moyenne. En 2025, la barre d’admissibilité était à 11,09 : Inès passe aux oraux, de justesse. Avec 9 en droit public au lieu de 10, elle tombait à 11,06 et restait à la porte.
Le meilleur guide de l’épreuve, c’est le rapport annuel du jury, que l’ENM publie en mars. Celui de 2025 donne les moyennes de chaque épreuve, et elles parlent d’elles-mêmes (rapport du jury 2025) :
| Épreuve (1er concours 2025) | Moyenne de tous les candidats | Moyenne des admis |
|---|---|---|
| Culture générale | 9,09 | 12,42 |
| Composition de droit civil | 9,28 | 12,68 |
| Cas pratique de droit pénal | 9,33 | 13,30 |
| Note de synthèse | 8,78 | 11,20 |
| Droit public | 7,48 | 11,32 |
La composition sur le monde contemporain (5 h). C’est l’épreuve qui fait le plus peur, et pour cause : le sujet tient souvent en un ou deux mots (« Fraternité » en 2020, « Le péril numérique » en 2024, « Les océans et les mers » en 2025), et tout le travail consiste à en tirer un vrai problème. Ce que le jury sanctionne chaque année, ce sont les copies récitées : les mêmes références, les mêmes plans tout faits, retrouvés à l’identique dans des dizaines de copies. Ce qui fait la différence, c’est une réflexion personnelle, des exemples précis et variés (un arrêt, un fait d’actualité, un film, une exposition), et un plan qui ose une thèse plutôt qu’un prudent « oui, mais ».
La composition juridique (5 h). Une dissertation de droit civil ou de droit pénal, avec la procédure qui va avec. Le jury attend une démonstration, pas une récitation de cours. Le rapport 2025 le dit sans détour : sur la réforme qui était au cœur du sujet de droit civil, « les candidats se sont contentés pour la plupart de juxtaposer les anciens textes et les nouveaux sans nourrir leurs copies de réflexion ». Pensez à mobiliser les droits fondamentaux et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui irriguent presque tous les sujets.
Le cas pratique (3 h). Ici, on vous demande de raisonner comme un magistrat : qualifier les faits, choisir la voie de poursuite ou la solution, et trancher. Deux défauts reviennent dans le rapport 2025, en plus des erreurs de calcul sur la garde à vue : les copies qui recopient l’énoncé, et celles qui « se sont réfugiées de manière excessivement prudente derrière un énoncé théorique » sans conclure. Et il faut finir : une question laissée blanche, ce sont des points perdus sans appel.
La note de synthèse (5 h). Un dossier de documents (13 documents et une quarantaine de pages en 2025) à restituer en quatre pages, avec un plan en deux parties, sans rien ajouter ni prendre parti. Elle ne se révise pas, elle s’entraîne : la plupart des candidats sentent un vrai progrès vers la quatrième ou la cinquième copie corrigée. Le jury attend une restitution juridique précise : il regrette les copies qui préfèrent « se limiter à des généralités ».
Mission Magistrat, notre prépa partenaire, consacre une conférence entière à la méthode de cette épreuve. Elle est en libre accès ; et si vous voulez ensuite faire corriger vos propres notes de synthèse, demandez votre code −10 % :
Le droit public (3 h). Deux questions, à traiter comme deux petites dissertations. C’est l’épreuve la moins bien réussie (7,48 de moyenne en 2025), et la plus négligée, parce que son coefficient est faible. Erreur : c’est souvent elle qui fait passer ou rater la barre. Le jury a par exemple relevé en 2025 une « connaissance très lacunaire » du rôle du préfet. Et ce que vous révisez en droit public vous resservira au grand oral.
Pour reprendre les bases de méthode avant d’attaquer les épreuves du concours : comment réussir une dissertation juridique et construire son plan, comment résoudre un cas pratique, avec un cas pratique corrigé de droit pénal et un autre de procédure pénale. Pour le droit public, entraînez-vous sur une dissertation corrigée sur la séparation des pouvoirs.
Un repère que donnent souvent les lauréats : visez 12 à 13 de moyenne aux écrits, pas la barre d’admissibilité. Les notes d’oral sont en général plus basses que celles d’écrit, et cette marge est ce qui vous garde dans la liste des admis à la fin.
Pour la composition juridique et le cas pratique, et seulement pour eux, vous pouvez apporter vos codes. Pour les trois autres épreuves, aucun document n’est autorisé.
| Ce qui est permis | Ce qui est interdit | |
|---|---|---|
| Composition juridique et cas pratique | Codes et recueils de lois édités (Dalloz, LexisNexis, y compris les codes annotés) ; surlignage et soulignage | Codes commentés, Mégacode, recueils de jurisprudence, photocopies, annotations personnelles, post-it et signets (même vierges) |
| Culture générale, note de synthèse, droit public | Rien | Tout document |
L’entretien avec le jury dure 40 minutes et compte pour un coefficient 6, le plus élevé du concours. Une note inférieure à 5 est éliminatoire. Il se déroule en trois temps :
C’est l’épreuve qui départage le plus. En 2025, les admis y ont obtenu 11,91 de moyenne, contre 7,70 pour les admissibles finalement recalés. Le rapport du jury pointe « des lacunes déroutantes dans les connaissances de culture générale de base », et une phrase que tout candidat devrait relire la veille : « il est difficilement acceptable que des candidats qui souhaitent devenir magistrats n’aient ni connaissance, ni réflexion, ni même idée à exprimer sur l’institution qu’ils veulent rejoindre ».
Commencez dès la fin des écrits, sans attendre les résultats fin juillet : ceux qui s’y mettent en août, une fois admissibles, manquent de temps. Connaissez votre fiche individuelle par cœur, sans rien y gonfler. Révisez l’organisation de la justice, le Conseil supérieur de la magistrature, le Défenseur des droits, le contrôleur des lieux de privation de liberté, et lisez le recueil des obligations déontologiques des magistrats. Assistez à des grands oraux : ils sont publics. Et osez dire « je ne sais pas » plutôt que d’inventer : le jury le préfère largement.
Les deux oraux à option durent 25 minutes : 5 minutes de préparation sur une question tirée au sort, un exposé de 10 minutes au plus, puis des questions. Le choix des matières se fait à l’inscription et ne se change plus : choisissez celles que vous aimez, pas celles qui paraissent « faciles ». L’anglais se passe sur un article de presse, que l’on résume puis que l’on commente, en ouvrant si possible sur le débat français. Le niveau attendu n’a rien d’exceptionnel, mais le jury note que de faibles moyennes en langue ont, pour certains, « fait obstacle à leur admission ».
Pour les matières juridiques, nos fiches de droit pénal général, de procédure pénale, de droit des contrats, de responsabilité civile et de droit administratif reprennent l’essentiel des connaissances attendues.
Les dates de la session 2027 ne sont pas encore publiées : l’arrêté d’ouverture sort en général en décembre (le 17 décembre 2025 pour la session 2026). Le concours suit chaque année le même rythme, et voici à quoi s’attendre :


Pour repère, la session 2026 : inscriptions du 7 janvier au 20 février, écrits du 1er au 5 juin, admissibilité le 24 juillet, oraux à partir du 7 septembre, résultats d’admission annoncés pour le 17 novembre, et entrée en formation le 1er février 2027. Les dates officielles sont publiées sur le site de l’ENM.
Septembre 2026 : Inès commence sa préparation, en parallèle de son master 2. Janvier 2027 : elle s’inscrit en ligne sur le site de l’ENM et choisit définitivement ses deux oraux à option. Février à avril : elle a fini ses fiches et ne fait plus que des copies, une par semaine au moins. Début juin : cinq jours d’écrits, cinq heures par jour pour trois d’entre eux. Juillet : elle prépare déjà le grand oral, sans savoir si elle est admissible. Fin juillet : les résultats tombent. Septembre et octobre : les oraux. Mi-novembre : la liste des admis. Février 2028 : elle entre à l’ENM, rémunérée.
Le concours professionnel a son propre calendrier, déjà publié pour 2027 : inscriptions du 14 septembre au 16 octobre 2026, écrit le 6 avril 2027, admissibilité annoncée pour le 11 mai 2027 (site de l’ENM).
Les résultats sont publiés sur le site de l’ENM, en deux temps : l’admissibilité fin juillet (le 24 juillet en 2026, avec 522 admissibles, dont 405 au 1er concours et au concours Talents ; annonce de l’ENM), puis l’admission mi-novembre, après les oraux. Une fois admis, la course n’est pas finie : à la sortie de l’école, c’est le classement de fin de formation qui fixe l’ordre dans lequel les auditeurs choisissent leur premier poste.
Entre les écrits et les résultats, il se passe sept semaines, et c’est long. Un conseil : ne vous fiez pas à votre impression à la sortie des épreuves. Elle est souvent fausse, dans un sens comme dans l’autre.


| Concours | Places 2025 | Places 2026 | Présents 2025 | Admis 2025 |
|---|---|---|---|---|
| 1er concours | 303 | 305 | 2 209 | 321 |
| Concours spécial Talents | 10 | 20 | 181 | 6 |
| 2e concours | 84 | 75 | 227 | 20 |
| 3e concours | 60 | 35 | 269 | 26 |
| Concours professionnel | 110 | 130 | 561 | 102 |
Au 1er concours, environ un candidat présent sur sept est admis : 14,5 % en 2025, 14 % en 2024, 14,5 % en 2023. Les 2e et 3e concours sont encore plus sélectifs : moins d’un présent sur dix a réussi en 2025. Pour le détail année par année et la façon dont les prépas affichent leurs propres résultats, lisez notre article sur le taux de réussite au concours de l’ENM.
Autant de fois que vous le voulez, dans la limite d’âge : la règle des trois tentatives a disparu en 2021. Et si vous échouez la première fois, vous êtes en très bonne compagnie. En 2025, seuls 42 % des admis du 1er concours réussissaient à leur première présentation. Les autres en étaient à leur deuxième (41 %), à leur troisième (14 %), et quelques-uns à leur quatrième ou cinquième.
| Présentation | Admis en 2025 | Part des admis |
|---|---|---|
| 1re | 135 | 42,1 % |
| 2e | 132 | 41,1 % |
| 3e | 44 | 13,7 % |
| 4e | 8 | 2,5 % |
| 5e | 2 | 0,6 % |
Autrement dit, la deuxième tentative est presque aussi fréquente que la première chez les lauréats. Beaucoup d’admis conseillent même de se présenter une première fois dès le master 1 ou le master 2, sans pression, pour découvrir le concours de l’intérieur. Je connais bien ce sentiment de recommencer : j’ai décroché le CRFPA à ma troisième tentative, et c’est celle où j’avais enfin compris ce qu’on attendait de moi.
C’est une grande différence avec le CRFPA, l’examen d’entrée à l’école d’avocats : lui se tente trois fois au maximum, et pas une de plus. Les deux épreuves ne fonctionnent pas pareil. Le CRFPA est un examen : il suffit d’avoir 10 de moyenne, sans nombre de places fixé à l’avance. L’ENM est un concours : seuls les mieux classés entrent, dans la limite des places ouvertes. Tout le détail côté avocat est dans notre guide du CRFPA et dans notre article sur le taux de réussite au CRFPA.
Il n’existe aucun taux de réussite officiel selon le nombre de tentatives : le jury publie la répartition des admis, pas celle des candidats présents à chaque rang. Méfiez-vous de ceux qui avancent un chiffre.
Et l’échec au 1er concours ne ferme pas la porte. Un parcours qu’on croise souvent : ne pas réussir le 1er concours, entrer dans la fonction publique (comme greffier, par exemple), puis, après quatre ans de services, tenter le 2e concours, réservé aux agents publics, et devenir magistrat autour de 35 ans. Les années passées en juridiction deviennent alors un vrai atout au grand oral.
Ces conseils viennent des rapports du jury et de ce que racontent les lauréats et les élèves magistrats : leurs plannings, leurs erreurs, ce qu’ils referaient. Première bonne nouvelle : vos notes de fac ne comptent pas. Le jury ne les voit jamais, et personne ne vous interrogera au grand oral sur vos résultats de L1. Seul compte ce que vous produisez le jour J, à l’écrit comme à l’oral. Et venir de Sciences Po aide en culture générale, mais ne fait pas tout : chaque année, des étudiants de fac réussissent brillamment là où des diplômés d’IEP échouent à l’admissibilité.
Le rapport annuel du jury dit, épreuve par épreuve, ce qui a été valorisé et ce qui a été sanctionné : c’est la seule source qui vienne de ceux qui vous noteront. L’ENM publie aussi les meilleures copies de chaque épreuve. Lisez au moins trois sessions, et pour chaque épreuve notez sur une page les reproches qui reviennent : c’est votre liste de pièges à éviter. Tout est sur le site de l’ENM, et vous retrouverez tous les sujets tombés depuis 2009, épreuve par épreuve, dans nos annales de l’ENM.
Les lauréats décrivent tous à peu près le même schéma, et c’est le plus concret qu’on ait trouvé :
Côté volume, les lauréats parlent de 30 à 70 heures par semaine selon les périodes, soit plusieurs milliers d’heures sur l’année. Et vos notes aux concours blancs ne prédisent pas grand-chose : un lauréat raconte n’avoir jamais dépassé 10 de moyenne en prépa, avant d’avoir 14 à 15 de moyenne aux vrais écrits.
Lire la presse tous les jours ne suffit pas à construire une culture générale utilisable en cinq heures. Ce qui marche : un bon manuel de culture générale, et une dizaine d’œuvres que vous connaissez assez bien pour les mobiliser sur n’importe quel sujet, comme Tocqueville, Beccaria et son Des délits et des peines, ou un classique de la philosophie politique. Ajoutez une réserve de citations que vous avez vraiment lues. Les sujets récents tournent autour de la citoyenneté, du numérique et de la justice : des émissions comme Esprit de justice sur France Culture nourrissent directement ces thèmes. Une référence maîtrisée, même modeste, vaut mieux qu’une citation de Rousseau plaquée.
C’est le piège dans lequel tombent les bons élèves : avoir eu 16 en droit civil toute sa licence ne protège de rien. La dissertation et le cas pratique du concours attendent une approche propre, que les lauréats décrivent tous comme différente de la fac. En cas pratique, qualifiez les faits, justifiez, puis tranchez comme un magistrat qui doit décider ce matin-là, en vous appuyant sur le code et la jurisprudence, jamais sur des connaissances personnelles. Et méfiez-vous des plans appris par cœur : les sujets de 2025 ont surpris, et ceux qui plaquaient un plan tout fait ont été déstabilisés.
Avec 7,48 de moyenne en 2025, c’est l’épreuve où les candidats perdent le plus de points. Son programme est très spécifique : même un master de droit public ne vous donne pas forcément d’avance. Travaillez-le dès le premier cycle, pas en mai : institutions, administration et libertés, en quelques semaines bien employées, peuvent vous faire gagner deux ou trois points, et ce travail vous resservira au grand oral.
Après la semaine d’écrits, dormez tout le week-end, puis remettez-vous au travail sans attendre les résultats : fin juillet, il ne reste que quelques semaines avant les oraux. Préparez votre parcours et votre motivation, l’actualité judiciaire, les institutions, la déontologie. Les lauréats préviennent : le jury pose des questions tirées de votre dossier (votre ville, votre lycée, vos stages), et certaines sont faites pour que vous ne sachiez pas y répondre. Il teste alors votre honnêteté : oser dire « je ne sais pas » vaut mieux qu’inventer. Faites au moins deux ou trois simulations devant un jury. Le coefficient 6 et la note éliminatoire sous 5 justifient largement l’effort.


Un tiers des admis de 2025 (33 %) avaient été assistants de justice : un poste à temps partiel auprès d’un magistrat, compatible avec la préparation. Les juridictions recrutent aussi des étudiants pour des vacations de quelques semaines, souvent entre mars et juin, et l’appel à candidatures sort en fin d’année. Vous voyez le métier de l’intérieur, vous apprenez à rédiger comme un magistrat, et vous arrivez au grand oral avec des exemples concrets.
Cinq jours d’écrits, dont trois de cinq heures, puis un été sous tension : le concours ressemble davantage à un marathon qu’à un sprint. Gardez un jour de repos par semaine et dormez : les lauréats qui ont tout sacrifié reconnaissent eux-mêmes s’être mis en danger. Ayez un plan B, surtout financier : ne vous endettez pas lourdement pour une prépa sans savoir comment vous rebondirez en cas d’échec. Et ne quittez jamais la semaine d’écrits parce qu’une épreuve s’est mal passée : votre impression à la sortie est souvent fausse.
Depuis quelques années, des « prépas » fleurissent sur TikTok, Instagram et YouTube, montées par d’anciens lauréats qui viennent de réussir le concours. Vidéos léchées, promesses de réussite : elles vendent du rêve. En réalité, il s’agit souvent de cours particuliers donnés par une ou deux personnes, sans équipe enseignante, sans manuels mis à jour chaque année, sans correcteurs formés. Avoir réussi le concours ne fait pas de quelqu’un un enseignant, et une prépa ne s’improvise pas : il faut rémunérer des professeurs qualifiés, réécrire les supports à chaque réforme, corriger des centaines de copies dans les délais.
Avant de payer, posez trois questions : depuis quand la prépa existe-t-elle ? Qui corrige vos copies, avec quelle expérience ? Ses avis viennent-ils d’élèves vérifiables ou de ses propres abonnés ? C’est pour ça que nous recommandons Mission Magistrat, une prépa fondée il y a plus de vingt ans, avec une équipe d’universitaires, de magistrats et de praticiens du droit.
Rien n’oblige à suivre une prépa, mais le jury constate chaque année qu’« une grande majorité » des candidats en suit une, souvent en plus de la préparation de leur IEJ. Ce qui fait la différence, c’est le volume de copies corrigées sur les épreuves propres au concours : la composition sur le monde contemporain et la note de synthèse ne ressemblent à rien de ce qu’on fait à la fac.
Côté budget, comptez de 300 à 1 400 € pour une préparation d’université, de 1 900 à 3 400 € pour une prépa privée, et rien pour une Prépa Talents si vous êtes boursier. On a comparé toutes les offres dans notre comparatif des prépas ENM.
Si vous hésitez, voici celle que je conseille sans réserve : Mission Magistrat, la prépa ENM du Centre de Formation Juridique (CFJ), notre partenaire. Elle prépare aux concours de la magistrature depuis plus de vingt ans, avec une équipe d’universitaires, de magistrats et de praticiens, sous la direction de Fanny Luxembourg, docteure en droit privé de Paris II Panthéon-Assas. Pour le 1er concours :
La prépa présente elle-même la dissertation juridique du 1er concours en vidéo. Si sa méthode vous parle, demandez votre code −10 % avant de vous inscrire :
Pour bénéficier de −10 % sur Mission Magistrat, demandez-nous votre code : cliquez ici ou sur « Obtenir mon code » juste en dessous, et laissez vos coordonnées. Vous recevez le code aussitôt par e-mail, avec la brochure, et un conseiller de Mission Magistrat vous appelle pour faire le point sur votre préparation, sans engagement.
Préparer l'ENM
Code réservé aux étudiants AideauxTDEt un conseil de Clovis, élève magistrat, qu’on aurait aimé lire avant nos propres concours : « Faire attention à son sommeil et garder une journée par semaine pour décompresser. » (ENM, février 2026)
Réussir le concours, ce n’est pas encore être magistrat. Les lauréats des concours classiques et du concours Talents deviennent auditeurs de justice : ils entrent à l’ENM, sont payés dès le premier jour, et suivent une formation de 31 mois (article 40 du décret du 4 mai 1972), dont 70 % en stage. À la fin, un classement décide de l’ordre dans lequel chacun choisit son premier poste. Voici le parcours réel de la promotion entrée en février 2026, tel que l’ENM le publie dans son programme pédagogique :


Dès sa nomination par arrêté du garde des Sceaux, l’auditeur appartient au corps judiciaire et touche un traitement : un peu plus de 1 900 € nets par mois selon l’ENM. En juridiction, il ne signe rien seul, mais il travaille pour de vrai : il assiste le juge d’instruction, prépare des décisions, siège avec voix consultative et prend des réquisitions à l’audience, au nom du parquet (article 19 de l’ordonnance de 1958). Les anciens fonctionnaires gardent, eux, le niveau de leur ancien salaire.
Avant l’examen de classement, chaque auditeur signe un engagement de servir l’État pendant 10 ans (article 56 du décret du 4 mai 1972). Celui qui part avant rembourse une partie de ce qu’il a perçu pendant sa scolarité, au prorata des années manquantes, sauf dispense du garde des Sceaux. C’est à savoir avant de se lancer, surtout si vous envisagez de revenir un jour vers le privé.
C’est le classement de sortie, et non celui du concours, qui décide de votre premier poste. Il additionne trois notes (article 46 du décret de 1972) :
Un jury présidé par un magistrat de la Cour de cassation se prononce d’abord sur l’aptitude de chaque auditeur, puis établit le classement, publié au Journal officiel. Il peut aussi imposer de refaire une année de formation, ou écarter un auditeur des fonctions de magistrat (article 21 de l’ordonnance de 1958). Les auditeurs choisissent ensuite leur poste dans l’ordre du classement : celui qui refuse le poste attribué d’office est considéré comme démissionnaire.
L’ENM prépare aux premières fonctions suivantes (page officielle) : juge au tribunal judiciaire, juge des contentieux de la protection, juge d’instruction, juge des enfants, juge de l’application des peines, juge placé, substitut du procureur et substitut placé. Les auditeurs sont nommés par décret du président de la République, sur proposition du garde des Sceaux et après avis du Conseil supérieur de la magistrature. Selon l’ENM, d’autres fonctions s’ouvrent dès le deuxième poste.
Côté salaire, de la sortie d’école à la fin de carrière, tout est dans notre article sur le salaire d’un magistrat, et dans nos fiches salaire d’un juge et salaire d’un procureur.
Leur formation est plus courte : 12 mois, avec 14 semaines d’études à l’ENM puis un stage en juridiction (ENM). Pas de classement : un jury se prononce sur leur aptitude après un entretien, puis le ministère leur propose un poste. Leur engagement de servir est de 5 ans, et non de 10.
Les écrits ont lieu début juin, les oraux à partir de septembre et les résultats d’admission mi-novembre. Les dates exactes de 2027 seront fixées par l’arrêté d’ouverture, publié en général en décembre. En 2026, les écrits ont eu lieu du 1er au 5 juin.
Oui. Le 1er concours exige un bac + 4 dans n’importe quelle discipline, et le 2e concours aucun diplôme. Mais les épreuves juridiques supposent un niveau solide en droit civil, en droit pénal et en procédure : sans formation juridique, prévoyez une vraie année de préparation.
Autant de fois que vous le voulez, dans la limite d’âge : la règle des trois présentations a été supprimée en 2021. En 2025, 58 % des admis du 1er concours n’en étaient pas à leur premier essai.
Il faut avoir moins de 50 ans et 5 mois au 1er janvier de l’année du concours, pour les trois concours classiques. Jusqu’à la session 2023, le 1er concours était limité aux moins de 31 ans.
Seulement les codes édités (Dalloz, LexisNexis, y compris annotés), et seulement pour la composition juridique et le cas pratique. Les codes commentés, le Mégacode, les post-it et les annotations personnelles sont interdits. Aucun document n’est autorisé pour la culture générale, la note de synthèse et le droit public.
Sur le papier, l’ENM est plus sélectif : au 1er concours, environ un candidat présent sur sept est admis, parce que le nombre de places est fixé chaque année (305 en 2026). Le CRFPA est un examen sans quota : 10 de moyenne suffit, et environ un présent sur trois le réussit dans les IEJ qui publient leurs résultats. L’ENM demande aussi des épreuves qu’on ne travaille pas à la fac (culture générale, note de synthèse, grand oral au coefficient 6). En revanche, le CRFPA se tente trois fois au maximum, alors que le nombre de tentatives à l’ENM est illimité dans la limite d’âge.
Oui. Au 1er concours, environ un présent sur sept est admis. La composition sur le monde contemporain, la note de synthèse et le grand oral demandent un entraînement spécifique, et le droit public est l’épreuve la moins bien réussie.
Nous recommandons Mission Magistrat, la prépa du Centre de Formation Juridique : jusqu’à 60 copies corrigées en 48 h, un tutorat mensuel et quatre simulations du grand oral. Avec le code AideauxTD, vous avez −10 %.
• Le concours de l’ENM ouvre la magistrature judiciaire : il existe cinq voies, dont le 1er concours, réservé aux titulaires d’un bac + 4, qui offre le plus de places (305 en 2026).
• Cinq écrits début juin (culture générale, composition juridique, cas pratique, note de synthèse, droit public), puis quatre oraux à la rentrée, dont le grand oral au coefficient 6.
• Environ un présent sur sept est admis au 1er concours ; plus de la moitié des lauréats n’en sont pas à leur première tentative, et le nombre de tentatives n’est plus limité.
• Les rapports du jury sont votre meilleur guide : ne récitez pas, tranchez en cas pratique, ne sacrifiez pas le droit public et préparez le grand oral dès juillet.
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