| |

Arrêt Koné (1996) : fiche d’arrêt, résumé et portée

Miniature de l'article sur l'arrêt Koné (CE, Ass., 3 juillet 1996)

94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →

Pour réviser le droit administratifNos fiches de révision, à jour et conformes au programme.Voir les fiches

Dans l’arrêt Koné du 3 juillet 1996, le Conseil d’État juge que l’État doit refuser l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique. Il fonde cette règle sur un principe fondamental reconnu par les lois de la République, c’est-à-dire sur une norme de valeur constitutionnelle, qu’il dégage lui-même.

Cet arrêt est étudié en droit administratif, dans le thème des sources de la légalité administrative, mais aussi en droit constitutionnel, dans le cadre du bloc de constitutionnalité. Il éclaire en effet les rapports entre la Constitution, les traités et la loi.

Dans cet article, nous allons réaliser la fiche d’arrêt de l’arrêt Koné, puis en expliquer le sens, la valeur et la portée, jusqu’à l’état actuel du droit.

🌟Résumé de l’arrêt Koné (CE, Ass., 3 juillet 1996)

Un ressortissant malien conteste le décret qui accorde son extradition au Mali. Il soutient que la demande a un but politique. La convention d’extradition franco-malienne exclut l’extradition pour les infractions politiques, mais ne dit rien de l’extradition demandée dans un but politique. Le Conseil d’État juge que cette convention doit être interprétée conformément au principe fondamental reconnu par les lois de la République selon lequel l’État doit refuser l’extradition d’un étranger demandée dans un but politique (CE, Ass., 3 juillet 1996, n° 169219).

En l’espèce, aucun but politique n’est établi : la requête est rejetée.

Références de l’arrêt

Juridiction
Conseil d’État, Assemblée du contentieux
Date
3 juillet 1996
Numéro
n° 169219, publié au Recueil Lebon, p. 255
Rapporteur
M. de L’Hermite
Conclusions
M. Jean-Marie Delarue, commissaire du gouvernement
Requérant
M. Moussa Koné, ressortissant malien
Décision attaquée
Décret du 17 mars 1995 accordant son extradition aux autorités maliennes
Textes en cause
Article 44 de l’accord de coopération en matière de justice entre la France et le Mali du 9 mars 1962 ; article 5, 2°, de la loi du 10 mars 1927 relative à l’extradition des étrangers ; article 48 de l’accord franco-malien ; premier alinéa du Préambule de la Constitution de 1946
Solution
Rejet de la requête

I. Faits et procédure de l’arrêt Koné

Vous pouvez consulter l’arrêt sur Légifrance, le site officiel de diffusion du droit : Conseil d’État, Assemblée, 3 juillet 1996, n° 169219. Le texte figure ci-dessous.

Texte de l’arrêt Koné (CE, Ass., 3 juillet 1996)

Considérant que le décret attaqué accorde l’extradition de M. Koné, demandée à la France par les autorités maliennes pour l’exécution d’un mandat d’arrêt délivré par le président de la chambre d’instruction de la cour suprême du Mali le 22 mars 1994 dans le cadre de poursuites engagées à son encontre pour les faits de « complicité d’atteinte aux biens publics et enrichissement illicite » relatifs aux fonds transférés hors du Mali provenant de trafics d’hydrocarbures susceptibles d’avoir été réalisés à l’aide de faux documents douaniers par Mme Mariam Cissoko et son frère M. Cissoko ;

Considérant que l’erreur matérielle figurant dans le décret attaqué sur le nom matrimonial de Mme Cissoko, qui n’est pas de nature à faire naître un doute sur la véritable identité de l’intéressée, mentionnée dans la demande d’extradition comme dans l’avis de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris, est sans incidence sur la légalité dudit décret ;

Considérant qu’aux termes de l’article 48 de l’accord de coopération en matière de justice entre la France et le Mali du 9 mars 1962 susvisé : « La demande d’extradition sera adressée par la voie diplomatique … Les circonstances des faits pour lesquels l’extradition est demandée, … la qualification légale et les références aux dispositions légales qui leur sont applicables seront indiquées le plus exactement possible. Il sera joint également une copie des dispositions légales applicables … » ;

Considérant que la demande d’extradition adressée à la France par le Mali le 27 mars 1994 répond à ces prescriptions ; qu’elle précise notamment que les faits reprochés à M. Koné constituent les infractions de « complicité d’atteinte aux biens publics et enrichissement illicite » prévus et réprimés par la loi malienne n° 82-39/AN-RM du 26 mars 1982 et l’ordonnance n° 6/CMLN du 13 février 1974, dont la copie figure au dossier, d’une peine d’emprisonnement de trois à cinq années ; que l’erreur matérielle sur la date de ladite ordonnance dans l’une de ces copies n’est pas de nature à entacher d’irrégularité le décret attaqué ;

Considérant qu’il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant puisse encourir la peine capitale à raison des faits qui lui sont reprochés ;

Considérant qu’aux termes de l’article 44 de l’accord de coopération franco-malien susvisé : « L’extradition ne sera pas exécutée si l’infraction pour laquelle elle est demandée est considérée par la partie requise comme une infraction politique ou comme une infraction connexe à une telle infraction » ; que ces stipulations doivent être interprétées conformément au principe fondamental reconnu par les lois de la République, selon lequel l’Etat doit refuser l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique ; qu’elles ne sauraient dès lors limiter le pouvoir de l’Etat français de refuser l’extradition au seul cas des infractions de nature politique et des infractions qui leur sont connexes ; que, par suite, M. Koné est, contrairement à ce que soutient le garde des sceaux, fondé à se prévaloir de ce principe ; qu’il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que l’extradition du requérant ait été demandée dans un but politique ;

Considérant qu’il résulte de tout ce qui précède que M. Koné n’est pas fondé à demander l’annulation du décret attaqué ;

Article 1er : La requête de M. Koné est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Moussa Koné et au garde des sceaux, ministre de la justice.

A. Les faits de l’arrêt Koné

L’extradition est la procédure par laquelle un État, dit « État requis », remet à un autre État, dit « État requérant », une personne poursuivie ou condamnée, afin qu’elle y soit jugée ou qu’elle y exécute sa peine. En France, l’extradition est accordée par un décret du Premier ministre.

Selon les conclusions du commissaire du gouvernement, le requérant, ressortissant malien, était employé à Paris par une banque malienne. Il avait versé sur ses comptes parisiens des sommes nettement supérieures à son salaire. Selon les autorités maliennes, ces fonds proviennent de trafics d’hydrocarbures réalisés à l’aide de faux documents douaniers par l’épouse de l’ancien chef de l’État et par le frère de celle-ci. Le régime de l’ancien chef de l’État avait été renversé en mars 1991.

Le 22 mars 1994, le président de la chambre d’instruction de la Cour suprême du Mali délivre un mandat d’arrêt contre le requérant pour « complicité d’atteinte aux biens publics et enrichissement illicite ». Le 27 mars 1994, l’État malien demande son extradition à la France. Le requérant soutient que cette demande a en réalité un but politique : elle viserait un proche de l’ancien régime.

Schéma des faits de l'arrêt Koné : l'État malien demande l'extradition du requérant, que le Gouvernement français accorde par décret
Les relations entre les parties dans l’arrêt Koné.

B. Procédure et prétentions

Saisie de la demande, la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris se prononce en faveur de l’extradition, mais seulement pour une partie des faits. Le pourvoi du requérant contre cet avis est rejeté par la Cour de cassation. Par un décret du 17 mars 1995, le Gouvernement accorde l’extradition, pour les seuls fonds provenant des trafics d’hydrocarbures.

Le requérant demande au Conseil d’État d’annuler ce décret. Un décret d’extradition est en effet un acte administratif, qui peut faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Le requérant invoque notamment l’article 5, 2°, de la loi du 10 mars 1927, selon lequel l’extradition n’est pas accordée « lorsqu’il résulte des circonstances que l’extradition est demandée dans un but politique ». Le garde des sceaux soutient que le requérant ne peut pas s’en prévaloir.

Le requérant invoque ainsi le but politique de la demande, et non le caractère politique de l’infraction. Une infraction politique se définit par la nature des faits reprochés à la personne, comme un attentat contre le régime. Le but politique tient, lui, à l’intention de l’État requérant : celui-ci invoque une infraction ordinaire pour obtenir la remise d’un opposant ou d’un adversaire. L’article 44 de la convention franco-malienne ne vise que le premier cas.

Schéma de la procédure de l'arrêt Koné, de la demande d'extradition au Conseil d'État
Les étapes de la procédure dans l’affaire Koné.

II. Problème de droit de l’arrêt Koné

Guide gratuit10 conseils pour augmenter vos notes en droit

Lorsqu’une convention d’extradition exclut l’extradition pour les infractions politiques, mais ne dit rien du but politique de la demande, l’État français peut-il refuser une extradition demandée dans un but politique ?

III. Solution de l’arrêt Koné

Le cours complet de droit administratif, en vidéo sur l'AcadémieVoir le cours

Le Conseil d’État écarte d’abord les autres moyens du requérant. Une erreur sur le nom de l’épouse de l’ancien chef de l’État dans le décret est sans incidence sur sa légalité. La demande d’extradition indique bien les textes maliens applicables. Enfin, il ne ressort pas du dossier que le requérant puisse encourir la peine de mort.

Sur le but politique de la demande, le Conseil d’État juge que :

« ces stipulations doivent être interprétées conformément au principe fondamental reconnu par les lois de la République, selon lequel l’Etat doit refuser l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique ; qu’elles ne sauraient dès lors limiter le pouvoir de l’Etat français de refuser l’extradition au seul cas des infractions de nature politique et des infractions qui leur sont connexes »

Le requérant peut donc invoquer ce principe, contrairement à ce que soutenait le garde des sceaux. Toutefois, le dossier ne montre pas que l’extradition a été demandée dans un but politique. Le commissaire du gouvernement relevait qu’il ne faisait état d’aucune opinion ni d’aucune activité politique du requérant, mais seulement de liens d’amitié avec l’entourage de l’ancien chef de l’État. Selon lui, l’État malien agissait en poursuivant, non en persécuteur. La requête est rejetée.

Sens de l’arrêt. Le Conseil d’État part de l’article 44 de la convention franco-malienne. Ce texte prévoit seulement que l’extradition n’est pas exécutée si l’infraction est politique. Le requérant ne pouvait pas non plus s’appuyer sur la loi de 1927, qui n’a qu’une valeur supplétive : selon son article 1er, elle s’applique en l’absence de traité et aux points que les traités n’ont pas réglés. Pour fonder sa solution, le Conseil d’État recourt donc à une norme de valeur constitutionnelle : un principe fondamental reconnu par les lois de la République.

Un tel principe est une règle que les lois adoptées sous les Républiques antérieures à 1946 ont constamment appliquée. Le premier alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, auquel renvoie le Préambule de la Constitution de 1958, lui donne une valeur constitutionnelle. Le Conseil d’État n’a pas détaillé ces conditions en 1996. Le Conseil constitutionnel en retient aujourd’hui trois :

  • la règle doit avoir été posée par la législation républicaine intervenue avant 1946 (Cons. const., 20 juillet 1988, n° 88-244 DC) ;
  • elle doit avoir été appliquée de façon constante, sans exception (même décision) ;
  • elle doit intéresser les droits et libertés fondamentaux, la souveraineté nationale ou l’organisation des pouvoirs publics (Cons. const., 17 mai 2013, n° 2013-669 DC).

Au regard de ces critères, la règle consacrée en 1996 a été posée par la loi du 10 mars 1927, adoptée sous la IIIe République. Elle a été reprise dans de nombreuses conventions d’extradition signées par la France. Dans un avis du 9 novembre 1995, l’Assemblée générale du Conseil d’État avait d’ailleurs déjà reconnu un principe voisin. « Eu égard à la constance et à l’ancienneté de la règle exprimée par la loi du 10 mars 1927 et par les conventions signées par la France », elle qualifiait de principe fondamental reconnu par les lois de la République le droit de l’État de refuser l’extradition pour les infractions politiques. L’arrêt Koné étend cette protection au but politique de la demande. Enfin, la règle touche aux droits et libertés de la personne réclamée.

Le Conseil d’État applique ensuite ce principe à la convention. Il ne la juge pas contraire à la Constitution : il l’interprète à la lumière du principe. L’article 44 n’empêche donc pas l’État français de refuser l’extradition pour d’autres motifs que l’infraction politique. Il en résulte une règle claire : la France doit refuser une extradition demandée dans un but politique, même lorsque la convention applicable ne le prévoit pas. En l’espèce, aucun but politique n’étant établi, la requête est rejetée.

Valeur de l’arrêt. La solution présente d’abord des avantages. Elle protège la personne réclamée contre un État qui invoquerait une infraction ordinaire pour atteindre un opposant. Le choix de la norme paraît aussi cohérent. Le commissaire du gouvernement, Jean-Marie Delarue, proposait de consacrer un simple principe général du droit, mais le Conseil d’État ne l’a pas suivi. Louis Favoreu approuve ce choix au nom de la hiérarchie des normes : un principe général du droit a une valeur inférieure à la loi, et donc aux traités, qui priment sur la loi. Selon lui, seul un principe de valeur constitutionnelle pouvait guider l’interprétation de la convention. L’arrêt marque ainsi la différence entre les deux catégories de principes, et affirme l’unité de l’ordre juridique : les mêmes normes constitutionnelles s’appliquent lorsque le Conseil d’État donne un avis au Gouvernement et lorsqu’il juge un litige.

La solution appelle toutefois des critiques. Dans son commentaire publié à la RFDA, Louis Favoreu relève que le Conseil d’État dégage pour la première fois au contentieux un principe fondamental reconnu par les lois de la République que le Conseil constitutionnel n’avait pas encore consacré. L’auteur rappelle une seule exception, antérieure à la création du Conseil constitutionnel : la liberté d’association, appliquée par le Conseil d’État dès 1956 (CE, Ass., 11 juillet 1956, Amicale des Annamites de Paris). Selon lui, seul le Conseil constitutionnel devrait pouvoir consacrer de tels principes, afin de préserver la sécurité juridique. Il relève aussi que le principe repose sur une seule loi, celle de 1927, complétée par des traités, qui peuvent difficilement être qualifiés de « lois de la République ». Enfin, la consécration du principe n’était pas nécessaire pour trancher le litige, puisque la requête est rejetée.

La solution rompt enfin avec la jurisprudence antérieure. Le Conseil d’État jugeait qu’une convention d’extradition, supérieure à la loi en vertu de l’article 55 de la Constitution, ne permettait pas au Gouvernement de subordonner l’extradition à une condition qu’elle ne prévoit pas (CE, 23 octobre 1991, Urdiain Cirizar). Dans son ouvrage sur l’office du juge administratif et le temps, Damien Connil y voit un exemple d’« affirmation brutale » d’une règle jurisprudentielle : aucune décision contentieuse antérieure ne l’annonçait. Il nuance toutefois ce constat, car l’avis de 1995 avait préparé la solution.

🌟Pour bien comprendre : les mots de l’arrêt

Un principe général du droit est une règle non écrite dégagée par le juge administratif. Il s’impose à l’administration, mais la loi peut y déroger. Un principe fondamental reconnu par les lois de la République a une valeur constitutionnelle : il s’impose au législateur. Interpréter un traité conformément à la Constitution consiste à choisir, parmi les sens possibles du texte, celui qui respecte la Constitution. Une convention bilatérale est un traité conclu entre deux États.

IV. Portée de l’arrêt Koné

🌟L’arrêt Koné en trois points

L’État doit refuser l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique. Cette règle est un principe fondamental reconnu par les lois de la République. Les conventions d’extradition doivent être interprétées conformément à ce principe.

A. Un arrêt de principe

L’arrêt est rendu par l’Assemblée du contentieux, la formation la plus solennelle du Conseil d’État, et publié au Recueil Lebon. C’est un arrêt de principe : il pose une règle générale, valable pour toutes les demandes d’extradition, quelle que soit la convention applicable. Il montre aussi que le juge administratif applique les principes constitutionnels, y compris face aux traités, en les interprétant conformément à la Constitution.

B. Une logique confirmée par l’arrêt Sarran

Deux ans plus tard, l’arrêt Sarran (CE, Ass., 30 octobre 1998) prolonge cette logique. Le Conseil d’État y juge que la supériorité des traités ne s’applique pas, dans l’ordre interne, aux dispositions de nature constitutionnelle.

C. L’arrêt Koné aujourd’hui

La loi du 10 mars 1927 a été abrogée par la loi du 9 mars 2004. Sa règle figure désormais à l’article 696-4, 2°, du code de procédure pénale : l’extradition n’est pas accordée « lorsque le crime ou le délit a un caractère politique ou lorsqu’il résulte des circonstances que l’extradition est demandée dans un but politique ».

Le principe dégagé par l’arrêt Koné reste appliqué. En 2016, le Conseil d’État a annulé le décret accordant à la Russie l’extradition d’un opposant au régime du Kazakhstan. Les autorités kazakhes avaient cherché à influencer les poursuites engagées en Russie : l’extradition était donc demandée dans un but politique (CE, Sect., 9 décembre 2016, M. B., dit « Ablyazov », n° 394399 et 400239). Le Conseil d’État y reprend le principe dégagé en 1996.

V. L’arrêt Koné en résumé

Lorsqu’une convention d’extradition ne dit rien du but politique de la demande, elle doit être lue à la lumière du principe fondamental reconnu par les lois de la République selon lequel l’État doit refuser l’extradition demandée dans un but politique. En l’espèce, aucun but politique n’étant établi, l’extradition est maintenue.

A. Les décisions à connaître autour de l’arrêt Koné (tableau récapitulatif)

Nom et références de l’arrêtSolution de l’arrêt
CE, Ass., 11 juillet 1956, Amicale des Annamites de ParisLe Conseil d’État applique la liberté d’association, principe fondamental reconnu par les lois de la République.
CE, 23 octobre 1991, Urdiain CirizarLa loi de 1927 ne peut pas ajouter une condition à l’extradition non prévue par la convention.
CE, avis, Ass. générale, 9 novembre 1995Le droit de refuser l’extradition pour une infraction politique est un principe fondamental reconnu par les lois de la République.
Arrêt dit « Koné » (CE, Ass., 3 juillet 1996, n° 169219)Les conventions d’extradition s’interprètent conformément au principe interdisant l’extradition demandée dans un but politique.
CE, Ass., 30 octobre 1998, Sarran, n° 200286La supériorité des traités ne s’applique pas, dans l’ordre interne, aux dispositions constitutionnelles.
CE, Sect., 9 décembre 2016, Ablyazov, n° 394399Le décret d’extradition d’un opposant est annulé, car la demande avait un but politique.

B. L’arrêt Koné en schéma

Schéma récapitulatif de l'arrêt Koné : l'extradition demandée dans un but politique et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République
Schéma récapitulatif de l’arrêt Koné (CE, Ass., 3 juillet 1996). Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

VI. FAQ sur l’arrêt Koné

Que décide l’arrêt Koné du 3 juillet 1996 ?

Le Conseil d’État juge que les conventions d’extradition doivent être interprétées conformément au principe fondamental reconnu par les lois de la République selon lequel l’État doit refuser l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique. En l’espèce, il rejette la requête, faute de but politique établi.

Quel principe l’arrêt Koné consacre-t-il ?

L’arrêt consacre le principe selon lequel l’État doit refuser l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique. Il s’agit d’un principe fondamental reconnu par les lois de la République, qui a valeur constitutionnelle.

Pourquoi le Conseil d’État n’a-t-il pas retenu un principe général du droit ?

Selon Louis Favoreu, un principe général du droit a une valeur inférieure à la loi, et donc aux traités. Il ne pouvait pas guider l’interprétation de la convention franco-malienne. Seul un principe de valeur constitutionnelle pouvait le faire.

Quelle est la différence entre infraction politique et but politique ?

L’infraction politique tient à la nature des faits reprochés à la personne. Le but politique tient à l’intention de l’État requérant, qui invoque une infraction ordinaire pour atteindre un opposant.

Quelle accroche utiliser pour un commentaire de l’arrêt Koné ?

Une accroche efficace part du paradoxe de l’arrêt : le Conseil d’État consacre un principe de valeur constitutionnelle, alors même qu’il rejette la requête faute de but politique établi.

Pour aller plus loin sur l’arrêt Koné

Commentaires :

  • J.-M. Delarue, « Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, principes généraux du droit et conventions d’extradition », conclusions, RFDA 1996, p. 870
  • L. Favoreu, « Principes généraux du droit et principes fondamentaux reconnus par les lois de la République », RFDA 1996, p. 882
  • D. Connil, L’office du juge administratif et le temps, Dalloz, 2012, n° 1905 à 1909

Pour réviser les sources du droit administratif, consultez nos fiches de Droit administratif et notre cours de droit administratif.

L’Académie · Capacité, L1, L2, L3

Prenez de l’avance sur vos TD

L’Académie réunit les cours de votre niveau en vidéo et à l’écrit, des QCM, des flashcards et des sujets corrigés, toute la méthodologie et la communauté privée : de quoi arriver en TD en ayant vu le programme et travaillé la méthode.

Découvrir l’Académie →
✓ 4,8/5 sur Trustpilot  ·  ✓ 25 000+ étudiants accompagnés depuis 2018

📖 À lire aussi

Articles similaires

💬

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L'équipe pédagogique AideauxTD

Apprenez avec des professionnels diplômés

Nos enseignants sont avocats, doctorants ou chargés d’enseignement, tous titulaires d’un Master 2 minimum. Ils savent exactement ce qui est attendu le jour de l’examen.

AideauxTD est une école de droit en ligne dédiée à la réussite des étudiants inscrits en licence ou en capacité de droit depuis 2018 🇫🇷