Cours de droit constitutionnel (semestre 2) : l’essentiel de la matière


94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →


94 % de nos étudiants valident leur année. Voir comment →
Pour réviser le droit constitutionnel : nos fiches de révision →
Dans cet article, nous allons nous intéresser à une des matières les plus importantes de la première année de droit : le droit constitutionnel.
Plus spécifiquement, nous allons nous focaliser sur la partie du cours de droit constitutionnel généralement enseignée au second semestre de la L1 Droit. Cette partie du cours concerne l’étude des institutions de la Ve République française mise en place par la Constitution du 4 octobre 1958.
L’idée de cet article est de synthétiser le contenu du cours de droit constitutionnel du second semestre (la Ve République) et de vous donner les définitions importantes et les principales notions afin de savoir ce que les correcteurs attendent de vous en partiels.
C’est parti !
À ce stade, vous devez en principe déjà connaître les grands concepts du droit constitutionnel étudiés au premier semestre (l’État, la souveraineté, la séparation des pouvoirs, les régimes politiques…). Si ce n’est pas le cas, lisez d’abord notre cours de droit constitutionnel du semestre 1.


La Constitution de la Ve République a été rédigée en 1958 par une équipe gouvernementale réunie autour du général de Gaulle et de Michel Debré, alors ministre de la Justice. Le 28 septembre 1958, la Constitution a été approuvée par référendum, avant d’être promulguée le 4 octobre 1958.
La Ve République est née d’une importante crise politique causée par les excès du régime d’assemblée et la forte instabilité ministérielle sous la IVe République (24 gouvernements entre 1947 et 1958). Le Parlement mettait fréquemment en jeu la responsabilité du Gouvernement, tandis que le pouvoir exécutif disposait de très faibles moyens pour s’imposer.
L’instabilité gouvernementale a empêché la IVe République d’affronter la décolonisation algérienne. La révolte nationaliste algérienne et la menace d’un coup d’État militaire en métropole (l’armée ayant déjà réalisé un coup d’État à Alger le 13 mai 1958) ont conduit le président Coty à faire appel au général de Gaulle. Les parlementaires lui accordent l’investiture le 1er juin 1958 (329 voix contre 224), et la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 habilite le nouveau Gouvernement à mettre en place de nouvelles institutions.
Pour remédier aux écueils des Républiques précédentes, la Constitution du 4 octobre 1958 instaure un exécutif fort. L’exécutif est bicéphale, avec d’un côté le président de la République, de l’autre le Gouvernement dirigé par le Premier ministre.
Depuis 1962, le président de la République est élu au suffrage universel direct, ce qui lui confère une forte légitimité. Il dispose de pouvoirs importants : il nomme le Premier ministre (art. 8 al. 1 de la Constitution) et peut dissoudre l’Assemblée nationale (art. 12 de la Constitution). Le président devient le véritable chef de l’exécutif lorsqu’il dispose d’une majorité parlementaire favorable. Cette pratique présidentialiste du régime pousse certains auteurs à qualifier la France de régime semi-présidentiel.
Le Gouvernement est lui aussi renforcé par la Constitution. Il dispose d’importants pouvoirs dans le cadre de la procédure législative : initiative législative (art. 39 al. 1), maîtrise de l’ordre du jour deux semaines sur quatre (art. 48), possibilité de convoquer une commission mixte paritaire (art. 45 al. 2), et possibilité de demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement (art. 45 al. 3).
La Constitution de 1958 met en place le parlementarisme rationalisé, c’est-à-dire l’encadrement juridique des rapports entre les pouvoirs par une « réglementation minutieuse et contraignante des rapports entre le gouvernement et le Parlement » (M. de Villiers, A. Le Divellec, Dictionnaire du droit constitutionnel).
La Constitution distingue le domaine de la loi, qui relève du Parlement (art. 34), et le domaine réglementaire, qui relève du Gouvernement (art. 37). Le Parlement ne peut prendre des mesures que dans un certain nombre de domaines limités par l’article 34. Pour tous les autres domaines, c’est le Gouvernement qui édicte des mesures par voie de règlements. Avant 1958, le domaine de la loi était illimité.
L’adoption d’une motion de censure est strictement encadrée : elle n’est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des députés, et n’est adoptée qu’à la majorité absolue (289 députés sur 577) (art. 49 al. 2 de la Constitution).
Dans le cadre du cours de droit constitutionnel du deuxième semestre, vous étudierez en détail les différentes institutions de la Ve République : le président de la République, le Gouvernement, le Parlement et le Conseil constitutionnel.
Depuis la réforme de 1962, le président est élu au suffrage universel direct (il était auparavant élu par un collège de grands électeurs). Le but de cette réforme était de renforcer le chef de l’État en lui conférant une légitimité électorale correspondant à l’étendue de ses pouvoirs. Le mode de scrutin est le scrutin majoritaire à deux tours : seuls les deux candidats arrivés en tête au 1er tour sont en compétition pour le 2nd tour. Pour être candidat, il faut notamment recueillir les parrainages de 500 élus.
Depuis 2000, le président est élu pour 5 ans (il était auparavant élu pour 7 ans) et ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Le mandat peut prendre fin de manière anticipée en cas de vacance (démission, décès, destitution) ou d’empêchement définitif (maladie grave, accident). Dans ces cas, la fonction présidentielle est provisoirement exercée par le président du Sénat (intérim).
On distingue deux types de pouvoirs présidentiels :
Le président est irresponsable politiquement pour les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions : le Parlement ne peut pas le révoquer. Le contreseing ministériel est le corollaire de ce principe, puisqu’il permet aux ministres d’endosser la responsabilité politique des actes du président.
Sur le plan pénal, le président bénéficie d’une inviolabilité temporaire (art. 67 de la Constitution) : pendant son mandat, il ne peut faire l’objet d’aucune action, acte d’information, d’instruction ou de poursuite. Après la fin de son mandat, il redevient un justiciable ordinaire. L’irresponsabilité connaît cependant deux exceptions : la destitution par la Haute Cour (art. 68) en cas de manquement incompatible avec l’exercice du mandat, et la compétence de la Cour pénale internationale.
Le Gouvernement est composé du Premier ministre, nommé par le président (art. 8 al. 1), et des ministres et secrétaires d’État, nommés par le président sur proposition du Premier ministre (art. 8 al. 2). Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice d’un mandat parlementaire (art. 23 de la Constitution), ce qui est une innovation de la Ve République par rapport aux régimes antérieurs.
Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation (art. 20 al. 1), même si dans les faits, lorsque le président dispose de la majorité parlementaire, c’est lui qui détermine les grandes orientations politiques. Le Gouvernement dispose de l’administration et de la force armée (art. 20 al. 2).
Le Premier ministre, chef du Gouvernement, dirige l’action du Gouvernement (art. 21 al. 1) et dispose du pouvoir réglementaire de droit commun (art. 21 al. 1). Il dispose également de l’initiative législative (art. 39) et peut engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un texte (art. 49 al. 3). Ce mécanisme, particulièrement médiatisé, permet de faire adopter un texte sans vote des députés, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée dans les 24 heures.
La répartition des rôles entre le président et le Gouvernement varie selon le contexte politique. En période de concordance des majorités, le président est le véritable chef de l’exécutif : le fait majoritaire fait que le Parlement soutient le Gouvernement au lieu d’exercer pleinement sa mission de contrôle.
En période de cohabitation (lorsque la majorité parlementaire est opposée au président), c’est le Premier ministre qui gouverne effectivement. Le président conserve ses pouvoirs propres mais perd son rôle de chef de l’exécutif. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002.
Les institutions de la Ve République à l’épreuve de l’actualité (2024-2026)
Le cours de droit constitutionnel du second semestre n’est pas seulement théorique : les notions étudiées (fait majoritaire, parlementarisme rationalisé, dissolution, motion de censure, 49.3) sont au cœur de l’actualité politique. Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la France connaît une situation inédite sous la Ve République : aucun bloc politique ne dispose de la majorité absolue. Trois Premiers ministres se sont succédé (Barnier, Bayrou, Lecornu), chacun confronté à la difficulté de gouverner sans majorité. Le parlementarisme rationalisé, conçu pour stabiliser le gouvernement, est devenu un outil de survie gouvernementale. En septembre 2025, François Bayrou est renversé non par une motion de censure, mais par le rejet d’un vote de confiance (art. 49 al. 1), un cas inédit. Cette période illustre parfaitement la thèse du constitutionnaliste Benjamin Morel : « sans qu’une seule virgule de la Constitution ait été modifiée, la France a changé de régime » (Le nouveau régime ou l’impossible parlementarisme, 2025).
Le Parlement de la Ve République est bicaméral : il se compose de l’Assemblée nationale (577 députés élus au suffrage universel direct pour 5 ans) et du Sénat (348 sénateurs élus au suffrage universel indirect par un collège de grands électeurs pour 6 ans, avec renouvellement par moitié tous les 3 ans).
Le Parlement s’organise autour de plusieurs organes internes : les Bureaux des assemblées, la Conférence des présidents, les commissions parlementaires (permanentes et spéciales) et les groupes parlementaires. Le régime des sessions parlementaires distingue la session ordinaire (du premier jour ouvrable d’octobre au dernier jour ouvrable de juin) et les sessions extraordinaires (convoquées par décret du président, sur un ordre du jour déterminé).
La procédure législative ordinaire comprend plusieurs étapes : l’initiative (projets de loi du Gouvernement ou propositions de loi des parlementaires), l’examen en commission, l’inscription à l’ordre du jour, la discussion en séance publique, la navette entre les deux chambres, et enfin la promulgation de la loi par le président.
Certains mécanismes permettent d’accélérer le processus : le recours à la procédure accélérée (art. 45 al. 2), la commission mixte paritaire en cas de désaccord entre les deux chambres, et surtout l’article 49 alinéa 3 qui permet au Premier ministre d’engager la responsabilité du Gouvernement sur le vote d’un texte.
Le Parlement dispose de plusieurs instruments pour contrôler l’action du Gouvernement : les questions au Gouvernement (écrites ou orales), les commissions d’enquête, et surtout la possibilité pour l’Assemblée nationale de mettre en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d’une motion de censure (art. 49 al. 2). Le Premier ministre peut aussi engager la responsabilité du Gouvernement sur une déclaration de politique générale (art. 49 al. 1). Pour approfondir ce thème, consultez notre dissertation corrigée en droit constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel est composé de 9 membres nommés pour 9 ans, avec renouvellement par tiers tous les 3 ans. Le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le président du Sénat désignent chacun 3 membres. Le président de la République désigne aussi le président du Conseil constitutionnel. Les anciens présidents de la République sont membres de droit.
Initialement envisagé comme un simple « organe régulateur des pouvoirs publics », le Conseil constitutionnel est devenu un véritable juge de la constitutionnalité des lois et le « gardien des droits fondamentaux » à la suite de la célèbre décision du 16 juillet 1971 « Liberté d’association ». Cette décision a consacré la valeur constitutionnelle du Préambule de la Constitution, ouvrant la voie au contrôle de conformité des lois au bloc de constitutionnalité.
Le Conseil constitutionnel exerce deux types de contrôle :
La Constitution de la Ve République est une constitution écrite dite « rigide », ce qui signifie que la procédure de révision est plus complexe que la procédure législative ordinaire. Deux procédures permettent de réviser la Constitution :
La révision constitutionnelle la plus importante est celle du 23 juillet 2008 portant modernisation des institutions de la Ve République, qui a notamment introduit la QPC (art. 61-1), renforcé les pouvoirs du Parlement et encadré les pouvoirs du président. Pour un panorama complet des régimes constitutionnels français, consultez notre article sur les Constitutions de la France.
Guide gratuit : 10 conseils pour augmenter vos notes en droit →
D’après notre base de 216 sujets d’annales de droit constitutionnel (7 universités, sessions 2004 à 2025), le thème le plus fréquent en partiel est la Ve République (26 sujets), suivi du Conseil constitutionnel (15 sujets), du régime parlementaire (11 sujets) et de la révision de la Constitution (10 sujets). L’exercice le plus courant est la dissertation (55 % des épreuves), devant le commentaire de texte (28 %).
En droit constitutionnel au second semestre, vous avez de grandes chances d’être interrogé sur la dissertation ou le commentaire de texte, et plus rarement sur un cas pratique. Consultez nos annales de droit constitutionnel pour vous entraîner sur des sujets d’examen réels.
Les sujets portent fréquemment sur la rationalisation du parlementarisme, la séparation des pouvoirs sous la Ve République, le rôle du Conseil constitutionnel ou encore le contrôle de constitutionnalité. Pensez à identifier les intérêts contradictoires sur chaque thème : par exemple, la question de l’équilibre entre un exécutif fort (nécessaire à la stabilité) et la préservation des prérogatives du Parlement (nécessaire à la démocratie).
Pour tester vos connaissances, utilisez notre QCM de droit constitutionnel.
Le cours de droit constitutionnel du second semestre (S2) porte sur les institutions de la Ve République. Vous étudiez les fondements de la Constitution de 1958, le président de la République (élection, pouvoirs, responsabilité), le Gouvernement (composition, pouvoirs, statut), le Parlement (organisation, procédure législative, contrôle) et le Conseil constitutionnel (contrôle de constitutionnalité a priori et a posteriori via la QPC).
La cohabitation est une situation politique dans laquelle le président de la République et la majorité de l’Assemblée nationale appartiennent à des camps politiques opposés. Le Premier ministre, issu de la majorité parlementaire, gouverne effectivement tandis que le président conserve ses pouvoirs propres mais perd son rôle de chef de l’exécutif. La France a connu trois cohabitations : 1986-1988 (Mitterrand/Chirac), 1993-1995 (Mitterrand/Balladur) et 1997-2002 (Chirac/Jospin).
L’article 49 alinéa 3 de la Constitution permet au Premier ministre d’engager la responsabilité du Gouvernement devant l’Assemblée nationale sur le vote d’un projet ou d’une proposition de loi. Le texte est alors considéré comme adopté sans vote des députés, sauf si une motion de censure est déposée dans les 24 heures et votée à la majorité absolue (289 voix sur 577). C’est un mécanisme du parlementarisme rationalisé qui permet au Gouvernement de faire adopter un texte même sans majorité absolue.
La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est un mécanisme de contrôle a posteriori de la constitutionnalité des lois, introduit par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 et entré en vigueur le 1er mars 2010 (art. 61-1 de la Constitution). Il permet à tout justiciable, à l’occasion d’un procès, de soutenir qu’une loi déjà en vigueur porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. La question est transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d’État ou la Cour de cassation.
Pour réussir le partiel de droit constitutionnel au S2 :
1. Maîtrisez la Constitution de 1958 et les articles clés (art. 5, 8, 11, 12, 16, 20, 21, 34, 37, 45, 49, 61, 61-1, 89).
2. Comprenez les mécanismes du parlementarisme rationalisé.
3. Entraînez-vous sur des sujets de dissertation et de commentaire de texte, qui sont les exercices les plus fréquents.
4. Consultez des annales de droit constitutionnel pour vous exercer.
5. Identifiez les intérêts contradictoires sur chaque thème (exécutif fort vs. contrôle parlementaire, stabilité vs. démocratie).
La Formule Réussite n’ouvre qu’une fois par an et ferme définitivement le 20 septembre. Toute la plateforme pendant 12 mois, vos fiches à garder, la communauté privée et l’accompagnement d’un enseignant : de quoi arriver en TD en ayant déjà vu le programme et travaillé la méthode.
Rejoindre la Formule Réussite →Rédigé par
📖 À lire aussi


La décision dite « IVG » est une décision rendue par le Conseil constitutionnel le 15 janvier 1975…


Le parlementarisme rationalisé fait référence à un ensemble de mécanismes constitutionnels, au sein d’un régime de type parlementaire,…


Le droit constitutionnel opère une distinction classique entre deux formes de pouvoir constituant : celui qui révise les…
💬
Laisser un commentaire